la tribune d'en face

la tribune d'en face

UBB 41-Section Paloise 19

Va falloir serrer les boulons.

 

 

Et bien, voilà, on y était. En entrant sur la girondine pelouse, Simon avait passé délicatement sa main dans son superbe brushing et gratté sa gorge manière de tester sa voix, cordes vocales reposées après une fin de saison toute en décibels. Conrad avait serré un ballon contre lui, en versant sur son brillantissime passé une larme que personne n’a vue… Le staff, tout bardé, de micros HF, d’éponges toutes neuves et d’ordis statistiquement logiciélisés, s’était serré les  coudes, avait croisé les doigts, la gorge nouée : la saison serait « chaude » au regard des ambitions affichées et auxquelles les embûches et autres impondérables ne manqueraient pas de se mêler… Le patron ne voulait pas qu’on soit c… , qu’il avait dit sur le journal.

 

Le show devait muster go on !

 

Le modeste chroniqueur de « La tribune d’en face » lui aussi était toujours là, devant sa télé ; après cinq saisons en ProD2 et trois en Top 14, il  continuait encore une saison cédant à l’insistance amicale de ses copains-lecteurs. Serait-ce la saison de trop ? Partirait-il avec les honneurs, sans fracture de la syntaxe, sans traumatisme du vocabulaire, sans protocole-commotion suite à un écart de langage trop appuyé, un désaccord avec ses lecteurs ? L’esprit tranquille, il avait, deux jours avant, récupéré sa carte d’abonnement avec ses potes fidèles, Jean Paul et Robert, ses conseillers techniques de circonstance  et censeurs impitoyables de ses emportements chauvins ; il avait dépoussiéré son clavier d’ordinateur, fait craquer ses phalanges manière d’assouplir quelque arthrose digitale manière de prendre quelques notes pendant le match.

 

Le show pouvait muster go on !

 

Un vrai show attendu fait de jeu enthousiasmant vocalement honhadé, de belles passes généreusement redoublées, de plongeons dans l’en-but élégamment aplatis, de rucks et mauls pas molles.

Car, voilà, l’inter-saison n’avait guère été délirante pour les fanas de rugby que nous sommes, entre des Bleus balbutiant leur rugby dans l’enfer black des Néozélandais jouant tous hakapella, un jeune plein de vie et d’espoir ovale mourant sur le pré aurillacois avec toutes ces questions qui nous assaillaient sur la tournure destructrice que prend de notre sport, le départ de l’ancien président Camou, homme discret et dévoué, lui qui fut mis lâchement à « la porte », en se demandant : « Mais à quoi sers-je, Simon ? (Ben, oui, fallait bien que je commence à délirer à un moment ou un autre !)

Heureusement, qu’après les filles, il y avait eu nos jeunes, justement championnés du Monde, qui nous remplirent de bonheur, preuve que tout ne va pas si mal dans ce monde compliqué de  jiffs, de contrats généreux, de  joueurs venus miraculeusement des terres australes et autres « salary cap » mystérieux. Qu’on en perdait notre latin, notre jugement et nos principes, au point de n’être que des supporters-moutons soumis aux caprices de quelques présidents rendus ambitieux et mégalos par des masses salariales de plus en plus démentielles… Mais les « petits » garderaient-ils longtemps spontanéité, créativité, culot et fraîcheur du jeu qu’on aime… Wait and see… avec le gros doute qui baguenaude dans l’esprit de celui à qui on ne la fait plus. 

 

Le show allait muster go on ! C’était sûr ; le coach l’avait dit.

 

Alors, on a vu.

On a vu une belle entame concrétisée de coups de pieds efficaces et lointains. Mais la Section se montrait si peu créative que l’arrière du coin Ducuing, passé maître en l’art de contrarier les Palois souvent et depuis longtemps, pointait son nez et son ballon vite et bien fait dans l’en-but. Seul Malié remuait le cocotier, pas toujours avec bonheur. En face, Roumat se montrait quelque peu « agressif » à l’endroit de Slade, mais l’arbitre n’avait pas encore bien réglé ses rétroviseurs. Passons.

On a vu une superbe entame de 2è mi-temps, Daubagna opportuniste par deux fois après un super groupé pénétrant très bien construit. De superbes enchainements, toutes les gammes du rugby pour l’essai malin du Thibault.

Les Palois s’emballent… trop ? On domine mais on ne concrétise pas alors que l’oiseau Serin pas très serein, commence à chanter sa chanson de gestes, tourné vers l’arbitre de touche, bras écartés. On écarte le ballon sur des trois-quarts arrêtés. C’est déjà la fin du match pour les Verts et Blancs. Ils n’auront plus de venin à cracher alors qu’il reste 20mn à jouer.

 Ça cartonne jaune pour Foley, ça cartonne au score pour les Girondins. Ouille, ça fait mal. Le planchot explose. Reste plus qu’à rentrer en Béarn, parait qu’on va se mettre à bosser. Ça me rassure ! Il serait temps.

Lespiaucq, au micro de Rugby+ se montre quelque peu chafouin : pas entièrement tort, à mon avis : quelques rentrées à l’épaule autour des rucks que je croyais interdites, du plongeon dangereux et un sifflet muet.

Je me tais, la saison sera longue et génératrice encore de râleries et autres fulminations.

 

Mais quand on ne franchit pas... on ne franchit pas ; ça, ce n’est pas la faute des autres et de l’arbitre, M.Lespiaucq… Non ?

   



25/08/2018
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