la tribune d'en face

la tribune d'en face

Section Paloise 12 – USA Perpignan 9

 

Y a de l’humidité dans l’air !

 

Ouf, ça y est, tout est bien qui finit bien ; le stade de la Croix du Prince a retrouvé ses normes, c’est énorme… Youpii ! Cinquante petits centimètres, qu’on a rabiotés, rien qui ait pu justifier que je me prenne le chou dans ma dernière chronique. Pas de quoi fouetter un chat, me direz-vous. Et moi qui déjà me prenais la tête pour tenter de trouver des solutions à cette crise des Espoirs qui me mettait au désespoir. Et de me demander, à la fois admiratif et le sang glacé de terreur, comment, depuis 1910, des générations de joueurs, de Desclaux à Cabannes, de Carmouze à Capdouze, de Moncla à Mariné, de Basly à Hastoy, de Conderanne à Fumat, ne se sont-ils pas fracassés le crâne sur ces mains courantes assassines. Quel courage et quel talent il vous fallut, mes amis, pour arriver à éviter les Estève, Spanghero, Clémente ou Bastiat, gonflés à bloc, lancés comme des V2 pour vous faire « goûter » aux talanquères ! Et moi qui, du bord de la touche, ne me doutais pas une seconde des risques que vous preniez… Me pardonnerez-vous cette insouciance coupable ?

Aussi, pour que continue à vivre ce stade, avais-je imaginé quelques solutions pertinentes, manière d’apporter ma pierre à l’édifice. Pas question de ne jouer qu’à 14 ou 13, non, pas question, même si le terrain aura quelque peu rétréci, mais je pensais, par exemple, qu’on aurait pu interdire les placages dans la zone des 15 m et n’autoriser les rucks qu’entre les 22, en jouant à toucher à l’approche des limites du terrain. Une autre idée, que je trouvais géniale, était de ne faire jouer que des joueurs aux normes que j’appelerai « Normes Dahu » : ils auraient tous la jambe extérieure plus longue que l’autre, manière que leur course les ramène toujours vers le centre du terrain. On aurait pu aussi leur raccourcir les bras pour qu’ils plongent juste derrière la ligne, pas trop loin dans l’en-but. 

Pour ce qui est de la tribune devenue dangereuse, l’idée d’enlever des gradins pour en interdire l’entrée est géniale ! Elle va pouvoir continuer ainsi de pourrir sans être dérangée et jusqu’à effondrement complet. « C’en sera fini du gradé qui drague dans des gradins dégradés » (à répéter 5 fois sans respirer). Une  « tribune à trous » en quelque sorte, la seule en Béarn… et ailleurs… qui ne serve à rien. A charge aux supporters de s’amener son siège-camping pliant… et son poncho en cas de météo incertaine.

Autre dernière idée, comme un l’espoir du désespoir : Stéphane Bern classe le stade de la Croix du Prince parmi les 2000 sites en péril de notre patrimoine,  organise un loto et le tour est joué !

 

*  *  *

Et maintenant, ma petite devinette du week-end :

Ric et Rac sont sur un bateau (vu de loin, ça me semble bien être, d’ailleurs, une belle galère…). Ric et Rac tombent à l’eau, sous un déluge de pluie automnal… Qui reste-t-il à bord ?

- Personne…

- Perdu ! Il reste Pince-moi et Coup … de bol, qui s’étaient cachés sournoisement au fond du bateau au pire de l’averse. Heureusement, ils ont été sauvés du naufrage, à la dernière seconde, par une sirène providentielle qui passait par là ? Mais ce fut… ric rac…

 

Serait-on revenu aux pires heures de la ProD2, quand courageusement, au creux de l’hiver, il fallait se coltiner du Bourgoin, de l’Oyo, du Lannemezan ou du Bourg en Bresse, insipides et sédatifs à souhait. Car, c’est bien de cela qu’il s’est agi hier soir au Hameau : un match de début de saison de deux équipes de Pro D2 qui n’ont pas encore mis la marche avant. Le tout copieusement arrosé d’une pluie battante qui occupa plus le public en quête d’abri salvateur que le match lui-même. Cul mouillé et tête dans le seau.

