la tribune d'en face

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Section Paloise 33 – Oyonnax 12

 Voilà, c’est fait, je viens d’avancer ma pendule d’une heure alors que les radios, l’une après l’autre, avec constance et obstination, nous surinent de consignes protectrices pour éviter ceci, essayer de ne pas cela, faire en sorte que le reste,  pour que ce passage à l’heure d’été soit des plus confortables et ne ruine pas à jamais notre sommeil, notre appétit, notre transit, notre souffle, notre électrocardiogramme, notre libido, et j’en passe.

Pour moi, le seul inconvénient que je puisse y trouver au moment où je m’installe pour attaquer ma chroniquette traditionnelle, c’est qu’il va me manquer une heure pour vous envoyer mon texte et que j’en connais un ou autre parmi vous qui ne manquera pas l’occasion amicale de venir me chambrer sur « mes capacités de réactivité » , me rappeler que mon âge qui avance… trop vite... pourrait provoquer quelque  indolence  dans mon cerveau et retarder l’envoi de mon texte.

Pour le reste, profitant chaque jour, de soirées plus longues, je n’y verrai qu’un inconvénient : le soleil risque de nous éclater les yeux quand nous serons tous réunis en soirée dans la tribune d’en face pour les quelques matchs auxquels nous allons assister dans les semaines qui viennent. Casquette et lunettes indispensables donc pour ne pas souffrir pendant toute la partie.

* * *

Comment ne pas être peiné ce week-end à la pensée que les équipes de Narbonne et de Dax, après une saison calatamineuse, puissent rejoindre d’autres prestigieuses qui ont fait l’Histoire du rugby, Lourdes, Tarbes, Bagnères, Bourgoin, La Voulte, Cahors, Tulle…J’en oublie sûrement d’autres.

Narbonne et les Jo Maso, les frères Spanghero et autres  Didier Codorniou ; Dax avec Claude Dourthe, Jean-Pierre Lux, Jean-Pierre Bastiat, Thierry Lacroix, Richard Dourthe, Fabien Pelous,  Raphaël Ibañez, Olivier Magne et beaucoup d’autres. Que de grands noms qui ont brillé au firmament de leur club et de l’Equipe de France.

J’aurai une pensée particulière pour Jean Pierre Bastiat que j’avais eu l’occasion de rencontrer un jour de 2010 où j’étais allé à Dax avec Christian Loustaudine et Jean Paul Basly, afin de recueillir les souvenirs qu’il avait gardés du stade de la Croix du Prince. Un grand costaud simple, jovial et généreux avec qui nous avions passé une sympathique soirée au resto de Jean Patrick Lescarboura. Il y avait là aussi Georges Capdepuy, décédé depuis, et Claude Dourthe…

Claude, il fut mon camarade de classe à l’Ecole Normale de Lescar. C’est là, parmi nous, qu’il apprit sa première sélection en Equipe de France contre l’Ecosse: il devenait le plus jeune joueur français ayant cet honneur, il n’avait encore que 19 ans. C’est à Lescar aussi, en 1967, qu’il fut, avec Jean Paul Basly, champion d’Académie et  finaliste du championnat de France scolaire contre le grand rival, le Lycée Louis Barthou du gars Patou de Laruns.

 

image520.jpg                                                           Cherchez le chroniqueur...

 

Sûr que cette descente en Fédérale doit leur faire très mal… Le rugby a changé, beaucoup le regrettent… On peut craindre encore cette année que Brive soit broyé et se dire que la Section, dans cette jungle, n’est pas la plus mal lotie. Croisons les doigts pour la suite, même si la méthode et les financements prêtent à critique de la part des « tenants du passé ».

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Il y avait tout à craindre de cette rencontre contre Oyonnax. Oyo ne voulait plus faire le yoyo, la crainte au ventre après une saison passée difficile et un début de saison où il y avait tout à craindre pour la suite. Les Hauts Bugéens avaient repris du poil de la bête et, le samedi précédent, ils se l’étaient gagné façon bulldozer contre Toulon, excusez du peu… Que Mourad avait piqué une grosse colère et voulait envoyer jouer toutes ses vedettes à La Seyne-sur-Mer à moins que ce ne soit à Carqueiranne ou à Ollioules… (je fais mon malin à faire le prof de géographie du Var… mais en fait je ne suis même pas sûr qu’il y ait une équipe de rugby à Carqueiranne ou à Ollioules ! Mais le contraire m’étonnerait !).

Après une entame inquiétante de la part des Palois, où les gars de l’Ain cachaient le ballon à l’autre, il fallut un bel essai fort bien construit des visiteurs pour que nos Palois s’excitent et montrent toute la palette de leur talent. Du cousu main, de la tarte, du grand choix, du XXL. Du déboulé, du rush, du puissant, du construit, du spectaculaire. En l’espace de 30 mn, l’affaire était quasiment réglée par les « cadres », bien reposés d’un week-end de récupération qui , à l’évidence, avait été fort profitable. Hamadache et Armitage se le jouaient perso après que les copains aient déblayé le passage, le huit de devant se le jouait groupés pour Lespiaucq, Oyomen sur le cul, Votu se le jouait percutant, comme il sait si bien le faire, rendu furieux de n’avoir pu encore porter sa pierre à l’édifice alors que le planchot était déjà bien grassouillet. Abondance d’essais vite faits, bien plantés, tant et si bien l’ami Robert, ayant avancé sa montre trop tôt dans la soirée, en zappa, dans son décompte, l’essai marqué par Vatubua en début de seconde mi-temps. Une banalisation coupable de l’exploit, en quelque sorte…Comme si, dans son esprit, c’était devenu anecdotique, en fait !! Le syndrome de l’enfant gâté, quoi !

Certes, la seconde mi-temps fut plus soporifique, la pluie fine aidant à la faute pour gicler quelques ballons, ce qui rendit l’arbitre plus tâtillon au détriment du spectacle. Il faut dire qu’on s’était tellement régalé avant avec deux équipes fort joueuses… Oyo ne fermant jamais le jeu non plus.

Les Rouges et Noirs tentèrent bien de montrer que leur exploit contre Toulon n’était pas le fait du hasard, mais c’était trop tard. La défense paloise se montrait intraitable avec encore un grand Mowen au charbon. Quelle recrue, celui-là ! Complet dans toutes les gammes du jeu.

Les Oyom-Ain finirent quand même par se faire le petit plaisir du ballon porté derrière laligne, juste avant la sirène… Comme contre les Varois. Mais les Palois, qui avaient su gérer leur avance à merveille, avaient-ils seulement envie de priver leur adversaire du jour de ce plaisir  mérité, pour leur vaillance, leur courage et leur envie de jouer?

 

Allez… A Vendredi. Et n’oubliez pas le béret !

 



25/03/2018
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