la tribune d'en face

la tribune d'en face

Section Paloise 24 –Lyon 27

Ben, mon Collomb, comme on dit à Lyon, du côté de la mairie , heureusement qu’on bosse toute la semaine avec toute l’application nécessaire à une équipe qui ne doit rien négliger pour éviter le pire. Heureusement qu’on bosse toute la semaine, sinon qu’est-ce que ce serait ! « Oui, on bosse, on bosse, je vous l’assure mais ça ne donne rien sur le terrain . Que c’en est à n’y rien comprendre» qu’il dit l’entraineur avec la mine déconfite, spécial micros et caméras. Qu’il répète comme une lithanie, après chaque match, espérant que le supporter s’en attendrira,  prêt à tout pardonner. Mais au bout d’un moment… Que les langues supportrices en deviennent si longues qu’elles arrivent jusqu’à la pelouse. Et qu’on ne les voit pas de la tribune d’honneur et du banc du staff.

Alors, comme il faut quand même dire combien le supporter doute quant à la qualité du travail, à l’application qu’on y met, prenons juste l’exemple de la touche qui fut indéniablement la grosse caillasse dans le crampon palois. Cette touche qui ne cassait pas des briques déjà par le passé a vraiment, pour ce match contre Lyon, frisé la pantomime, provoquant sifflets et quolibets de tous les coins du stade.

Une preuve ? Cette photo que j’ai prise d’un lancer de Lespiaucq qui voit un Lyonnais piquer la gonfle comme s’il était au saut du lit, frais et dispos, alors que trois  Palois sont figés, tout ensuqués et patauds comme s’ils… rentraient de boîte.

 

Pau-Lyon (7).JPG

 

Une photo qui franchement laisse à spéculer, cogiter, supputer quant à l’efficacité de ce qui peut se se bâtir, se stratégir sur l’herbe d’un stade d’entrainement qui fourmillerait, parait-il, de compétences diverses et variées.

Ou alors, c’est le supporter qui crie trop fort, de la touche, empêchant ce pauvre talonneur d’entendre la consigne. Allez savoir si, au fond, ce ne serait pas notre faute…

 

Mais revenons à l’avant match. La période d’échauffement. Avant que le Lyonnais ne se mette à se balader entre les lignes paloises pendant 10 minutes. D’un côté, des Verts et Blancs qui répètent les mêmes gammes des milliers de fois répétées à l’entrainement… avec l’efficacité que l’on sait au moment venu. Vas-y que je te fais des lancers. Encore ? Vas-y que je te me fais des passes croisées, redoublées et tout et tout… Encore ?  Vas-y que je tape des drops …. Encore ? C’est vrai que c’est beau, vu de la touche, ça rassure mais… n’est-ce pas ce qu’ils ont fait toute la semaine, si « bien », avec « tant d’application » dite et redite ? Et pendant ce temps, le Lyonnais se fait un petit match « à toucher », travaille ses contacts. Des face-à-face appuyés manière de mettre la machine en chauffe, les coustous en état de marche. Et on entre sur le terrain, le couvercle de la marmite déjà prêt à fumer. Les Palois, eux, attendront un quart d’heure au moins, le planchot déjà bien entamé, avant de s’apercevoir que le match a bien commencé.

Alors, pendant une mi-temps, le supporter s’arrache les cheveux, fulmine, peste, siffle, resiffle, sursiffle, crachant sa déception, sa frustration, ses doutes, ses critiques. Comment l’en empêcher face à tous ces gâchis d’en-avant, ces brouillons de passes ratées, ces pseudo-placages style sévillanes d’El Cordobès  dignes de Fédérale ? Jean Paul, à ma droite, s’interroge : « Va-t-on boire le calice jusqu’à… l’hallali ? ». Robert, à ma gauche, n’est que lamentations et récriminations. Et moi, au milieu, je vous dis pas !! Qui, à cette heure, trouvera grâce à nos yeux ?

Et puis, soudain, quarante minutes après, alors que la tribune d’en face est au fond du trou dans lequel elle se lamente et se désole, voici que le miracle attendu s’opère. Comment peut-on avoir joué si piteusement pendant une mi-temps, et se réveiller ainsi débordant d’enthousiasme, de détermination ? Que le supporter s’en trouve retournée comme une crêpe de la Chandeleur. Oubliant les sarcasmes, on vibre, on se rengorge, on roucoule devant un jeu palois métamorphosé. Celui qu’on était venu voir avec ce brin d’espoir qui n’avait guère tenu un quart d’heure. Alors que Vatubua rate l’essai immanquable que lui offre Slade, Robert manque, lui, de faire un arrêt cardiaque, il trompette de bonheur,  s’enthousiasmant devant ce regain d’énergie béarnaise. Qu’il en a des frissons communicatifs incontrôlables.

Mais enthousiasme ne suffit pas, efficacité manque, alors que Lyon se contente d’assurer. Toujours des scories viennent faire avorter la charge au pied des poteaux.

Et trois dernières minutes du lion qui se couche sur le pré, le ballon entre ses griffes, manière qu’on ne vienne plus jamais le lui prendre jusqu’à la délivrance arbitrale. Que j’en suis encore à me demander si nos Palois seraient seulement capables d’y arriver sans tomber  la gonfle (petite piste de travail suggérée à Godignon, au cas où l’Isérois viendrait à Pau pour sauver sa saison avec un grand Germain comme artilleur… je dis ça, je dis rien).

Car comme disait Jean de La fontaine dans « Le lion et le moucheron »

« Quelle chose par là nous peut être enseignée ?

J'en vois deux, dont l'une est qu'entre nos ennemis

Les plus à craindre sont souvent les plus petits ;

L'autre, qu'aux grands périls tel a pu se soustraire,

Qui périt pour la moindre affaire. »

Je me demande si Jean de La Fontaine n’aurait pas été un grand chroniqueur de rugby, finalement. Il aurait toujours eu les mots justes, je pense.

Et de penser  aussi que le monde du top 14 est quand même bizarre: 4 points perdus seraient ainsi catastrophique pour l’une des équipes alors que l’autre trouvera finalement son bonheur dans un petit point bonus défensif, à peine glorieux et pourtant fort bienvenu face aux évènements vécus ce jour... Faute de grives, on mange des merles, non ?

 

 

* * *

Difficile pour vous, dans ce contexte maussade, de croire en un optimisme quelconque de ma part. Pourtant je suis le plus heureux des hommes. Le plus flatté surtout. De l’intérêt que vous avez porté à ma modeste chronique. Alors que mon « score » des visites, sur mon blog, tournait autour de 400  lors des matchs précédents, vous m’avez gratifié d’un flatteur 722 à l’occasion du match contre Montpellier. Que j’en suis tout fier, tout émoustillé, que je me rengorge, crâne, paonne, parade, fanfaronne comme si j’avais eu le prix Goncourt. Merci à vous tous pour cette marque de sympathie et d’intérêt.

* * *

Et puisque de staff il est question aujourd’hui en filigrane du match, voici celui de « La tribune d’en face ». Unis sur le vélo comme sur les gradins autour du modeste chroniqueur que je suis comme le modeste cyclo que j’essaie d’être. Un staff qui travaille beaucoup à l’entrainement… et qui obtient des résultats sur les routes du Béarn et d’ailleurs, lui !. Autour de moi, deux conseillers techniques compétents et motivés, un responsable du matériel et un spécialiste de la diététique. Et ça roule !

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07/04/2019
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