la tribune d'en face

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USA Perpignan 24 - Section Paloise 30

Le concept n’est certes pas révolutionnaire mais, lorsqu’ il faut subir la frustration de ne pas être sur le bord du terrain pour suivre son équipe , et plutôt que de rester l’oreille collée au transistor à imaginer, subir et fantasmer tout, le meilleur et le pire d’une partie qu’on ne voit pas, il est assurément plus agréable, manière de passer une bonne soirée, de convoquer « at home » ses 2 copains « historiques », les 2 alter egos qui , l’un à votre droite, l’autre à votre gauche… immuablement… depuis des années, à tous les matchs «  en dents de scie » de votre équipe-chouchou, vous accompagnent, vous chambrent, vous motivent, vous comprennent… ou pas, vous critiquent, vous approuvent… ou pas, vous titillent, vous « encolèrent », vous encadrent , vous recadrent, vous soutiennent, vous invect’Yves, vous font les gros yeux, vous plaignent, vous surinent pendant les 80 minutes… et les jours autour…

Alors, vous prenez une télé, un abonnement à Rugby+, trois fauteuils bien confortables. Vous y ajoutez un petit apéro à la mi-temps, la promesse d’un graillou sympa, petite garbure,  lapin en sauce et Médoc de 11 ans, pour favoriser les commentaires de la 3è mi-temps, et vous vous êtes recréés une « mini Tribune d’en face », spéciale match à l’extérieur et du niveau « loge VIP » à rendre jaloux tous les sponsors de la Section Paloise.

 

Et je vous avoue que, dans le contexte de ce match qu’on prévoyait tendu pour cause de frustrations nombreuses et variées de l’adversaire du jour, pour cause de manquements nombreux et variés de votre équipe préférée, il était quand même plus tranquillisant de s’assurer d’une ambiance « environnementale » carrément positive, gouailleuse et rigolarde.

Et de la tension il y en eut. On le savait, il n’a rien manqué. Et si Salvador Dalí considérait la gare de Perpignan comme le lieu privilégié de son inspiration où il eut une espèce d' « extase cosmogonique » plus forte que les précédentes, on ne peut pas dire que le stade de Perpignan fut le lieu privilégié de l’inspiration rugbystique de deux équipes fort tendues… prestige de fond de classement et maintien et Top 14 en jeu. Le stade Aimé Giral ne serait pas, semble-t-il, un des plus « attrayants » en matière de fair-play. Le sifflet, l’invective y seraient monnaie courante, information confirmée par un de mes 2 partenaires du soir qui eut à subir, dans les années 70, à l’époque où il jouait à la Section, quelques « rejets salivaires » fort désagréables. Gageons que les temps ont changé et que la professionnalisation apporte plus de tenue aux abords du stade, sanctions oblige. Quant aux comportements sur le terrain, ils furent impeccables malgré l’enjeu.

Y vit-on du beau jeu pour autant ? Mmmm, ouppss,  heeeuuu, booof. Quelques fulgurances parfois de part et d’autre, et pas mal de gâchis surtout. Manière de faire réagir, sursauter, vitupérer, mourgagner notre trio alangui dans son fauteuil.

Alors, si la Section eut quelque mérite dans cette partie « au couteau », c’est d’avoir pris le score d’entrée et n’avoir pas cédé devant une équipe qui croyait encore en sa chance ou, du moins, voulait-elle le faire croire à ses supporters. Elle eut de belles réactions d’orgueil, menaçant les Verts et Blancs qui se faisaient gratter leur avantage chaque fois qu’ils se gagnaient un écart prometteur. Mais leur orgueil ne suffisait pas, vite mis à bas par des lacunes et des fautes encore plus récurrentes que celles de leur adversaire béarnais du jour.

 

Alors, en quoi ce match eut-il de l’intérêt pour le supporter palois… si on peut penser que la confirmation de carences soit quelque peu intéressante.

On vit une mêlée à la peine où Moïse n’arrive pas à se sauver des « Oh »… de déception ; lui qui semblait pourtant, cette année, avoir trouvé sa place dans le pack… Hélas, pas. Un pack où Adriensse, par contre, ne cesse de m’épater, lui qui s’est tapé tout le match sans broncher. Une mêlée qui devra se renforcer absolument avec tous les chamboulements à prévoir et quelques « vieillissements » inquiétants. Un travail de recherche imminent auquel le staff  doit illico s’atteler, priorité évidente, maintenant que le maintien est quasiment assuré… Mais, cette chanson des piliers, n’est-ce pas le refrain qui revient depuis des années ?

Dans la prestation paloise, je n’ai guère aimé tous ses ballons arrachés au contact et au sol. Non plus cette propension à vouloir écarter des ballons alors qu’on n’était pas venu pour « faire les beaux ». Juste pour ramener une victoire. Et ne pas offrir le ballon aux contres perpignanais… ce qui arriva trop souvent alors qu’on était en position de scorer. Faites ça contre Toulouse ou Clermont et vous passez votre journée derrière vos poteaux. Et si Castres se sent pousser « ses ailes de fin de saison », ça va faire drôle au Hameau pour la prochaine séance.

Au chapitre des satisfactions, Votu creva l’écran comme jamais cette saison, lui qui s’était montré par trop discret jusqu’en décembre. Vatubua, quant à lui, me laisse une impression bizarre: quel potentiel, quel abattage, quelle puissance mais aussi quelles inspirations parfois inquiétantes qui mettent souvent son équipe en situation d’être contrée. Quant à Fumat…

Au chapitre des satisfactions, la belle résistance aussi quand les Sang et Or jouent leur va-tout de fin de match quand on commençait à craindre, faire de l’huile et à regarder tocquer  à nos bras « Les montres molles » de trouille. Oserais-je dire qu’il ne fallait pas que Foletta s’affole et que Eru pête…(ça, c’est fait).

 

 

Salvador-dali-persistance-de-la-memoire-les-montres-molles.jpg


    Pour la partie culturelle de ma chronique, ne me remerciez pas, c'est mon côté pédago qui ressort

 

Alors, si le match déçut quelques « tifosis » palois quant à son contenu, vous avouerai-je que, perso, je n’imaginais pas que l’orgueil catalan laisserait passer une telle occasion de débloquer son compteur. Et, pour calmer la critique et la déception, rappelons-nous du score du match aller et de la prestation indigente des Palois. Souvenons- nous aussi que d’autres équipes ont souffert contre l’USAP, obtenant des scores encore plus riquiquis…  les montres molles ou… la persistance de la mémoire… Dali avait-il déjà vu le match ?

Alors, on prend et on passe à la suite. Y a encore du boulot pour être complètement rassuré. Y a surtout du boulot pour préparer la saison prochaine : le supporter palois ne va pas éternellement se contenter de ce jeu « très moyen ».

 



27/01/2019
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