la tribune d'en face

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Stade Toulousain 23 - Section Paloise 19

 « Personne ne vous oblige à jouer. Mais, si vous le faites, ce ne doit pas être à moitié. » (A. Boniface)

 

Quand on arrive à la fin d’un match de rugby parfois poussif, spectateur, 80 mn durant, bien vautré dans son canapé, les pantoufles en éventail et la chips collée au coin d’une lèvre… et pour peu que l’heure tardive d’une fin de semaine chargée vous emporte en des bâillements langoureux et bruyants, il y a de fortes chances que votre capacité de jugement soit bien largement entamée. Rien de plus normal que de naviguer à ce moment-là entre tolérance, colère, pessimoptimisme, espoir et tutti quanti. L’endormissement n’en est ensuite que plus difficile, les synapses encore toutes excitées, les neurones encore agités de toutes ces images qui se mélangent, de ces impressions chauvines qui vous font revoir en boucle ce p… de ballon tombé devant la ligne, ce placage raté, cette touche terminée en eau de boudin. Cette action qui aurait pu…, cette mêlée qui n’a pas…, cette décision qui devait…

Mais quand on vient juste de s’installer dans ce même canapé, l’esprit clair, le mental plein d’espoir, prêt comme jamais à assister à un match que l’on espère enlevé (et bien sûr victorieux pour ses couleurs), il n’y a rien de plus déplaisant qu’un petit détail désagréable vienne vous titiller subrepticement le bulbe… Comme le sentiment qu’il va vous pourrir obsédammant la soirée.

C’est hélas ce qu’il m’est arrivé ce Samedi soir, alors que je m’étais installé confortablement, les pantoufles en éventail et la chips collée au coin d’une lèvre, le téléphone portable à portée de la main manière d’échanger mes impressions avec Robert, envoyé spécial de « La Tribune d’en face » au Stade Ernest Wallon… Au pied levé, les pieds relevés et en direct-live.

« Mais de quel sentiment diffus, veux-tu parler » me demandez-vous, forts de votre amicale compassion. Que je vous dise…

Il m’est venu instantanément quand j’ai vu que c’était Imanole qui allait commenter le match. Mais quelle idée avait donc eu Canal de choisir ainsi, pour commenter, un ancien joueur qui avait opéré dans les 2 clubs en présence ? Un joueur qui était parti de l’un plutôt chafouin, et plutôt reconnaissant envers l’autre de l’avoir accueilli après sa triste fin à Biarritz.

Etait-ce idée préconçue de ma part ou réalité. Oui, je n’eus de cesse de l’instant du coup d’envoi  et  jusqu’à la fin, que d’attendre de sa part quelques commentaires favorables envers son premier club formateur. Mais le Basque, tout du moins celui-là, est têtu ; le casque coincé sur la tête comme s’il ne voulait entendre que son opinion, le rictus pincé au bout de sa lippe bien fière, il ne daigna à aucun moment montrer quelque tendresse envers le club vert et blanc qui lui avait pourtant tant appris  et apporté pour la brillante carrière qui fut la sienne. Et on eut droit à des « un match à sens unique des Toulousains », à des « Malheureusement, Toulouse… » quand les Rouges et Noirs n’arrivaient pas à leurs fins (corrigé d’ailleurs aussitôt par « Heureusement pour les Palois » de son collègue-commentateur). Jamais même un seul mot un tant soit peu élogieux ou admiratif au plus fort de la domination paloise en 2è mi-temps. Sûrement plus que la défaite paloise, ce fut pour moi un sujet de déception.

* * *

Venons-en au match maintenant, celui que chaque équipe attendait pour se rassurer. L’une suite à la saison précédente calamiteuse qu’elle avait produite, l’autre pour le match précédent dans le Var qui l’avait été aussi… calamiteux.

Alors, au vu de l’entame des Palois à Mayol et à Ernest Wallon, je leur conseillerais de commencer le match 20 mn avant son adversaire, manière d’arriver sur le pré dans un état d’agressivité qui éviterait de trop égayer le planchot en faveur des « autres ». Mannix s’amène les remplaçants, on s’en fout une bonne branlée sur un stade annexe, et comme ça tout le monde joue ! Simple, non ? Car les Palois ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes s’il n’y a pas le compte espéré : « Manquait pas grand-chose. Dommage » qu’il me essemmesse Robert depuis les gradins toulousains qui se vident peu à peu. Entièrement d’accord… Pas grand-chose mais il y eut surtout trop de… trop de… et trop de…Trop de ballons lâchés encore, trop de perdus par imprécision ou précipitation, trop de cartons jaunes handicapants.

Alors que « Tèque au riz » téquait au ras, Pierre ne sut pas rester de marbre (c’est vrai que rester de marbre dans une carrière, c’est pas facile, fut-elle de rugbyman !). Quant à Ramsay, il avait suivi mon conseil de la semaine dernière de s’allonger les bras, mais il ne sut pas les placer à la bonne hauteur, pour s’éviter une biscotte.

Pour le reste, j’avoue que le match de Slade me laisse encore sur ma faim ; il n’a pas pesé sur la partie, évitant de s’engager… Quelques souvenirs trop lourds pour lui, dans le coin de sa tête, d’une saison passée où il fut trop visé, avec les conséquences graves que ça eut sur son intégrité physique ? Qui pourrait le lui reprocher ? Il fit aussi quelques mauvais choix à l’approche de la ligne adverse, avec des « rasants » mal aboutis.

J’ai bien aimé la prestation des avants en seconde mi-temps. Demandez aux Toulousains ce qu’ils en pensent… Pas à Imanole, non, pas à lui !

Hélas, on avait amené le cahier de brouillon plutôt que des copies propres. Beaucoup d’esquisses et peu d’œuvres d’art. On perdit des ballons en touche alors que la pression était chez l’adversaire… J’ai, hélas, souvent vu au Hameau ces situations de pénal-touches à 5 m perdues sur des lancers vaseux. Ce sentiment que c’est plutôt un handicap qu’un avantage… Le syndrôme de « la cagade inévitable ».

Et puis  il y eut ce jaillissement plein champ de Kunatani alors que la Section commençait à prendre le dessus. Course, passe, passe en avant , essai, les carottes commencent à être cuites. Mais c’est à tous les matchs, alors, les essais sur des passes en avant ? Et la vidéo alors ? Ne serait-elle pas aussi utile que pour « des relevages de moustaches » parfois anodins ? C’est le sort d’un match qui se joue ici, tout de même !! A moins que M. Laffon n’ait pas « voulu » voir… Qui sait…

Alors, pour terminer, comme j’aime finir, sur une note optimiste, je voudrais tresser une couronne de louanges à Bastien Pourailly qui creva « mon » écran. J’y ai vu du Rochelais Lacroix par sa présence tous azimuths, j’y ai vu du Dupichot par ses contre-pieds déroutants. J’ai dans l’idée qu’il n’a pas fini de nous étonner.

Allez, on se la fait, cette ouverture au Hameau. Et on espère qu’on va voir le capital-points prendre une meilleure tournure.

Faudrait, sûr !



03/09/2017
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