la tribune d'en face

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Section Paloise 23 - Clermont 27

Et le rêve passa…

 

« Dis-moi pas qu'c'est pas vrai! » qu’il aurait dit Djamel… Comment ? Mes Internationaux chouchous, les ceusses qui ont une fougère sur le torse, qui  ne perdent jamais, les artistes de l’Ovale, battus chez eux par les vilains SudAfs, les ceusses qui piétinent les brandillons, écrasent les coustous, malaxent les mâchoires, explosent … des attributs virils… que j’ose mêm’ pas y penser ! Les All Blacks terrassés sur leurs terres, hakapables de s’imposer,  évènement rarissime, aussi rare que la rencontre du soleil avec la lune. Que je m’inquiète maintenant : dans quel état de délabrement ils vont être, Savea et Smith, quand ils vont nous arriver, au premier avion direct Wellington, dès la Coupe du Monde terminée. Hein ? Qu’il va falloir se les envoyer aussitôt en thalasso à Capbreton pour les requinquer avant leur entrée au Hameau ?

Ceci dit, des Smith, y en a beaucoup en Zélandie ? Parce que nous on les prend tous... Sans problème ! D’ailleurs, je me demande même si Smith, ça ne veut pas dire Béarnais, là-bas, aux Antipodes. Allez savoir !!

Au fait, est-ce que vous savez quand les premiers All Blacks investirent notre sol ? C’était en 1919, une équipe de soldats néo- zélandais, venus pour combattre auprès des Français, avait fait une mini-tournée pour relancer le rugby après la guerre : un match avait eu lieu contre ceux qu’on avait appelé « une sélection méridionale » qu’ils avaient battue, à la Croix du Prince, sur le score de 16 à 6, devant une affluence énorme. En voici quelques photos que je garde précieusement.

 

 

 

 

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Venons-en à notre match du jour, ce Section Paloise-Clermont, si important pour nos couleurs dans la série « Qu’est-ce je vaux contre des gros ». Le style de question qui, au fond, n’a de valeur et d’importance que pour le supporter inquiet, et bien peu pour joueurs et staff qui ont une saison à gérer, au cours de laquelle on aura beaucoup d’eau à faire couler sous le Pont du XIV Juillet avant de voir poindre la fin de saison… Largement le temps de prendre branlées et victoires imprévues. Remember comment, la saison dernière, on s’est bouffé le bénèf en deux coups de cuillère à pot, le printemps venu. Remember comment après avoir perdu connement contre le Stade Français au Hameau sur une makalounade d’école sur 80m et une défaite contre Montpellier, on a réussi une bonne saison malgré tout.

Perso, j’avoue, vilain petit canard peint en vert, que je ne donnais pas beaucoup de chances à nos Palois, ce Samedi au Hameau. Une façon comme une autre d’éviter de se rendre malade, au moment de « la bière d’avant ». Et c’est ce qui fait d’ailleurs que ma déception n’en est que plus grande… Espérer pendant plus de 70mn, rêver à l’exploit et voir tout s’effondrer à quelques encablures du Paradis… ça fout les boules. Pas d’autres termes ! 40 points dans la musette, on aurait pris la claque, essuyé la joue et on serait passé à la suite. Mais là !

Finalement, le match fut, pour nos Palois, une copie inversée de celui contre Toulon. Et à vouloir prendre Clermont à la gorge comme l’avait tenté Toulon contre eux, nos Verts et Blancs se sont mis dans le rouge avant d’arriver au poteau… qui fut alors « poteau d’exécution ». Pourtant, comme on dit, ils « mirent les ingrédients », de vaillance, d’abnégation, mettant, pour la première fois de la saison, le doute dans les cerveaux jaunes impuissants et maladroits comme jamais. Ils faisaient jeu plus qu’égal avec la meilleure équipe du moment et c’était jubilatoire. Mogg festivalait du pied et de la course, perturbant les lignes clermontoises paniquées par ses positionnements imprévisibles. Ne fut-il pas indirectement celui qui amena l’essai de Colin Slade, décalé sur une aile d’où Mogg, très surveillé, avait disparu ?

