la tribune d'en face

la tribune d'en face

Racing92 23-Section Paloise 20

 "Je préfère ceux qui chantent sur le terrain que ceux qui chantent sous la douche." (Maurice Prat)

 

 

 

Maurice Prat... Si j’ai ressorti cette citation du grand joueur qu’il fut, lui qui porta 31fois le maillot tricolore et fit la gloire du FC Lourdais, avec son frère Jean, les Labazuy, Martine, Lacaze, Rancoule… Lourdes, liste interminable de glorieux joueurs… multitude de titres nationaux à la clé, c’est pour me souvenir des matchs épiques de mon enfance, au stade Yves du Manoir à Colombes, « clameurs de l’enfance », qui nous faisaient attendre avec impatience le Tournoi, Crauste, Bala, Pipiou Dupuy, les Boni and others boys, Te deum de Charpentier plein les oreilles sur fond de générique en noir et blanc, Roger Couderc, la voix rocailleuse top « micro et chauvinisme » pour tresser des couronnes inconditionnelles à ses « petits ».

 

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Premières découvertes du rugby : notre instituteur à l'école Léon Say, M. Dubourg, grand supporter de la Section, jusqu’à son dernier souffle, nous réunissait devant la « téloche »  … à une époque où « il y avait école »  le Samedi après-midi. Pas de dictées, pas de problèmes tordus ... juste la récompense d’une semaine studieuse et appliquée.

 

 

Quelques années plus tard, on trouvait dans les kiosques, pour les passionnés du polar, les bouquins de Jean Bruce dont les titres étaient, à eux seuls des best-sellers du jeu de mots : « Atout cœur à Tokyo », « Moche coup à Moscou », « Zizanie en Asie », « Alibi en Libye » et « Maldonne à Lisbonne ».

 

Si je peux me permettre, et pour en revenir à l’ambiance, ce Samedi, dans le stade parisien en question, j’ai bien envie moi aussi de faire du Jean Bruce. Alors, je titrerai « Panne d’âme à Paname » en revoyant cette « tribune d’en face » à moitié vide, bien indigne des clameurs d’antan. Juste quelques Béarnais de Paris bruyants de la honhada, venus se décevoir d’un match insipide, bien loin de celui qui l’avait précédé de quelques centaines de minutes, un Stade Toulousain-UBB ludique et emballant.

 

Et pour continuer avec notre auteur de policiers et parler du match proprement dit, j’opterai plutôt pour « On n’a pas ri à Paris ».

 

Pourtant… pourtant… Comme on a coutume de dire : « Y avait la place ». Non pas que la Section ait montré grand-chose de talent, d’aisance et de maîtrise.  Bien loin des ambitions annoncées… et répétées en boucle avant chaque match, sans résultat concret sur le pré, sans qu’il y ait matière à s’enthousiasmer. Et redire les mêmes choses pour conclure : qu’on n’a pas su ceci, qu’on aurait dû cela et patati et patata. Et quand je repense à l’enthousiasme qu’a mis Agen pour battre Toulon, je me dis que la Section est bien plus près du bas du tableau que du Top 6, ambition affirmée avec, hélas, de moins en moins d’enthousiasme.

 

Non, la Section n’a pas montré grand-chose, grandement en manque d’un ou deux leaders capables de donner de grands shoots dans la fourmilière, secouer le cocotier et mettre l’équipe sur les rails. On joue au rugby, c’est tout… et le supporter regarde…c’est tout.

 

Et pourtant, oui, y avait la place, face à une équipe que, personnellement, j’imaginais bien meilleure, pensant même qu’il n’y avait pas grand-chose à espérer de ce voyage en capitale.  Mais, cette place, on n’a pas su la prendre alors qu’on dominait la partie et qu’on a lâché le morceau au moment où il fallait tenir, distribution de cartons jaunes à l’appui, fort bien venus, la sirène approchant, pour Macheneau et ses potes.

 

Alors, Simon Mannix pourra toujours se lamenter sur l’essai accordé à Nakarawa en première mi-temps. Comment lui donner tort ? Sûrement qu’une caméra souterraine se trouvait juste sous le ballon au moment où le Fidjien a aplati, pour permettre à M. Poite d’être aussi certain de sa décision. Mais, sa colère passée, est-ce que Simon Mannix n’aurait pas lui aussi besoin de faire un peu d’introspection et se demander quelle est sa part de responsabilité dans l’échec de ce soir bien sûr, mais aussi dans les résultats précédents au Hameau et dans le jeu fourni, plus généralement par nos Verts et Blancs ? Gesticulations et éclats de voix ne nuiraient-ils/elles pas (écriture inclusive au goût du jour) à la sérénité du moment, quand ça tourne au vinaigre, quand les mouches changent d’âne.

 

Finalement, j’ai comme l’impression que la saison des Palois est en train d’entrer dans une phase « popote » ; bien peu d’ambition vers le haut, pas de crainte vers le bas, on va gérer la saison en attendant la suivante. On va juste se contenter, comme hier, de « ramener un point à la maison »… Un petit point par ci, un petit point par là... en se disant, ouf, qu’il y en aura bien assez, au bout du compte, pour laisser Oyonnax et Agen à quelques encablures, suffisantes pour ne pas finir au trou.

 

Et le supporter, fataliste et routinier, ira au Hameau comme il va chercher son pain, ou se laver les dents… Et il faudrait qu’il soit enthousiaste, flonflonneur et chantant ? Pas facile !!

 

 

 

Putain de météo ! Dès qu’il tombe quatre gouttes et que le thermomètre perd cinq degrés, on a le moral dans les pantoufles et on voit tout en gris… Vert de gris, même.

 

* * *

 

Une parenthèse pour revenir sur le bouquin-hommage à Michel Ollé. L’imprimeur a mis les rotatives en pré-chauffage ; quant au trésorier, il a décidé que le produit de la vente irait à l’Ecole de Rugby de la Section Paloise. Voilà une idée qu’elle est bonne… et suffisante pour que chacun se précipite pour se le procurer dès sa sortie ! Incessamment sous peu.

 



05/11/2017
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