la tribune d'en face

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Montpellier 45- Section Paloise 13

 

 On aura tout vu … Je crois rêver ! Après avoir dû accepter avec le sourire l’injonction amicale qui m’avait été faite de continuer à vous abreuver de mes délires pendant la prochaine saison de Top14, style « faisons encore l’amour avant de nous dire adieu », voici que maintenant il faudrait que je me plie à une exigence nouvelle, limite tarabustage, quasiment une vilipende : mon lecteur voudrait que je lui livre mon texte en temps et en heure, comme on te livre une tonne de fraises avant l’ouverture du magasin, « rugby sur l’ongle », pour son petit déjeuner du dimanche matin, comme une confiture qu’il étalerait sur son croissant encore fumant, comme une dope indispensable qui boosterait son activité vélocipédique, son footing réparateur, sa messe dominicale ou son exceptionnel câlin hebdomadaire. Manque de bol… (c’est le cas de le dire en ces dégustations matinales), mon cerveau a quelque peine à démarrer le moindre commentaire sur les 23 heures, dès le coup de sifflet final, alors que le bâillement se fait de plus en plus pressant, alors que je suis encore sous les effets malfaisants de la passion et du chauvinisme, que même un tranxène n’aurait pas plus d’effet qu’un  calisson d’Aix, une bêtise de Cambrai ou un caillou de Lourdes. Mettre mes circonvolutions cérébrales en repos nocturne, laisser décanter mes emportements demandent une bonne nuit de sommeil. Et le besoin quasiment sadiquo-pédagogique de l’instit que je fus de me donner le temps, pour bonifier mon propos, de chercher quelques mots tarabiscotés, qui fasse phosphorer mon interlocuteur ou lui faire sortir du fond de son grenier un salvateur dico bien poussiéreux. Le Petit Robert au service du Top 14, qui d’autre pouvait donc y penser que le farfelu qui vous écrit ici ? Un recyclage « spécial Langue française » : un service gratuit offert par celui que certains d’entre vous surnomment « le poète ».   

 

Alors, comme tout ce qui touche à votre réflexion et à votre jugement m’est cher, comme j’aurais quelque fierté à me dire que je suis pour un peu dans votre lutte contre le vieillissement de vos neurones, je vous propose en ces périodes pré-bachelières de prendre une copie double, de mettre, au coin en haut à gauche, votre nom, prénom et votre classe, comme en nos bons vieux temps potaches, et de philosopher sur cette question :

« Est-il absurde de désirer l'impossible ? ».

 Vous avez deux heures et ne copiez pas sur votre voisin.

Allez, comme je ne voudrais pas que vous me preniez en grippe, je vous propose deux voies pour aider votre recherche :

- une réflexion de  Pierre Choderlos de Laclos dans Les liaisons dangereuses : « Quelque douce que soit notre illusion, n'allons pas croire qu'elle puisse être durable. » 

- un match de rugby qui a eu lieu le 28 Avril 2018 à Montpellier entre l’équipe locale et la Section Paloise.

Et comme je me dis qu’à tous les sens du terme, « Les liaisons dangereuses » ne sont plus tellement votre tasse de thé… (c’est le cas de le dire en ces dégustations matinales), c’est plutôt vers les évolutions hérautiques de nos chouchous verts et blancs que je vous suggère de porter votre cogitation.

Car des illusions nous eûmes pendant 40 mn, au point que le rêve fou nous titilla même à s’en mettre les nerfs à fleur de Pau. A en faire douter le mastodonte bleu.

Et si Martin Puech se lâche un peu ce matin, sur les ondes, en commentant les décisions de l’arbitre,  et puisqu’on me trouve parfois trop gentil dans mes commentaires, j’abonderai dans son sens : non, l’arbitre ne nous a rien épargné. En particulier en première mi-temps, où il se montra bien peu équitable en matière de « contest », ne voyant que très rarement les mains paloises d’Hammadache, des Irlandais ou de Puech sur les ballons montpelliérains tenus au sol alors que l’adversaire fut souvent récompensé sur des entassements dans lesquels il eut, le Bleu, les coudées franches pour tout détruire à loisir. Il se montra avare de sanction quand un en-avant volontaire vint enrayer une belle attaque paloise en pleine période de domination. Thomas aurait pu aussi offrir un bel essai après une percée magistrale quelques minutes avant

Et les Héraultais menés à la mi-temps, ce n’aurait pas été un scénario scandaleux pour… titiller nos illusions et alimenter nos rêves.

Las, la 2è mi-temps ne fut pas du même acabit : la « Bête » se fâcha et les Palois eurent trop souvent l’occasion d’aller voir derrière leur ligne si l’herbe était plus verte.

Il y eut aussi une relance suicidaire de Fumat qui offrit un bel essai aux adversaires du jour, un Vatubua toujours aussi « désestruc », ballons lâchés à gogo, une mêlée en souffrance en plusieurs occasions : il n’en fallait pas plus pour que Cruden se régale et que Picamoles se balade.

Certes, on tentait de jouer, de se faire des passes, de relancer, mais l’efficacité manquait cruellement, au point que c’en devenait exaspérant. Alors qu’en face, on se la jouait façon « Caterpillar » sous le regard attendri de l’arbitre qui ne bronchait pas aux charges destructrices du n° 5 Wilemse qui faisait allègrement plonger ses 136 kg dans les coustètes paloises, avec 10 m d’élan, pour une plus grande efficacité. Tout ce qui me fait pester, hurler, vitupérer tout au long des matchs au sujet de cette règle funeste du « plongeon de la mort » que les arbitres approuvent et qui, hélas, nous donnera encore cette année, une finale soporifique d’entassements et de rentre-dedans incessants. Et une belle liste d’attente dans les EHPAD pour les années à venir.

 

« Comme des vagues de tempête qui détruisent inexorablement le rugby des merveilles ». Yves Coup, poète fantoche,farfelu   et déjanté du XXIè siècle  dans « La Tribune d’en face » (2018)

 

***

Et voilà, comme dab, je ne savais pas quoi écrire et je me retrouve avec une longue tartine.

 

Pourtant j’avais bien envie de vous parler de la finale du Championnat du Béarn Honneur, la dernière « ad eternam » qui a vu mon Gan Olympique s’adjuger le trophée au dépend du BO… le Bénéjacq Olympique. Un beau symbole pour moi, que cette victoire, puisque je retrouve dans cette équipe joueuse, un des premiers élèves de ma jeune carrière, Pierre Niéto, l’entraineur, un petit CP, qui arriva à l’école de Gan quand ma retraite était proche, Alexandre Massé, le talonneur, dont j’eus la maman comme élève, et un ancien parent d’élève devenu président du GO, Michel Cambon. Bravo à eux et à leurs copains pour la joie qu’ils nous donnèrent à Serres-Castet.

 

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* * *

La veille, j’avais passé la soirée avec l’Amicale des Arbitres Honneur du Rugby Béarnais, invité par son président Ricou Lalanne.

On y parla du mal qui frappe un des plus brillants arbitres du Comité, Jean Pierre Matheu, atteint par l’impitoyable maladie de Charcot.  Les arbitres voulurent ce soir-là,  et le lendemain, à Serres-Castet, redire  le soutien de leur corporation et du monde du rugby à la lutte de leur copain et rappeler qu’il a créé une fondation http://www.slafr.fr pour recueillir des dons afin de lutter contre ce mal neurodégénératif qui, pour l’instant, reste, hélas, incurable. Aucun geste ne sera superflu.



29/04/2018
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