Ainsi tout baigna dans l’huile ; même que la roulette de l’arbitre en tournait à merveille dans le chioulet … Jusqu’à ce qu’il lui prit la cuque de nous jouer  son « Concerto en Section Paloise mineur ».

Le genre de réaction que craignait le supporter palois dès qu’il avait découvert le nom de « l’heureux élu ». Ce n’est un secret pour personne que la relation Charabas-Hameau n’a jamais été idyllique. Elle dure, et ce ne sont pas les insultes d’un côté et les regards arrogants vers le public de l’autre, style « Gueule toujours, c’est moi le patron » qui arrangeront les relations. Comme l’impression que chaque partie arrive avec ses à-priori  et qu’on n’en sortira jamais. Alors pourquoi justement est-ce lui qui est choisi pour ce genre de match, si important pour le public palois. N’y a-t-il pas d’autre arbitre capable d’en faire son affaire… Ou est-ce voulu ? Je me demande… Mais alors pourquoi ?

Alors, la rafale de pénalités tombe sur les avants palois, la mêlée paloise se déglinguant à chaque effort, le score rétrécit comme peau de chagrin jusqu’ à s’inverser sans que le chrono ne puisse accélérer l’échéance. Azéma se venge de la roublardise de Mannix : il fait rentrer Slimani comme l’avait fait « coquinement » l’an dernier Simon en faisant revenir  Domingo… avec le coup de poing stupide qui s’en suivit et la victoire inespérée des Palois à la cloche. Et les Jaunards passent devant suite à deux pétots faiblards de dégagement mal gérés qui leur rend le ballon. Images flagrantes du vent de panique qui souffle dans les lignes béarnaises, à ce moment-là.

Et alors qu’il reste 4mn pour tenter quelque chose, envoyer la gonfle loin devant avec l’espoir bien mince d’obtenir une pénalité (il ne faut jamais désespérer d’un arbitre en repentance), les Palois se mettent à attaquer à tout berzingue, alors qu’ils ont à peine les jambes pour aller sous la douche. On recule inexorablement, c’est fini, alors que Michelin n’est même pas crevé.

 

Et la troisième mi-temps peut commencer sur le zinc. Débat épique, entre mes compagnons et moi-même, cocktail de déception et de frustration à la sauce Enervement. Chacun avec sa bière tentant de se faire mousser.  L’un qui n’en démord pas de dire qu’il ne peut y avoir un si grand écart de pénalités entre les deux équipes, soupçonnant que quelques fautes clermontoises ont été « zappées » (c’est moi), l’autre se disant que le coup de sifflet mériterait moins de précipitation sur les tenus manière de permettre au soutien de s’exprimer et ainsi favoriser l’initiative d’attaque, le troisième plus rigoriste s’en tenant à la règle et rien qu’elle, trouvant que les Palois, il n’a pas tort non plus, ont vraiment lâché le match en multipliant les fautes.

Et la discussion finit dans la voiture, en débat philosophique inspiré carrément de « l’Esprit des Lois » de Montesquieu, sur le thème « Arbitrage et démocratie » ! Carrément !

Voilà que maintenant le rugby, ça devient très intello… On aura tout vu ! Vous imaginez, M. Charabas qui inspire des sujets du bac !

 

Allez. Stade Français, on gagne et on discute plus !

 

Pour terminer, je vous propose le diaporama habituel du match avec une devinette à la clé : Quelle est la "bizarrerie" commune à toutes les photos ?  

 

 

 

Une  pensée pour Jean Claude Mounat qui vient nous quitter. Joueur, entraineur, président du Gan Olympique, il a

beaucoup donné pour le rugby gantois et béarnais et pour son village

et vient d'être récemment récompensé de la médaille de la Jeunesse et des Sports.

Ce fut aussi mon équipier et un super copain.

Tchao, l'ami



16/09/2018
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