la tribune d'en face

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Union Bègles Bordeaux 19 - Section Paloise 18

 J’aurais dû me méfier, ça faisait déjà plusieurs fois, au fil de mes rencontres, que quelques propos circonspects, à la limite du reproche, étaient, à ma grande surprise, parvenus à mes oreilles :

 -« comment se fait-il, je ne reçois  plus ta chronique, tu as arrêté ? » me disait-on, l’œil à la fois désapprobateur et peiné.

- comment tu ne commentes pas les matchs de Challenge Européen ! ajoutaient certains.

 

Et voilà ti pas que je me retrouve, ce Samedi, au milieu de ceux qui firent la gloire du rugby palois… au siècle dernier… les Anciens de la Section Paloise… des âgés réunis en AG. Ceux  qui ne donnent plus de coups qui ne soient pas de fourchettes, dont les doubles poussées sont faites souvent de cholestérol et d’acide urique, ceux pour qui la prise de tension a remplacé la prise de balle,  ceux qui ne démarrent aussi vite qu’autrefois que quand c’est l’heure de l’apéro, ceux pour qui l’esprit d’équipe n’est plus fait que de bavardages interminables autour de souvenirs épiques impérissables.

Et voilà ti pas que déjà, dès mon arrivée, aux premières poignées de mains, je sens monter, à mon endroit, un vent de revendications, au point qu’au train où vont les choses, je risque de ne plus avoir le ticket, de rester à quai… Je vous en fiche  mon billet, mon statut d’invité privilégié risque même d’en subir une réforme indispensable et je pourrais perdre tous mes avantages durement acquis.

Comme disait ce matin Erick Mouget, à Rencontres à XV, avec son langage imagé : « il était temps de remettre le facteur sur le vélo ».

Et moi de m’escrimer en explications désolées : bien sûr que je continue mes chroniques, ce n’est pas ma faute si ça bugge sur Internet : la faute à Orange qui prend en otage les abonnés SFR qui ont… laissé faire, à moins que ce soit ceux qui l’SFR qui se mails de foutre la pagaille. Enfin, tout ce qu’il faut pour embarrasser l’usager-payeur et nécessiter, de sa part, des explications interminables.

Et pour me suivre fidèlement, prendre l’initiative d’aller sur le blog, sans attendre le lien indispensable.

Mais comme ces Anciens-là sont de bons gars, se reprochant leurs reproches, ils se confondirent en compliments sympathiques qui firent rougir et enfler d’orgueil le Narcisse que je suis parfois. Mais comme ces Anciens-là sont des bons gars, le Narcisse que je suis parfois céda, finalement, à la promesse de continuer encore sa « Tribune d’en face » en 2019, se piégeant lui-même, lui qui pourtant s’était récemment juré de raccrocher son propos rugbystique hebdomadaire en même temps que les crampons de Conrad Smith et Julien Pierre. Narcisse, je vous dis !

 

* * *

Cette journée de retrouvailles, toujours fort sympathique, se termina sur le coup de 16 heures : on levait le siège, bien repus et satisfaits pour aller, pleins d’espoirs, se plonger dans son fauteuil aux vertus digestives : nos chouchous palois se devaient de rajouter, du côté de Chaban, quelques points au capital brillamment acquis depuis début Janvier. Manière de s’ancrer un peu plus au milieu du gratin du Top 14.

Perdu ! Foutu ! Râté ! On se retrouve la paille au ulc. Et s’ils avaient écouté les Anciens, justement, ils auraient entendu un conseil avisé, fruit de leur expérience : « il ne faut jamais mettre d’eau dans du Bordeaux !». Franchement !

Pourtant, pourtant. Ils mirent « tous les ingrédients » (mot très employé dans la cuisine Top 14, avec l’expression « à nous de … », porteuse de promesses immédiates) : au cours de la 1è mi-temps on vit des rucks bien construits, de bons contests, des touches grapillées à l’adversaire, un Slade rassurant après son choc au Hameau. Hélas, chaque œuvre offensive construite finissait à chaque fois en eau… de boudin, avec un ballon glissant de pluie qui giclait  irrémédiablement des mains ; un festival de ballons tombés, plus d’en-avants en un match que pendant toute la saison.

Tous les… ingrédients, malgré tout pour espérer une seconde mi-temps victorieuse. D’autant que la défense se montrait intraitable… jusqu’à ce que Serin, ce drôle d’oiseau, vienne f … le bordel sous nos poteaux. La défense, si irréprochable que ça, l’instant d’avant,  ne l’était plus  soudain: à vouloir trop sauter illico presto à la gorge du Bordelais, Fumat s’en oublia son vis-à-vis qui n’en demandait pas tant du couloir qu’on offrait à son déboulé. A toi, à moi, avec son demi de mêlée de grands jours et hyper motivé, et les Palois se retrouvaient derrière au score d’une mi-temps qu’ils auraient dû tuer, qu’il fallait tuer pour glacer l’enthousiasme et la motivation d’une équipe qui, au fond, avec 20 points dans la musette, n’en aurait eu plus rien à f… d’une victoire anecdotique, plus envie de se faire mal pour ne gagner que quelques mots d’estime du staff et du public.

Mais voilà ; il ne fallait pas jeter l’UBB avec l’eau du bain (, au regard du contexte climatique du match, je suis fort satisfait de cette vanne). Et ce qui était fort à craindre arriva. La Section devint soudain bonne à prendre dans l’esprit des Bordelais et de leur « morpion » surexcité. Les Verts et Blancs, au fil des minutes, perdaient le fil de leur match sans pouvoir retrouver la bobine. On avançait de moins de moins pour finir par attaquer à reculons. Les leaders ne leadaient plus, se noyant dans la masse des « individualistes anonymes ».

Il ne restait plus qu’à Dame Chance de jeter la pièce pour désigner un vainqueur. Elle ne tomba même pas sur la tranche. Juste sur la tronche des Palois. Pour le plaisir… même pas la joie… de Bordelais qui n’avaient même pas été meilleurs dans un match plus que moyen (je ne mettais jamais « Médiocre » dans les marges des cahiers de mes élèves, par respect pour eux). Ils avaient juste été plus chanceux avec le planchot.

 

Et si on aura envie de regretter ce match au moment du bilan Top 6, alors il faudra aussi se souvenir de Macalou courant le long de la touche, au Hameau, en début de saison. Ou du match quelque peu volé au Racing à la même époque. Ceux-là, oui, ils pèseront tout autant.

Autant que cette triste journée dégoulinante où nos Verts et Blancs, au fond, ne montrèrent guère une détermination rageuse de se qualifier.

 

Et comme j’ai vu Agen jouer quelques instants  plus tard contre Oyo, je me dis que rien n’est jamais acquis, même au Hameau… Et que la défense, il faudra se la jouer classique, pas trop inversée. Sous peine de se voir les Agenais vous passer dans le dos à grandes enjambées. J’dis ça, j’dis rien !

 



08/04/2018
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