la tribune d'en face

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Section Paloise 22- Agen 33

 Le rêve est passé et le Hameau tout neuf a remis au goût du jour, hier au soir, une pratique « musicale » oubliée dont on se serait bien passé : des sifflets désapprobateurs sont venus se mêler à celui, final, de l’arbitre. Je ne sais si notre président de la République qu’on a depuis un an s’intéresse au rugby, mais il aurait pu déclarer, hier soir, avec cérémonie et emphase: « cette carabistouille malvenue risque de provoquer chicayas, calembredaines et autres rodomontades dans les coursives. Que ça risque d’en devenir croquignolesque »… Mais ne mélenchon pas le sport et la politique, d’autres s’en chargeront pour moi.

Quelques indices inquiétants s’étaient fait jour au cours des derniers matchs et mon enthousiasme, je l’avoue, avait dernièrement été passé à la bouillie bordelaise, quelques symptômes inquiétants étant apparus sur le tronc vert. Las, le mal semble bien là, on a trop tiré sur les branches et les racines ne font plus leur boulot.

Oui, ce soir, il a manqué « les ingrédients », mot à la mode devant micros et caméras, qui dit tout et pas grand-chose à la fois, qui mélange, selon les circonstances, méthode, enthousiasme, technicité, altruisme, envie et forme physique… ça fait beaucoup !  Et mon chauvinisme, à la tombée du jour, s’est transformé peu à peu, au fil des minutes, en bouillabaisse fadâsse, ma ferveur n’était plus qu’un gloubiboulga indigeste, ma vénération une mélasse infâme.

Je disais, la semaine dernière, qu’il ne faut jamais mettre  d’eau dans le Bordeaux, ça le dénature. Aujourd’hui, j’aurais un autre conseil culinaire à prodiguer : n’hésitez pas à bouffer du pruneau, c’est bon pour le transit, mais n’oubliez pas d’enlever le noyau, vous risqueriez de vous « esquaner »…

Vous remarquerez que finalement mon propos tourne beaucoup, ce matin, autour du ventre et de ses aléas digestifs. Peut-être, sûrement même, ai-je du mal à avaler certaines choses et « mal aux tripes » de la tournure que sont en train de prendre les évènements. Ces tripes qui se sont serrées comme celles de mon environnement amical et qui me semblent avoir manqué à pas mal d’acteurs verts et blancs sur le pré. Comme si les premiers rayons du soleil avaient anticipé leur fin de saison, paradoxe d’une situation météorologique qui a priori aurait dû être plutôt favorable aux ambitions offensives déclarées souvent par le coach, vues souvent dans la gadoue de l’hiver et carrément oubliées depuis quelque temps.

D’accord, il manquait Votu, le « sérial marqueur », d’accord il avait fallu improviser la ligne de trois quarts, mais ça n’explique pas tout ; quand je lis que la Section est la 10è équipe en terme de pénétration et quand j’entends parler de philosophie tournée vers le mouvement, j’avoue que je me pose pas mal de questions en termes d’efficacité des choix de jeu ; quand je les vois, de plus, marquer de plus en plus d’essais sur ballons portés, domaine faiblard pendant si longtemps, j’avoue que je suis encore plus paumé.  Le débat, hier soir, autour de moi, portait d’ailleurs un peu sur ça : fallait-il tenter les pénalités que l’on joua en pénal-touches, à un moment où le score avait besoin d’être construit et conforté. Idée forte défendue par l’ami Jean Paul, qui, pourtant, ne fut pas, en son temps, un grand maître dans l’art du « ballon posé ». Plutôt observateur de ses potes Ollé, Agest et autres « fouteurs de coups de latte ». Certes, le coup de poker fonctionna deux fois positivement, mais il entraina, aussi, quelques suites moins favorables qui, sur la fin, tournèrent en ridicule… et provoquèrent même une situation qui risque de peser sur les ambitions européennes : la sortie sur blessure à la jambe de Colin Slade, parti, pied en avant, en sauvetage désespéré d’un lancer en fond de touche complètement raté.

Alors, comme mon ami Philippe me confie la mission quasiment impossible de faire preuve, dans ma chronique, d’optimisme… état d’âme qui a bien du mal, justement, à l’être… chronique, je préfèrerai m’attarder sur le super match fourni par Tom Taylor qui nous sauva par deux fois d’une correction pire encore, face à l’affolant ailier agenais, plutôt que de la calamiteuse soirée de ce pauvre Bastien Pourailly, de la prestation poussive du pack méconnaissable en terme de jeu collectif, d’envie, jambes lourdes et tête ailleurs. Peu de contests efficaces, encore moins de contre-rucks, pas de soutien collectif sur les pilonnages adversaires, des « gros » qui papillonnent inefficacement dans la ligne en prenant tous les ballons arrêtés, une défense bien loin des prestations auxquelles nous avions applaudi auparavant. L’optimisme, je le verrai dans la belle prestation agenaise, le courage constant de ses avants, leur combativité, la vitesse de ses lignes arrière dangereuses à chaque toucher de balle. Hier soir, ils n’ont pas volé leur maintien en Top 14.

Et pour la demi-finale à Cardiff ? Je suis comment, question moral ? Allez, Philippe, je vais te faire plaisir, je suis… pessimoptimiste… Celui-là, ce n’est pas notre président à nous qu’on a depuis deux ans qui l’a sorti d’un vieux dictionnaire poussiéreux, mais, bon prince, je le lui prête, il pourrait lui être utile en ces temps présidentiellement… délicats.

Allez, bonsoir à toutezétatous.

 



15/04/2018
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