la tribune d'en face

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Section Paloise 18-La Rochelle 15

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"Il serait souhaitable que l'arbitre ait la vue perçante et l'ouïe faible." (C. Gondouin)

 

Sûrement que parmi nous, y en a-t-il certains qui croient tout savoir, qu’ils n’ont plus rien à apprendre. Alors, j’ai bien envie de leur faire passer un petit test matinal, répondre à une question que je me suis posé ce matin en attaquant ma chroniquette. Com’ dab’, je recherche d’abord ma petite citation pour commencer ma page, quelque chose qui coïncide avec quelque fait du match auquel j’ai assisté la veille. Quelques mots que je tirerais de mon distributeur automatique de citations et qui colleraient au mieux. Et voilà ti pas que, dubitatif et circonspect, je découvre le nom de C.Gondouin. Alors, je vous le demande, vous qui n’ignorez rien de tout ce qui touche à l’ovalie : c’est qui, ce C.Gondouin, hein, c’est qui ? Un président de club déchu et déçu ? Un entraineur pas très entrainant? Un ancien coupeur de citrons à la retraite ? Un journaliste pas très à la page ? Un membre de l’Académie ;.. du rugby ? J’avoue que, moi, je n’en savais rien, avant que je ne me précipite, avisé et curieux, sur mon Google salvateur, manière que vous aussi en appreniez un peu plus du bonhomme (pourquoi, d’ailleurs, ne pas avoir pu imaginer, quel macho je suis !, que ce puisse être une femme ?). Car, je suis quasiment persuadé que vous êtes aussi ignares que moi en matière de « gondouineries ». Alors, voilà : Charles Gondouin (Charles, Numa, Marius, Adolphe) fut un joueur français de rugby du tout début du 20è siècle, décédé en 1947  et ayant évolué au poste de demi d'ouverture ou de mêlée, en équipe de France et au Racing club de France. Il fut également champion de France du saut de haies en 1900, médaille d’argent au tir à la corde (et, oui !)par équipes aux Jeux olympiques d'été de 1900, ainsi qu'un excellent joueur de golf. Il arbitra également la dernière finale de championnat d'avant la première guerre. Une pointure en matière de sport, en quelque sorte.

Et, oui, je sens, qu’à la lecture de cette information, votre bonheur est incommensurable, et ma fierté l’est tout autant d’avoir pu apporter autant à votre culture rugbystique.

Alors, vous vous dites : « le Yves, on le voit venir avec ses gros crampons ; il va nous servir sa diatribe venimeuse contre l’arbitre du match »… Vous me connaissez si bien. Et bien, au risque de vous surprendre, je n’en ferai rien ! Voilà ! « Pourquoi ce mutisme précautionneux et  hypocrite » vous direz-vous, alors, soliloquant dans votre coin. Tout simplement parce que ce que j’en dirais, ce ne serait que ce que j’ai entendu toute la partie, tout autour de moi de cet arbitre qui fut loin de faire l’unanimité, de la part des grincheux chroniques, des râleurs institutionnels, bien sûr, mais aussi des supporters plus posés et viscéralement enclins à calmer le jeu sur le chapitre « Salaud l’arbitre ». Ceux qui, à juste titre, s'offusquent des mots injurieux proférés contre le referee. Tous ces avis unanimes que j’ai entendus, et que vous avez sûrement dits ou pensés très fort, dans un match où le moins qu’on puisse dire c’est que M. Marchat sut à merveille déclencher des colères diverses et variées dans tous les coins du stade, en sanctionnant les Palois jusqu’à l’overdose.

Juste me demander pourquoi cet arbitre avait-il été désigné pour… encore, un match contre La Rochelle, alors que les précédentes rencontres entre ces deux équipes avaient donné lieu aussi à quelques « contestations » et qu’il est couru que ce n’est pas le grand amour entre lui et le public palois, depuis longtemps, depuis la période ProD2. N’aurait-on pas facilement pu trouver un chef d’orchestre qui n’avait jamais dirigé ces deux équipes, manière que le doute et les à-priori ne se mettent pas dans les têtes ?  Quel genre d’incident aurait-il pu en découler en cas de défaite paloise ? Le bâton pour se faire battre en quelque sorte.

