la tribune d'en face

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Pau 40 - UBB 23

 

Un ouf de ouf !

 

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Autour de moi, chacun se gratte la tête, se tord le cou avec un regard dubitatif. On scrute l’écran, là-bas, au coin de la tribune d’en face, un peu trop éloigné pour nos yeux vieillissants. Faut dire que ça faisait tellement longtemps que ça n’était pas arrivé d’y voir un tel score. Au point que personne ne sait plus combien d’essais ont été marqués par ses chouchous… Tellement devenu rare… un tel palmarès.

Gérard, à côté de moi, s’interroge : « Tu lis combien ? Trois ou quatre ? » Un peu comme si le chiffre 4 tenait du miracle, oublié qu’il était depuis tant de matchs poussifs. Peine, aussi à croire qu’on se le tient, ce « putain de bonus offensif ». Et contre l’ UBB en plus. L’UBB qui se régale dans les hauteurs du classement… Là où, il y a trois mois encore, on se gargarisait de pouvoir arriver. UBB, il y a une heure encore, ce pouvait vouloir dire Une Belle Branlée… Et maintenant, c’est devenu Un Bon Bonus. La branlée, ce sont eux qui sont en train de se la prendre.  Incroyable, inenvisageable, utopique, chimérique

Mais comme on a pris l’habitude de rester prudent, on se calme tout en regardant le chrono, là-bas en face. Il reste vingt minutes, le temps qu’il faut d’habitude aux Palois pour se faire remonter, épuisés qu’ils sont  par une débauche d’énergie mais aussi une forme un peu « courte ».

Mais comme il est dit que l’UBB boira la soupe jusqu’au fond de la marmite, Poirot prend le bouillon : un deuxième carton girondin qui vient grandement arranger la situation. Lespiaucq harangue la foule, lui qui, dès la 11è mn, a déjà inauguré son planchot, comme s’il n’avait pas cessé de jouer depuis plusieurs semaines. Un sacré personnage, avouons-le, tout de même ! Et, joignant le geste à la parole, il s’offre un deuxième essai, synonyme de Honhada à l’unisson, tambourinades tambourinantes, éclats de voix enthousiastes et bras levés victorieux. Tout ce qu’on ne faisait plus que très rarement, les gradins du Hameau ayant chopé une épidémie de « soumissionnite aïgue ». Manque juste qu’une petite ola qui réchaufferait le supporter transi. Peut-être se l‘est-il gardée pour le match contre Castres ?

 

Pourtant, tout avait fort mal débuté pour les nôtres : se prendre un essai dès la première minute, ce n’est pas le genre de record qu’il faut tenter de battre trop souvent… Le supporter autour de moi, est fragile et sujet à des problèmes émotionnels qui pourraient entamer leur intégrité physique ! Dans les travées, ça fulmine, ça rumine, ça fait grise mine… Roumat est venu mettre ses grandes échasses dans notre en-but, et ça commence déjà à sentir le pâté, avant même que l’arbitre n’ait eu le temps de nous jouer l’Ouverture de son « Concerto pour sifflet à roulette et arbitrage vidéo ».

Heureusement, le Palois a décidé d’être réactif et de ne pas laisser son adversaire être trop Serin. On voit un Adriansse comme on ne l’a jamais vu : au four et au moulin, pas esthétique, souvent pataud, mais diablement efficace au ras des pâquerettes. Votu, qui vient de s’apercevoir que la saison était enfin commencée, se démultiplie, au moulin et au four, sans tous les coins du terrain. Celui qui avait l’air de s’ennuyer sans son Conrad fait feu de tous bois. Armitage, toujours égal à lui-même, continue avec une impressionnante abnégation son travail de grattage et de tirage. On plaque, replaque, surplaque. Comme un remake du match contre La Rochelle. L’issu en sera-t-il le même et ne s’effondrera-t-on pas après les citrons ? Serin, qui se fait oublier, ne sortira-t-il pas un coup de Trafalgar fatal qui nous mettra dans de beaux radrapdraps ?

Mais, comme pour arranger la sauce, Gorgadze s’offre son premier carton de la journée. Du rouge impitoyable qui va bien faire l’affaire des Palois et enrayer la machine girondine. L’arbitre a bien tergiversé un peu, planté devant sa « grande télé » mais aurait-il été logique qu’il n’aille pas au bout de sa décision après la polémique du match précédent ? Oui, il est grand temps que le corps arbitral se montre plus inflexible et n’hésite pas malgré toutes les influences diverses et variées qui peuvent le faire hésiter. Il y va de sa crédibilité dans un sport devenu bigrement compliqué à gérer.

Forts de cette opportunité, les Palois ne lâchent rien du morceau qui aurait pu leur rester en travers de la gorge. Oh, on s’offre bien quelques petites cagades… faut pas que le supporter se déshabitue trop vite… Mais, pour une fois, elles n’ont pas conséquences fâcheuses.

Et même si le public s’attend à tout qui pourrait tourner au néfaste, nos Verts et Blancs se montrent constants en défense, courageux et organisés. Les groupés s’organisent et on pilonne la ligne adverse, forts du surnombre. Le jeune Delannoy s’y colle efficacement, preuve que l’on a trop tardé à l’intégrer dans l’équipe. De quoi rassurer ses copains de seconde ligne, sur lesquels on a trop tiré sur la couenne. L’occasion de redire au staff que l’absence des jeunes recrues s’éternisait un peu trop.

 

Et comme le Palois n’est pas chiche , on laisse Lesgourgue s’offrir un gymkhana dont il a le secret pour planter à la sirène, le bonus palois étant laaargement sécurisé, à la satisfaction générale.

 

Que restera-t-il de ce match quand la Section va se présenter en terre catalane ? Le Sang et Or voudra sauver son honneur perdu ? Le Vert et Blanc pourra-t-il l’en empêcher ? Il ira là-bas fort d’une belle victoire mais, surtout, que l’arbre ne cache pas déjà la forêt. Trop tendance à se croire trop vite arrivé. A 15 contre 15, l’UBB n’aurait pas pris cette tôle. Même pas notre victoire certaine. Assurément, ce n’était pas leur jour, c’était celui, devenu primordial, vital même, des Palois.

Et si je n’étais guère optimiste sur les quatre matchs à venir, la prestation paloise aurait plutôt tendance à me faire changer d’idée. Faudrait pas en prendre 40 à Perpignan pour me remettre au fond du trou !

 

***

Une belle soirée, Vendredi , au Pilota où toute la famille Section Paloise était réunie pour attribuer les Trophées à tous ces jeunes qui font briller les couleurs vertes et blanches, dans tous les sports pratiqués par le club. Plus de 200 personnes autour de Christian Loustaudine, le président Omni-Sports.

J’en retiendrai les hommages à deux figures, typiques de ce que l’on peut donner au rugby :

- Marc Declaux, le Garlinois, qui fut un éminent arbitre, entraineur et dirigeant pendant 60 ans de sa vie

 

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-« Tintin » Tourenne qui resta longtemps le soigneur de l’équipe Première de la Section avant le passage au professionnalisme.  Des milliers de kilomètres dans toute la France, des milliers d’heures au bord des terrains au service de son club.

Trophées SP        4 Janvier 2019 (28) (Copier).JPG

 

Chapeau, Messieurs.

 

 

 

 

 



06/01/2019
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