la tribune d'en face

la tribune d'en face

Section Paloise 23 - Stade Français 25

TR.jpg
 

 « It is not necessary to beat of the bush », pas la peine de battre la broussaille, qu’ils diraient à London,  d’enrouler du coton à Varsovie, d’étourdir la perdrix à Madrid. Plus proche de notre expression française, à Stockholm, on dirait : pas la peine de tourner comme le chat autour de la bouillie brûlante. Non pas la peine. Pas la peine de tourner autour du pot…de confiture, de graisseron ou de Nutella, pas la peine de barguigner, de tergiverser, d’atermoyer,  de finasser, de ratiociner. Je le dis tout net, sans crainte de me tromper sur les sentiments de chacun : on est vaaaachement déçus !!

Pourtant, on était arrivé là, pleins d’enthousiasme prometteur : on allait se retrouver dans Notre Tribune à nous d’en face, qu’on avait toute refaite rien que pour nous, et tout, et tout. On allait se retrouver nos copains qu’on nous avait éparpillé partout dans le stade pour les besoins de la cause : « tiens, tu es là, toi aussi ! », « on n’est pas mal placés, je trouve », « tu crois qu’on risque de se mouiller s’il pleut ? ». Tout ce qui fait le quotidien du supporter douillet et exigeant. On avait retrouvé quelques anciens joueurs de la Section Paloise, ceusses qu’on consulte toujours un peu, en recherche de propos avisés, avant de ramener sa fraise, manière de pas dire de c... On avait retrouvé le Jurançonnais, le Morlanais, le Burossien, celui qui a une belle barbe grise, l’autre qui a un grand béret plat, le râleur ( ouppss, ça, c’est moi), le volailler des Halles, le garagiste en retraite, le conseiller d’Education de Saint Cricq. On avait même réuni à nouveau, inséparables,  les 5 compères qui avaient fait pêter la Honhada en haut du Ventoux une semaine auparavant. Tout pour être heureux quoi !

Restait plus qu’à se jouer  la Honhada, manière d’ouïr l’effet qu’elle donnerait sous la nouvelle coupole, qui avait un grand besoin d’être décalaminée en matière de trémolos, vibratos et autres effets vocaux, du plus aigu au plus grave. Faut dire que ça « pêta » bien sous la voûte qui ne demandait qu’à devenir céleste. Juste un petit décalage d’avec la Tribune Nord qui aura tôt fait de se mettre au diapason. L’intensité nécessaire pour gonfler à bloc le Palois vert et blanc au moment d’entrer sur le pré, juste de quoi faire flageoler les guiboles du Stadiste parisien habillé de rose.

Hélas, trois fois hélas, le Parisien ne fut pas impressionné. On se regarda beaucoup, de coups de pieds rasants en balles hautes, trop vite rendues. Malgré un Fumat de feu qui eut vite fait de trouver une faille que l’arbitre lui refusa, ballon non relâché… Parfois, la sempiternellement indiscutable règle est dure, incompréhensible, injustifiable même, face au beau geste de rugby qui consiste à percer et marquer un bel essai.

Et ce furent les visiteurs qui ouvrirent le planchot avant que nos Palois ne se réveillent pour pointer devant aux citrons.

Hélas, on était bien loin des pronostics claironnés : beaucoup se voyaient avec le bonus offensif face à des adversaires annoncés moribonds, classés dans les bas-fonds du Top 14 avec une maigrichôte victoire en cinq matchs. Faut dire honnêtement qu’avec l’effectif adverse présenté, on ne risquait pas d’assister à une victoire béarnaise éclatante : il y avait de sacrés clients ! D’accord, on ne vit pas du grand Plisson, mais le blondinet a du métier et sut gérer l’entame. Et puis, il y eut Macalou. Ah !!! Macalou !

 Je ne peux résister au plaisir de vous livrer, texto, la définition que fait Wikipédia de la montagne nommée Makalu, située en Chine : « Le nom de la montagne pourrait venir du sanskrit, qui signifie « grand noir », une déité du bouddhisme. Ce dernier peut s'avérer à la fois destructeur et préservateur ». Une définition sur-mesure pour le 3è ligne parisien, qui nous priva de ballons en touches, destructeur efficace du jeu palois, au four et au moulin, qui se paya le luxe de piquer le ballon aux Palois dans ses 22, et d’être présent 80 m plus loin pour les crucifier après une course exemplaire le long de la touche. Du grand art ! Il détruisit aussi à lui seul tout le travail effectué pour rendre efficace l’alignement palois.

070.JPG

De quoi donner des idées à Guy Novès à qui il ne sera pas difficile de trouver le grand flanker d’avenir dont l’Equipe de France a besoin.

Alors, qu’en fut-il du jeu palois. On vit une belle mêlée, puissante et efficace, qui commence à bien utiliser ses ballons portés, mais ne parlons pas de la touche. L’alignement parisien lui fit trop de misères, à des moments clés. Derrière, on peut se demander si tous ces turn-overs ne sont pas néfastes au rendement de l’équipe. On ne vit pas Votu de la soirée, dans son rôle de puncheur. Ou j’ai mal vu ?

Et puis il y a les questions des choix : pourquoi ne tente-on pas la pénalité quand on a 8 points d’avance, manière de se donner de l’air et une avance plus rassurante ? Avec Taylor, ça ne mange pas de pain d’essayer… Il enquille ce qu’il veut !! Finalement, le ballon est expédié en touche pour une  épreuve de force qui finit en eau de boudin. Pourquoi, aussi, étant mené sur la fin, ne pas tenter le drop alors que les Parisiens résistent efficacement et que la pendule pousse au cul inexorablement ? Demandez au Toulonnais Belleau ce qu’il en pensa lors de la demi-finale de l’an dernier contre La Rochelle…

Voilà… Une belle occasion de nous rassurer qui s’envole. De quoi douter, question Top 6… De quoi douter aussi quand Julien Pierre déclare qu’il ne faudra plus perdre cette saison au Hameau. C’est, je crois, mal barré… Y a des « gros » qui sont vraiment « très gros » pour nous.

Et le « ventre mou » qui nous guette…

 

  



01/10/2017
6 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Sports pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 44 autres membres