la tribune d'en face

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Section Paloise 27 - Union Bègles Bordeaux 17


« Si on fait de vilains vieillards,  j'espère au moins qu'on aura des histoires à raconter. » (Pierre Berbizier)

 

De vilains vieillards ? De vilains vieillards ? Pas sûr que beaucoup d’entre vous soient vraiment pressés de le devenir, même si quelques méchantes douleurs viennent déjà que trop perturber nos marches de plus en plus lentes, nos mouvements de plus en plus mesurés , nos sommeils de plus en plus perturbés, tous plus arthrosiques, capsulitiques rhumatismaux, goutteux, ou périarthritiques les uns que les autres. Vieillards, oui, inévitable, mais pas trop vilains quand même !

Pourtant, mais est-ce l’apanage du « vieux », que d’histoires avons-nous déjà à raconter d’essais plus souvent rêvés que réellement aplatis, de mêlées plus souvent effondrées que réellement enfoncées, de placages plus souvent ratés que vraiment destructeurs. Du fantasmé, souvent, qui fait tout le charme d’une soirée à table ou au bord du zinc de la bodéga, tout ce que nous sommes encore capables de faire aussi bien que des « d’jeuns ». Sinon mieux !

 

Et hier soir, au Hameau alors que tambourinaient les bidons, flashaient les rayons, lasèrisaiant les lumières, tout en fumigènes et décibels, j’avais comme l’impression qu’une boucle se bouclait de mon vécu avec le stade du Hameau. Comme le sentiment que je savais tout de lui, que j’avais vécu toute son évolution depuis plus de 60 ans que je le « fréquente ».

La relation commença autour de 1954 quand, encore bambins à la maternelle de l’école Léon Say de la rue du XIV Juillet, nous étions montés au Hameau pour les fameux Lendits scolaires de l’USEP, qui réunissaient toutes les écoles du Béarn. Rendre gloire à la gymnastique rythmique et sportive, maintes fois répétée dans la cour de l’école.

La montée, de l’école vers le Hameau, nous fit traverser la ville de Pau assis sur des bancs installés sur une remorque tirée par un tracteur. Sans aucune ridelle, ni protection, au mépris de toute sécurité. Juste deux ou trois adultes pour calmer nos gesticulations enfantines. Inenvisageable de nos jours, heureusement !! Evènement mémorable que ce spectacle qui semblerait pourtant bien désuet,  de nos jours, où seuls comptent le show et les paillettes. Quel contraste avec le spectacle irréel fourni ce Samedi, même si j’imagine qu’il aura une saveur particulière, un souvenir durable (comme celui que j’en ai de celui de mon époque) pour les enfants d’El Camino qui chantèrent la Honhada accompagnés de musiciens talentueux.

Et rien que pour ça, un grand merci à la Section Paloise d’avoir eu l’idée de leur offrir ce beau souvenir au milieu d’un stade plein comme un œuf.

* * *

Et si le capitaine Julien Pierre jura les grands dieux, dans la semaine, que seul comptait, pour eux, le match , si Simon Mannix déclarait « avoir d’autres chats à fouetter avant de se mettre à compulser le programme des festivités », sûrement que l’ambiance de gala et le public record eurent malgré tout quelque prise sur leurs tripes au moment d’entrer dans l’arène toute neuve, toute remplie et toute tonitruante. D’autant qu’il s’agissait pour eux du nouvel « écrin de luxe » qui allait à l’avenir être le terrain de leurs exploits… ou de leurs galères. Pas anodin !

 

Oh ! que ce fut laborieux pour mettre en route la machine. Les boyaux étaient visiblement coincés ; et pas que les boyaux !  Les tambours du Bronx et une Honhada « Top Hameau » comme jamais, n’avaient guère eu d’effet booster sur les « Petits ». On courut beaucoup après un ballon confisqué par le Girondin qui « chandella » très haut pour créer le trouble dans les lignes arrières paloises. Beaucoup plus haut qu’un Colin Slade qui avait le pied peu coopératif. Les Verts et Blancs au maillot Collector tardaient à venir sous les chandelles de l’adversaire qui se régalait à récupérer la gonfle et relancer le jeu avec force habileté et puissance. Heureusement que des placages-miracle sauvaient une situation parfois bien compromise. Heureusement que Malié, déterminant, tenait la baraque sur les Up and Under de l’oiseau Serin. S’offrait même quelques relances pour faire hurler le stade d’espoir. Suivi bientôt par Hamadache qui s’offrait lui aussi sa « balade au clair de lune » plein champ.

Mais la tension ne durait que trop, au point que le supporter commençait à faire grise mine dans le froid, fort dubitatif quant aux réelles qualités de ses chouchous. On commençait même à faire des comptes d’apothicaire, recomptant les points d’avance qu’il restait par rapport « au bas du tableau ».

Et quand arriva la mi-temps, on se regardait de travers dans les gradins, oubliant même qu’après 40 mn, il en reste encore autant pour se refaire la cerise.

Ainsi fut fait, retour de vestiaire. Sous l’impulsion d’un Mowen, jamais aussi sautant, plaquant et galopant, on vit alors une toute équipe paloise qui mit de la vitesse dans son jeu et perturba des « Bord de l’eau Béglais » aux crampons subitement plus lourds. Daubagna s’offrit,  le premier, 18000 ovations pour le soulagement qu’il nous offrit au pied des poteaux, et Malié, lui aussi, se paya, vite après, du match exemplaire qu’il avait joué. Deux essais fabrication régionale, du « Made in France-comme-on-aimerait-en-voir-plus-souvent», pour satisfaire les détracteurs du « joueur étranger » et faire rêver le sélectionneur des Bleus.

Et comme dit le philosophe chinois Lao-Tseu, « Gouverne le mieux qui gouverne le Mowen » : on ne vit toute la partie que le casque blanc de l’Australien au mieux de son art, tous azimuts, pour venir relancer la machine. Pour moi, qui désespérai souvent de ses prestations moyennes, il fut l’homme du match, hier soir pour sa constance et son abattage exceptionnel. Indispensable au jeu palois. Chafouineur infatigable du jeu de l’UBB.

Une 2è mi-temps qui nous fit oublier ce qui nous avait noué les tripes, quelques minutes auparavant, trépigner de bonheur de nos pieds gelés, applaudir tous gants enlevés et mieux savourer un spectacle inaugural Son et Lumière de qualité, façon Jean Michel Jarre.

 

1954-2017, ça fait un sacré bout, quand même ! Pourvou qué ça doure !

 

* * *

 

*Un grand merci aux amis/es qui m’ont envoyé leurs photos pour compléter mon diaporama.

 

 

 

 

 



03/12/2017
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