Une entame convenable de nos chouchous nous laissait présager le meilleur ; oh, pas du point bonus offensif comme claironné de ci de là par quelques rêveurs bien peu réalistes sur les qualités affichées ces derniers temps par nos Palois et les difficultés qu’impose le haut niveau à enquiller les essais. Non, juste l’espoir de voir le planchot se sécuriser d’entrée et le match rester plaisant un petit bout de temps. On se surprit même à apprécier que l’on jouât les pénalités au lieu de les tenter. Forfanterie coupable du coach, manque de respect pour le Catalan ? Toujours est-il que le promu n’avait pas envie de laisser la tramontane lui souffler aux oreilles trop longtemps : il prit vite le match à son compte brouillant les cartes du jeu béarnais. Nos Verts et Blancs se mirent à déjouer, dégueulant leurs béchigues à qui mieux mieux, trainant comme misère leurs crampons lourdauds sur la pelouse, comme un remake du Pau-Agen dernier, de triste mémoire. Et pour ajouter aux doutes de ses supporters, on déconnait les touches comme jamais, le cul pesant, alors qu’on se montrait, ma foi, pas mal dans le domaine de la mêlée qui avait tant fait douter face à Clermont et au Stade français. Aucun fil conducteur, aucune organisation collective, ou si peu, qui puisse faire se lever le supporter en recherche d’espoir et d’enthousiasme. Ok, il manque les patrons, les pilotes de la machine, certains sont blessés, d’autres sont partis… mais va bien falloir que l’ombre de Julien Pierre cesse  de planer au-dessus du Hameau et qu’on se réveille… Sinon… Une belle page est tournée, à ceux qui restent de s’en faire une autre à force d’envie et de cohésion… A moins qu’une bactérie secrète, ignorée des foules, sévisse dans les vestiaires… comme un mal incontrôlable et perfide qui enflerait tellement qu’elle finirait par en forcer la porte… je dis ça, je dis rien… je crains, c’est tout.

Et derrière, ce n’était pas mieux : Antoine Hastoy, qui n’avait pas le droit de se planter après sa brillante prestation agenaise, faisait le job, relançant même une fois dans ses 22 avec autorité. Mais qui, ensuite, se montra dangereux ? On larguait des ballons au pied comme si on voulait s’en débarrasser, à l’image d’un Julien Fumat qui montra, hier soir, ses limites. Et, au bout de la ligne, le seul capable de remuer le cocotier, Votu, si brillant et efficace la saison dernière, commençait à moisir sous les ondées, récupérant des ballons presque à l’insu de son plein gré.

Il faut dire qu’à force de n’avoir jamais la même ligne de trois-quarts sur le papier, il y a de quoi y perdre ses pédales et son latin (je dis latin parce que tout le monde ne parle pas le béarnais !). Là aussi Conrad Smith a laissé des traces, et si le papy ne faisait plus le show à l’approche de la retraite, au moins apportait-il une sérénité fort appréciable.

Non, hier soir Perpignan ne méritait pas de perdre, Pau ne méritait pas de gagner. Et quand M. Lafon siffla la pénalité « providentielle » contre l’avis de Château (ouppss !), en voyant le gamin taper tranquillou, malgré le chambrage mesquin d’Acébès, je me suis dit tout d’abord : « ce petit-là , faut qu’on se le cajole » et ensuite : « cette pénalité qu’il met à cet instant, elle risque de valoir cher au décompte final ».

D’ici là, on aura bien serré les fesses quand viendront les équipes du haut de tableau… dont la liste, hélas, s’agrandit trop, alors que, d’évidence, la Section Paloise est bien hors des clous posés pour atteindre ce Top 6 tant claironné.

 

 Moralité (de toute cette soirée tourmentée et humide) : « N’essaie pas d’avoir le sommet avant d’avoir usapiste ». (Re-ouppss !)



07/10/2018
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