la tribune d'en face

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Stade Français 5 – Section Paloise 40

 

Excusez-moi si je m’amuse, aujourd’hui, à faire des comparaisons à deux balles (mon copain néo-nayais Michel y verra bien une raison de plus de m’appeler encore « le poète », en se demandant où je vais bien trouver tout ça). Mais j’ai bien envie, en hommage à Julien Pierre, ce « personnage » du rugby qui vient d’annoncer la fin de sa carrière, de me trouver modestement quelques points de comparaisons avec lui. Oh, rien de bien glorieux, que du futile, mais juste une envie de lui dire la sympathie et l’admiration que je lui porte à travers cette comparaison. Qu’avons-nous donc de commun. Juste un prénom, Julien, qui est aussi mon deuxième, et le chiffre 5 qu’il porta fièrement sur les stades et qui sera, ce jour-là de février, celui où les années viennent d’en rajouter une à mon « palmarès » (… autant rire d’ailleurs de mon âge, que Gainsbourg aurait pu appeler « âge érotique » si le poids des ans n’en minimisait pas, hélas, les effets !!).

Mais revenons-en à Julien Pierre, l’homme de marbre, de granit, de pierre, c’est comme on veut. Le gaillard vient d’annoncer cette semaine qu’il allait prendre une autre orientation dans cette vie de rugbyman où il vécut, dit-il, de grands plaisirs, mais aussi reçut des coups et des déceptions. Et d’être venu le faire à la Section, et pour s’être impliqué avec persévérance dans l’aventure, et pour la part qu’il a pris dans la montée et le maintien en Top 14, et pour la modestie et le courage qu’il y mit, pour l’état d’esprit qu’il donna à son groupe, merci… Plutôt deux fois qu’une.

 

 

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Venons-en maintenant à notre expédition sur la terre des Parisii.

Je ne sais pas si vous avez vécu l’avant-match, dans la semaine, comme moi le l’ai ressenti, mais j’ai eu l’impression que c’était le jour et la nuit avec les commentaires et autres pronostics qui avaient précédé le déplacement à Lyon. On devait tout y casser… on sait ce qu’il en advint. Après la victoire presque surprenante, et surtout inattendue,  à Gloucester en Challenge Européenne, on aurait pu croire que les trompettes de la fanfaronnade béarno-partisane auraient pu à nouveau sonner. Que nenni. Presque un huis clos surprenant. On fit plutôt dans le satisfécit « vivace ma non troppo ». On allait jouer le Stade Français, on avait une revanche à prendre après un match-aller où on avait été quelque peu … je ne dirai pas « ridicules », mais carrément naïfs ; ce n’était pas la peine, pour le retour, de prêter le flanc aux quolibets qui n’auraient pas manqué en cas de défaite à Jean Bouin : « ouais, ils font les malins parce qu’ils ont battu des rosbifs, mais, comme dit le coq en rigolant : la poule glousse et s’terre (je l’ai trouvé tout seul, celle-là, promis) ». Autant, dès lors, se la jouer modeste et se dire sans trop le crier que Brunel avait bien fait de se sélectionner quelques Parigots en Equipe de France, avec en particulier le bourreau du Hameau, le Macalou qui court plus vite que son ombre et Slade et Malié réunis. Ça  ferait ça de moins à plaquer !  

Et puisque de Jean Bouin, il faut parler, je me dis qu’il en faudrait changer la graphie… Style Jean Boue hein. Parce qu’on peut rire de la pelouse du Hameau mais, à côté de l’autre, la parisienne, elle ressemblerait presque à un green du golf de Billère. Si c’est ça qu’on appelle « le stade français », les paysagistes de Dame Hidalgo ont de quoi s’inquiéter : le Champ de Mars pourrait vite devenir le premier site privilégié en matière de riziculture. Dont les Asiatiques viendraient s’inspirer en même temps qu’ils visitent la Tour d’Eiffel.

Terrain pourri, stade quasiment vide, la capitale sous les eaux, tous les ingrédients réunis pour se noyer, en fait. Comment voulez-vous, dès lors, être motivé pour livrer une bataille rugbystique primordiale, avec le couteau sous la gorge pour se dépêtrer d’un classement « difficile » dont il faudrait sortir au plus vite. Et en face, les Palois, qui arrivent cool Raoul, style « on prendra ce qu’il y aura à prendre, on s’en fout de Paris, nous, après on va se balader à Brisbane, tous frais payés, nananèèère, pas vous ! ».

Et ce qui devait arriver, arriva. Le Parisien oublia sa motivation au vestiaire, le Palois, qui avait pataugé toute la semaine du côté de l’Ouss’dèb se sentait le jarret et la cuisse solides, les mains accrocheuses façon magnésie. Le festival pouvait commencer. Que même, très vite, je m’inquiétais dans mon fauteuil de cette débauche de jeu à la main « tous azimuts », le match de Lyon en tête. On s’enflammait mais on s’exposait aussi aux contres adverses. Et pourtant ça marchait, les ballons ne tombaient pas… sauf derrière la ligne adverse où ils atterrissaient pour le plus grand bonheur… quelque peu jouissif du supporter béarnais oublieux de sa sieste dominicale. Qu’on n’eut  même pas l’idée, pendant plus de 20 minutes, de faire une seule mêlée.

Le ballon se baladait dans les mains paloises sans que l’adversaire n’y puisse mais. Comme si la boue avait choisi son camp. Et malgré mon inquiétude, je ne pouvais que faire la comparaison avec le match de la veille entre Castres et la Racing. Contraste saisissant qui me fait choisir : les entassements bille en tête, pendant des minutes incessantes, non merci ;  le rugby que j’ai appris de mes maîtres y perd trop son âme à jouer à cache ballon... Et même si c’est ce rugby-là qui, hélas, a pris le dessus et amène des victoires… et la recrudescence des crises de bâillements chez le spectateur alangui, je préfère celui de la Section pour mon plaisir personnel. Fermons la parenthèse.

Et revenons à Paname.

Ainsi, à ma grande surprise, derrière un Plisson qui n’arrivait pas à déplisser, eut-on un festival de ballons tombés de la part des hôtes parisiens, des pénal’touches pas trouvées, même un renvoi direct dans la bordure. La scoumoune qui ne vous lâche plus, que même le pire anti-parisien aurait pu en être gêné et compatissant.

Et en face un Slade qu’on retrouvait comme dans ses meilleurs jours, précis, organisateur hors pair, et défenseur opiniâtre, un Votu explosif de retour en « cannes », un Adriensse plus solide et joueur à chaque match, un Daubagna de plus en plus à l’initiative, un Stanley des grands jours montferrandais, un Ramsay décathlonien infatigable, une défense égale à elle-même, son point fort, une attaque morte de faim. Que pouvait faire une équipe qui doute contre cette Section-là ? Elle se retrouva vite comme le zouave du pont de l’Alma … de l’eau jusqu’aux c…

Déjà que l’an dernier, ça avait été limite immersion avec l’affaire de la fusion, on se demande si la décrue viendra un jour pour le club rose.

 

Quant à moi, des dimanches comme celui-là, j'en redemande: 6essais pour la Section, 5 autres en suivant pour le Gan Olympique en championnat du Béarn, le soleil en prime; 75 points marqués par mes chouchous, ah, oui, c'était une journée qui valait le Coup!

 

Allez, on s’attaque la session Equipe de France. Gardez vos nerfs, va en falloir.

 



29/01/2018
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