la tribune d'en face

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Section Paloise 24 – Racing 92 15

 « Je ne me reconnais pas dans le rugby pratiqué aujourd’hui ».

 

Ce n’est un secret pour personne : François Moncla a « du mal » quand on lui parle du rugby Pro, contrats faramineux, joueurs importés des Antipodes, Jiffs et pas gifles. On dira qu’il digère mal le changement. Mais il aurait pu aussi se dire, boudeur et borné : « Qu’ils aillent tous se faire voir », il aurait pu se fermer et éteindre sa télé, ne plus lire les journaux, pour malheureusement intégrer « la confrérie des autruches du rugby », la tête enfoncée dans leur passé glorieux. Pas le genre du bonhomme : surtout ne pas oublier ce que le rugby d’antan lui a apporté d’amitiés et de souvenirs, tout ce qui a fait l’homme qu’il est toujours, tout ce qui fait qu’il ne cessera, jusqu’à son dernier souffle, de transmettre, et encore transmettre, avec franchise et sans langue de bois. les valeurs ovales qui en ont fait un personnage encore incontournable par son dévouement à la Section, sa qualité de relation, l’amitié qu’il sait donner et la reconnaissance qu’il sait avoir envers les autres, sans rien en attendre en retour.  

Personnellement, j’ai fait sa connaissance quand j’écrivis l’histoire du titre de Champion de France 1964. Depuis, il ne cesse de me manifester son amitié et sa reconnaissance à chacune de nos rencontres. Une relation « à armes égales », comme un pied de nez à ceux qui ont oublié ce que le mot « modestie » veut dire.

Alors, quand je l’ai vu hier soir au Hameau marcher en tenant la main de ce gamin de l’Ecole de rugby, sans la lâcher un seul instant, je me dis que la Section a encore de beaux jours à vivre. Comme un message des Anciens, ceux qui ont fait le club, à tous les supporters, partenaires et dirigeants. Me féliciter aussi de l’initiative qui consiste à inviter ces Glorieux du club,   à l’occasion des matchs au Hameau, manière de n’oublier personne dans ce monde du rugby actuel qui a trop tendance à zapper et à laisser du monde en route… Cette idée qu’on se souvient mieux des joueurs d’il y a 50 ans que de ceux qui composaient l’équipe qui monta en Top 14 il y a peu. Cette idée aussi que ce gamin aura reçu ce message dans ce contact de la main de François et sera peut-être un jour le joueur et l’homme que fut cet ainé remarquable, cet octogénaire exemplaire et infatigable.

 

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Encore une belle image symbolique

 

Je lis ça et là que nous n’avons pas vu hier soir un grand match de rugby. Le « chauvin d’ailleurs », déstabilisé par les résultats récents de la Section n’y aura vu que ce qu’il voulait y voir, qui le fait craindre surtout pour les siens chouchous, jalouser aussi la série de victoires des Verts et Blancs, allant jusqu’à prétendre quelque coup de pouce de l’arbitre qui opérait sur le pré béarnais. Le « chauvin d’ici » ne veut y voir qu’élan et avenir radieux, de victoires encore plus retentissantes contre d’autres « Gros » du Top 14, dans les jours prochains, l’intronisation tant espérée dans le cercle fermé des Top 6, puis de futures « campagnes européennes » épiques contre les monstres irlandais dans les brouillards de Dublin, contre les bulldozers de Northampton, des Ospreys ou des Wasps.

Alors, on va se situer un peu entre les deux tendances : ce ne fut pas un grand match sûrement pour ce que les Racingmen en espéraient. Quand on descend de la « capitale » pour officier dans « le bas du coin de la France », sûrement arrive-t-on avec quelque suffisance qui fait perdre le sens des réalités : « la Section est en train de devenir une bonne équipe du championnat, petit à petit, et avec méthode… et c’est tout ! ». Et même si ça dérange en prétextant l’histoire des fameux « doublons », ceux qu’on veut voir sélectionnés en Equipe de France sans trop les sélectionner quand même ; l’éternelle histoire du beurre et de l’argent du beurre.

La Section, hier soir, a continué à construire sa saison, avec de superbes phases de courage quand il fallut défendre âprement son territoire : avoir déréglé la machine des Bleus et Blancs est un bel exploit en soi, elle qui ne fit que quelques timides incursions dans le camp palois en 1è mi-temps et quelques miettes de secondes dans les 22. Jamais les Verts et Blancs, pourtant passé maître dans cet art, n’avaient réussi une telle performance sur le plan défensif derrière le grand maître « es-grattage » Armitage, qui est capable de tenir un ballon dans un ruck avec 2 buffles qui viennent lui rentrer dans le buffet pour l’en déloger.

Certes, il y eut ces 2 bévues de Fumat, l’une offensive, l’autre défensive… comme si, pris par son enthousiasme, il pensait pouvoir gagner le match à lui tout seul. Le genre de c… à éviter quand d’autres n’attendent que le moment de revenir dans le groupe vainqueur.

Il y eut ces ballons rendus en touche, qui réduisirent grandement les lancements de jeu qui auraient pu enfler le score.

Il y eut ces ballons portés, trop « faiblots » qui sont la 2è lacune du groupe à l’approche de l’en-but.

Il y eut aussi cet essai-casquette, cette « sautée » mal venue et interceptée par Andreu à un moment où c’était aux 92 de prendre l’initiative du jeu. L’attaque paloise s’excitait là, à un moment où fallait laisser rugir la bête pour mieux la capturer.

Heureusement, ce coup du sort fut aussitôt rattrapé par Votu ; preuve que la Section a bien progressé aussi en « capacité de réaction ».

Et puis, quand on a dans son camp, un joueur tel que Colin Slade, il ne peut plus rien vous arriver. Il montra même  à son maître, Dan Carter, qu’il n’avait pas à s’inquiéter de son héritage. Moment de délice quand il tapa une chandelle millimétrée devant les 22 parisiens qu’il récupéra lui-même, tout seul comme un grand, les bras tendus bien haut au-dessus de tout le monde.

Au-dessus de tout le monde, je vous dis.

 La semaine prochaine, à Castres. Je connais un ami barétounais qui attend ça avec impatience. Que le match soit ce qu’il soit, pourvu qu’entre temps, tout se passe bien au niveau de sa santé.

 

Personnellement, ce serait plutôt un beau Pau-La Rochelle ... avec la victoire paloise, of course,  qui me serait fort agréable. Et pas qu’à moi.



25/02/2018
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