la tribune d'en face

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Szction Paloise 13-Stade Français 25

Il y a de la friture sur la ligne…

 

A tout prendre, je vous avoue que j’aime autant entamer ma chronique topquatorzaire par quelques fantaisies, quelques délires de mots, pointes d’humour et de jeux de mots qui tiennent plus ou moins la route. Parler, sans se prendre le chou, de rugby, d’ambiance, de honhades et surtout des copains, de leurs rires, leurs colères, leurs accolades, leurs dépits qui sont aussi les miens. Et quand la fête s’est calmée, rentrer chez soi, se refaire le film pour en garder quelques traces écrites, les partager et avoir quelques retours sympathiques de lecteurs et lectrices connus ou pas qui viennent flatter votre ego en retour, élogieux sur l’originalité de ma démarche ou critiques sur mes prises de position (comment en effet être tous sur la même longueur d’onde quant à la prestation de « son équipe à soi qu’on aime », de décisions arbitrales qui font débats « ad libitum », des commentaires d’un coach ou d’un président et, le pire, le chauvinisme aveugle  à la sauce « fautes d’orthographe et de français », chauvinisme teinté hélas parfois d’agressivité qu’on peut trouver sur la « toile » dans les forums divers et variés).

Mais parler de rugby et de copains, c’est aussi faire une place à ceux qui nous quittent. Certes, la main se crispe sur le clavier de l’ordinateur mais le cœur nous dit que, tant qu’à se donner le temps de parler de notre sport qu’on aime, autant y faire, à un moment, une place à ceux qui ont donné du temps et de la passion pour lui.

 

Jean Claude Mounat était de ceux-là, modèle de fidélité à son club, le Gan Olympique, où il prit sa première licence en Cadet au tout début des années 60 pour ne jamais le quitter. Plus de soixante années, où il fut joueur, entraineur et président. Ce G.O. qu’il représenta aussi avec efficacité et dévouement au sein du Comité du Béarn pendant de nombreuses années.  Ce G.O. qu’il sortit du trou dans lequel  le club s’était enfoncé en 1991, galérant dans les fonds du championnat du Béarn 4è série et que, patiemment, il reconstruisit, gravissant marche par marche pour obtenir ces  titres de Champion de France et de Champion du Béarn qui faisaient sa fierté, avec le bonheur de garder à jamais au foyer du club le dernier bouclier que lui décerna feu le Comité du Béarn.

 

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En l’église de Gan, tout le rugby béarnais, dirigeants et élus, arbitres et joueurs, ses anciens équipiers, ses collègues de travail et tous ceux qu’il sut fédérer pour son club lui ont rendu un bel hommage, ce Vendredi, au travers des émouvantes paroles de sa petite fille Sarah, de Xavier Pourteau et Michel Cambon, les présidents du club qui lui ont succédé. Au travers, aussi, des chants poignants du groupe Paz Aban, pur produit du rugby gantois.

Merci Jean Claude pour tout  ce que tu as donné à ton village et à ton sport. Repose en paix auprès de ton épouse et de tous ces copains gantois qui t’avaient trop tôt précédé.

* * *

Un Automne qui démarre en fanfare, magnifié par le zénith de midi. Pas l’heure idéale, certes, pour jouer au rugby, juste celle de satisfaire quelques gourmandises financières de trésoreries. Le péquin-supporter-payeur va s’y plier, que ne ferait-il pas pour voir ses chouchous enfoncer le clou de sa prometteuse prestation contre Clermont. Mettre la jauge bien haute contre le dauphin du roi jaune et bleu. On avait coincé sur la fin, il y a huit jours, ça ne se renouvellerait pas, promis, craché, juré.

