la tribune d'en face

la tribune d'en face

Section Paloise 28 - Castres Olympique 13

« C'est pas le zéphyr,

N'aurait pu suffir',

C'est pas lui non plus,

L'aquilon joufflu,

C'est pas pour autant

L'autan » aurait pu chanter le regretté Georges Brassens. Pourtant, un vent glacé désagréable soufflait sur les hauts de « l’Ossau » et vous pénétrait dans les manches et le cou. Ce vent, les Palois l’avaient -ils choisi pour jouer leur première mi-temps ou se l’étaient-ils vu imposer par la pièce qui retombe au pied des capitaines, dans le secret des vestiaires ? Toujours est-il qu’il fallut faire avec, lui qui n’avait pas, nouvelle tribune Nord oblige, les directions habituelles, celles qu’on lui connaissait avant la construction du bel édifice. Il contournait sournoisement par derrière la tribune d’honneur pour venir, par la bodéga, balayer le terrain latéralement. Que même les drapeaux de touche y perdaient leur latin, flottements désordonnés et imprévisibles, et que Conrad, malheureux stratège improvisé de la chandelle haute, montra qu’il avait le pied carré en livrant plein champ au CastrOssalois Julien Dumora un ballon qu’il destinait plutôt  au bord de touche délaissé. On ne peut pas non plus tout savoir faire !! « Dévissage de crampon, comme un message ironique à François Bayrou : « Monsieur le Maire, si vous voulez qu’on réussisse notre jeu au pied, va falloir nous fermer complètement l’enceinte au Sud, manière de nous protéger des vents tourbillonnants ». Et éviter que le supporter ne s’enrhume au point de ne plus pouvoir entonner la Honhada aux moments forts du match. Faute de devoir servir sirops et grogs à la buvette à la place de la bibine insipide et glacée.

Car, est-ce ma position excentrée qui me donne cette impression, l’hymne vert en blanc, a bien du mal, me semble-t-il, à trouver ses échos dans la place. Comme si la tribune Ossau est trop éloignée quand celle du Nord essaie de « mettre en route » ; non,  elle ne reprend pas en chœur. Y a pas à dire, mon bon monsieur : « Vivement que la compétition puisse reprendre entre Honneur et Auchan ; là, oui, y avait du répondant »… Combat de supporters fidèles aguerris aux joutes festives.

Alors, il fallut se rendre à l’évidence : le jeu palois avait grand mal à se mettre en route. Le score, comme le vent, tourna mal… Au point d’inquiéter le supporter qui, à l’approche de la 40è minute, se mit à faire grise mine devant l’impuissance des siens à prendre le score. Le Tarnais était puissant et occupait fort bien le terrain… et le tableau d’affichage. On sentait même que le vent risquait de tourner à la tempête dans les vestiaires palois, à l’heure des citrons. On n’avançait pas sur les ballons, on se heurtait au mur défensif castrais, et ce n’étaient pas les chandelles trop nombreuses, comme un aveu d’impuissance, qui arrivaient à éclairer le jeu. On rendait les balles qui revenaient inexorablement dans notre camp où, là, l’adversaire donnait les « chocottes » au public transi.

Alors, quand la sirène sonna, il ne restait qu’à attendre et espérer, toutes convictions en stand by.

«Attendre l’éclaircie et que tourne le vent,

S’accrocher à la vie pour revoir un levant.

Apprendre à étaler, exercice éprouvant,

Et bien se recaler pour aller de l’avant ».

Surtout n’allez pas croire que c’est Simon Mannix qui récita ce poème à ses joueurs à la pause. Je le soupçonne de s’exprimer dans un registre nettement moins fleuri… et nettement plus persuasif. Et finalement plus efficace aussi, c’est certain. Car il ne fallut pas bien longtemps, à la reprise, pour que nos Palois reprennent le score, Votu devenant l’indispensable finisseur inarrêtable.

On vit alors Daubagna se faire sa valise dominicale…  hélas, bien mal récompensée, la défense livrer un combat intense sans fautes avec un récital de placages labélisés « Conrad Smith » qui nous fit un festival dans ce registre où il excelle. Comme moi, l’année où j’avais pris ma retraite : j’avais gratifié mes élèves d’un festival de punitions, de zéros en dictée et de mises au piquet comme jamais auparavant… Du grand art, quoi ! Et ainsi l’attaque verte et blanche orchestrée par un Colin Slade revenant à son meilleur, put jouer à merveille le contre pour se détacher au score : les chevaux légers palois avaient mis sur les genoux un pack adverse devenu trop lourd, englué dans une pelouse en souffrance. 

Le supporter avait retrouvé sa gouaille, son enthousiasme, le vent avait emporté sa désespérance et son défaitisme passager. Souriant, on reparlait de bonus ceci et de Top cela… à grandes tapes dans le dos.

Et comme, pour le prochain match, on revient « à la maison », là où on a grandi depuis les « Années Pro D2 », comme on va retrouver les copains éparpillés et perdus aux quatre coins du stade, s’installer à nouveau dans « Notre Tribune d’en face », je sens monter un enthousiasme nouveau, porteur de honhades mémorables, de commentaires interminables et d’applaudissements généreux. Et comme, bien vite, au-dessus, viendra se joindre à nous, la troupe des « nouveaux installés »,  la Tribune d’en face, ça risque d’être chaud ! Que quand elle va crier à l’unisson, les mecs d’en face risquent d’en perdre chapeaux, casquettes, écharpes et moumouttes, sous le souffle collectif  décoiffant !

Quant à vous, messieurs du Stade Français, choisissez bien la couleur de votre maillot quand vous viendrez, le 30 Septembre, car votre vie au Hameau risque de ne pas être toute rose.

D’ici là, avec quelques copains du club de vélo, supporters nombreux aussi de la Section Paloise, on va aller se lancer un défi du côté du mont Ventoux. Au braquet et aux pignons ! Là aussi,  je sens que ça va être chaud dans « La montagne d’en face ».

 

 



17/09/2017
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