la tribune d'en face

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Section Paloise 38 - RC Toulon 26

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 Bon, d’accord, ils ne sont pas toujours très académiques, finots, ou empreints de romantisme, mais ce sont les miens : les mots dont je vous abreuve tant bien que mal, une fois le match terminé. Et comme vous avez à chaque fois la gentillesse et l’indulgence de me le faire savoir, je me dis qu’ils arrivent à respecter, à peu près, l’Esprit et la Lettre de ce que nous avons ressenti au coup de sifflet final, quand nous passons le portail grand ouvert du Hameau. Avec nos joies, nos déceptions, nos emballements, nos coups d’adrénaline, nos abattements, nos délires, parfois enfantins, ou carrément chauvins, nos honhaderies, nos débats aussi sur les mérites, les qualités ou les fautes de ceux qui opèrent devant nous, la gonfle en main. Eux qui sont capables de nous faire passer du meilleur au pire, que nous sommes capables de faire dégringoler de leur piédestal après les avoir portés aux pinacles, la seconde d’avant. Eux qui un Samedi sont capables de justement respecter l’Esprit et la Lettre, comme ce soir contre Toulon, après les avoir bafoués, quelques temps auparavant contre Agen. Au grand dam du supporter qui ne s’en est pas encore remis.

Et puis, il y a l’Esprit et la Lettre de « l’homme seul », celui qui est au milieu des mastodontes, ce pelé, ce galeux, aux yeux de la multitude partisane, que chacun prend un plaisir parfois sadique, souvent intellectuellement malhonnête, à clouer au piloris. Il n’attend pas de louanges, personne ne l’a forcé à rentrer dans l’arène et d’en prendre les rênes (comme le fit un jour la reine de Rennes en conduisant ses rennes… n’importe quoi !). A-t-il envie qu’on l’aime ? A-t-il des problèmes à régler avec son ego, son autoritarisme, son image ou sa confiance en lui ? A-t-il mal vécu qu’un jour quelqu’un ait pu lui couper le sifflet ? N’est-il pas lui aussi le garant de cet Esprit et cette Lettre que se doivent de respecter public, joueurs, entraineurs, dirigeants et sponsors, pour que le rugby reste ce que l’on reproche au foot de ne plus être ? Ce petit brin d’humanité qui nous fait tous encore aimer ce sport.  Et que nous défendons becs et ongles.

Grands débats de la psychologie arbitro-comportementale ?

Or, hier soir, j’ai eu l’impression qu’à un moment, l’arbitre de la soirée a quelque peu « coincé », question Esprit et Lettre, privilégiant la deuxième au détriment de la première. Une décision qui m’a quelque peu dérangé dans le contexte festif de la soirée, même si en fait elle n’était que de l’ordinaire, du normal dans un match de ce niveau : une charge dans un ruck un peu trop appuyée, de celles qui me font pester, une charge comme il y en avait eu une dizaine juste avant ; une charge de Julien Pierre qui fait l’objet d’un replay style « je te repasse l’image pour que tu me dises ce que tu en penses », une charge « remets-me la encore un peu, j’ai pas bien vu », une charge « que je me demande dans quelle poche j’ai bien pu mettre mes cartons… manière que je respecte la Lettre ».

Et, dans ce contexte de joueur en pré-retraite, qui n’a, au fond, rien à cirer de la décision de l’arbitre, qui n’en  mourra pas d’une nième mise au frigo, que le public veut, ce soir, porter aux nues comme la perfection rugbystique personnifiée, je me demande si l’arbitre n’est pas « passé à côté » de l’Esprit en sortant une biscotte jaune, alors qu’aurait sûrement bien suffi un petit avertissement au creux de l’oreille (manière que même sur Canal personne ne l’entende) . Comme une dernière complicité entre deux personnages-clé du jeu, comme un respect de l’Esprit que méritait l’instant.

Je ferme le ban en soliloquant intérieurement que je n’aurais décidément jamais pu être arbitre.

 

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Non, cette soirée de clôture ne pouvait décidément pas être une soirée de m …. Pour personne. Un stade plein comme jamais, la fête, l’ambiance. Et cette nécessité évidente qu’il fallait montrer à Mourad, ses joueurs et ses supporters venus en nombre de la Rade mais même du Béarn profond, j’en connais, que Mayol, c’est bien, mais que le Hameau, c’est pas mal non plus. Et de voir le grand drapeau rouge et noir flotter joyeusement,au milieu de la multitude des verts, au passage des joueurs palois qui entouraient nos deux « vieillards » faisant le tour du stade, je me dis que la soirée fut fort réussie. Et que les Toulonnais y ont pris leur part de plaisir.

Ce ne sont pas quelques minutes de feu d’artifice que nous eûmes à la fin. Il avait commencé dès le coup d’envoi d’un match qui nous tint en haleine pendant 80 mn. Des Palois joueurs, décidés et endurants, des Toulonnais impressionnants de vitesse et de maîtrise. Et cette petite cerise sur le gâteau que j’espérais pour le personnage: le 101è essai de Clerc qui le consacre pour fort longtemps, lui que j’avais maudit quand Toulon, encore en Pro D2 était venu gagner au Hameau, avec Umaga en pointe. L’année de leur remontée en Top 14 . Vincent Clerc nous en avait planté un qui m’était resté en travers de la gorge. Pas celui d’hier soir assurément.

Oui, nous avons passé une superbe soirée, oublieux de l’enjeu illusoire de se voir qualifiés. Nos « petits » ont été énormes, d’envie, de courage, d’à-propos aussi, sachant remettre la pression à chaque fois que Toulon se faisait menaçant. Et cela, pour la première fois de la saison, sans baisser d’intensité à quelque moment que ce soit. Une défense féroce face à un « Cuisse-aux-bras » de feu et un « Va-à-Marina » destructeur. Mais en face d’eux, les 2 papys ont fait mieux que tenir le choc derrière Super-Hammadache « internationalisable » et un Lespiaucq pas loin non plus. Quant à ce Pesenti, si les petits cochons…, il pourrait aussi un jour être… pressenti, comme le souhaite Georges.

On oubliera quelques scories au pied, stratégie de déplacement trop aléatoire (n’est-ce pas Tom ?), on louera une mêlée dominatrice, on appréciera la défense intraitable, situations curieuses où il faut glisser en restant sur ses deux pieds (… Jean Paul vous expliquerait bien mieux que moi…).

Et comme le bonheur se devait d’être complet… « je reste », qu’ils nous ont dit, les deux héros de la soirée.

Tout ce qu’il fallait pour oublier qu’on n’a pas eu tout ce qu’on espérait. Pensez à Brive, Oyonnax, Stade Français, Bègles-Bordeaux, et même La Rochelle…et ça vous consolera de tout. Avec ce brin d’espoir qui nous fera remettre le couvert dans peu de temps.

A tchao… Et Honha !

PS : Cette semaine, j’avais ressorti de l’oubli où je l’avais laissé depuis 50 ans, mon harmonica « spécial colonie de vacances et feu de camp », pour me tenter une petite Honhada dans mon coin. Et bien, malgré un souffle à retrouver, je ne m’en suis pas trop mal sorti ! Je me demande si je ne vais pas m’inscrire à l’émission « La France a un incroyable talent ». Avec Robert à la trompette…

 

 

 



06/05/2018
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