 

Du match, il en ressortira, pour les Palois, une belle leçon de courage et d’abnégation ; cette envie de ne rien lâcher contre une belle équipe, très belle équipe, qui n’était pas venue à Pau pour, comme c’était dit, çà et là, « espérer un point de bonus défensif ». On avait, à leur sujet, parlé d’équipe dans le doute, qui n’était plus dans la dynamique du début de saison… Tu parles ! Ils ont bien failli nous jouer le vilain tour qui aurait anéanti définitivement les rêves palois de Top 6. Ça attendra, certes, mais que serait-il advenu si le Rochelais avait tenté et réussi une pénalité (une de plus … de celles qu’on n’arrivait plus à compter) au lieu d’avoir la gourmandise de nous planter un essai en tapant en touche. Heureusement, Mowen, énorme encore hier soir, grappillait la gonfle au nez et à la barbe impeccablement taillée d’un Vito tout aussi énorme : le Ben nous sauvait ainsi d’une déferlante qui se voulait funeste pour nos couleurs. Tout Ben-éfice, en quelque sorte. D’autant que ce fut aux Palois de reprendre la main dans la foulée pour un rush de la dernière chance, fort bien mené d’ailleurs, qui renvoya le jeu dans le camp jaune et noir… Et, cerise sur le gâteau, sans la moindre faute de main, ce mal récurrent qui gâcha la majeure partie de la prestation paloise.

 

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On connait la part finale que Daubagna, tellement impeccable hier soir qu’il joua tout le match, prit dans la victoire finale qui fit s’étouffer la sirène et hurler de bonheur les milliers de drapeaux verts et blancs. Un coup de pied de pénalité accordé après moult atermoiements arbitraux autour d’un déboulé palois dans l’en-but rochelais et qui fut infirmé par le drapeau souvent goguenard de M. Charabas, le « pote » à Marchat.

 

Le reste ? Pas un grand match au final. Mais la faute à qui ? N’y revenons pas, beaucoup ont la réponse. Une 1è partie emballante pour les Palois, avec deux essais magnifiques, Daubagna et Slade explosifs sur le premier, Votu supersonique sur le second. Ce qu’ils avaient su montrer dans les 5 matchs précédents, toutes compétitions confondues. Un bel espoir à la mi-temps au vu du matelas confortable de points, peu à peu, grignoté par des Rochelais dominateurs en deuxième partie. Pas du spectaculaire, mais du puissant et du méthodique d’une équipe qui a encore beaucoup à dire et à montrer dans ce championnat. Et ces Palois, souvent fébriles et « fauteurs », avouons-le, qui retournaient systématiquement dans leur camp à chaque fois qu’ils essayaient orgueilleusement de réagir  face à une situation carrément défavorable, de circonstances diverses et variées… Simplement, leur délicat passage à vide aurait-il pu être récompensé sur des ballons gardés dans les rucks par les Rochelais et que l’arbitre refusa de siffler en faveur des Palois. Même le pompier venu en démonstration pouvait les voir du haut de sa grande échelle !! Autre chapitre négatif : ce fut la blessure de Colin Slade, inquiétante pour lui et sa santé et pour la belle dynamique prometteuse qu’il avait su donner à son groupe. Un peu la même mésaventure qui avait contrarié la fin de saison dernière. Croisons les doigts pour tout, qu’il n’en soit rien, pour lui, d’abord, et l’équipe ensuite. Seule belle promesse née de cette sortie : l’entrée du jeune Hastoy qui tira avec culot son épingle du jeu final. On en reparlera assurément.

Autre hic, cette mêlée paloise qui se fit bradasser en quelques occasions… Aïe, aïe !!

Allez, on se calme, on tourne cette drôle de page. En rêvant de plus spectaculaire et de moins crispant avec le printemps revenu.

 



11/03/2018
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