Pourtant, il n’était pas le seul, le chroniqueur avait des doutes : il avait bien observé les matchs précédents des Parigots et il les avait trouvés joueurs, alertes et puissants. Il craignait bien que les Palois ne finissent dans les Roses. Il ne suffit pas de crier « on va gagner, on va gagner » pour que les rêves se réalisent ; il ne suffit pas de crier « on sera dans les six » pour que ça devienne une vérité indéniable ; une analyse impartiale nous saute aussitôt aux yeux : la Section Paloise n’a pas les éléments suffisants aux postes-clés pour se hisser à ces ambitions. 

 Et le match du jour allait se charger de le montrer… Hélas !

 

13h15. Fin de la 1è mi-temps, Autour du chroniqueur pantois, ça grimace à grands renforts de « Booouuhh », « Houlala », « Boff », les yeux écarquillés, la bouche en coin. On se gratte le crane sous le béret que l’on tourne et retourne, comme si on ne savait plus dans quel sens s'est coincé le cerveau. Les mirettes presque embuées de larmes, se demandent encore si elles ont bien vu. C’est le cas de le dire, elles n’ont vu que du bleu !

Il est temps pour le chroniqueur de rendre une première copie…

 

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2è mi-temps : Juste le temps de se remettre les idées en place, de calmer la tempête dans le cœur, le cul sur son siège brulé de soleil, et Votu a réduit le planchot. Enfin, ça réagit… Ça ne pouvait pas durer. L’espoir renait, les mouches vont changer d’ânes. C’est sûr, le Parisien va crouler sous l’accablante chaleur du Sud, il n’est pas habitué… lui !

Colin est resté aux vestiaires, victime de sa fragilité chronique. On a mis dans la galère, pour mener le bateau, le jeune Hastoy. L’Antoine, va falloir qu’il se farcisse César. Ben, il se dégonfle pas, attaque la ligne, fait jouer ses copains qui se retrouvent presque honteux que ce soit le « pitchoun » qui leur fasse la leçon et « houruque » leur orgueil. Il prouve ici qu’il ne sera plus qu’un modeste remplaçant et qu’on pourra compter sur lui, ambitieux d’espérer être la révélation de l’année au sein de l’équipe. Et, qui sait, si ça ne sera pas, justement.

 

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Antoine Hastoy, LA satisfaction du jour

 

On se refait la cerise au score espérant que la bête va cracher ses tripes et s’effondrer. Las, elle résiste. Impossible de même glâner un malheureux point de bonus défensif. Ce serait pourtant le minimum syndical pour consoler le supporter qui transpire, mal à l’aise. Fautes de grives… Mais il ne honhade même plus, accablé par la déception. On tape des mains aux rythmes des bandas, mais pas trop. Plus envie…

Sur le pré, on se précipite, on s’isole, on « splatche » des ballons en touche, on les dégueule sur la pelouse, on brouillonne son rugby. Rien n’y fait, le Bleu gère, maître de son jeu et de ses individualités.

On plie. Certains ont déjà quitté les lieux..

"Une place dans les 6, oui mais du 8 au 14..." qu'il me dit, mon voisin de souffrance, amer.

 

"Quand on a les yeux plus gros que le ventre, que nos "premiers de cordée" sont défaillants, c'est tout l'édifice qui vacille..." entends-je derrière moi, au milieu de quelques sifflets de dépit... A quoi bon...

 

 

 

 

 Et les Agenais, qui n’ont rien manqué du match savent déjà que la victoire sera à leur portée pour le derby « Gaves et Garonne ». Le Palois viendra dans le doute et même si « on va se parler », « on va se dire des mots », « on va bien bosser tout la semaine », on entrera malgré tout à Armandie avec ces images de Fickou qui vous met deux valises en un quart d’heure sans n’y rien pouvoir. Qu’il a intérêt à faire pareil avec l’Equipe de France, pour qu’on se remette à le bader en Béarn !

 

Mais… ?? C’était en première mi-temps, ça ?

Tiens, tiens, moi qui croyait n’en avoir rien vu, voilà que tout me revient… hélas !

 

 

 

 

 

 



24/09/2018
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