la tribune d'en face

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Grenoble 21-Section Paloise 24

 

 

Et un voyage profitable… Un…

On en redemande.

 

« Loin des yeux, loin du cœur » écrivait le poète. C’est vrai que, perso, cette semaine, j’ai du mal à me mettre dans l’ambiance, à trouver le starter pour me mettre à délirer, dégoiser, déblatérer, cancaner alors que nos poulains trainent leurs crampons loin de leur ville-patrie. Qui plus est quand ils sont forcés de « changer de chaîne » : l’air des Alpes n’a rien de vivifiant à côté de celui des Pyrénées, cet air qui une semaine auparavant fit le malheur des Toulonnais.  Les bords de l’Isère seront-ils accueillants pour les nôtres, eux qui ne trouvent bonheur que sur les rives des gaves ?

« Que vais-je donc pouvoir trouver comme angle d’attaque », c’est la question que je me pose encore, alors que je suis en flânerie au forum des associations de Jurançon où je suis venu saluer mes copains cyclos. « Qu’est-ce qu’il va nous écrire » ? Interrogatif devant mes craintes épistolaires, Michel Bernos, le maire de la ville, en tournée de « toque manettes » auprès de ses administrés, vient s’enquérir de mes hésitations, en me toquant, la mienne, de manette... Il me propose alors une « ouverture »… chose qui, en politique, n’est pas toujours facile : une  question empreinte d’inquiétude qui me permettrait de démarrer ma bafouille. Oh, rien qui ait un rapport avec les futures élections européennes, ni qui fasse penser aux prochaines municipales sur les bords du Néez. Pas plus qu’en rapport avec mon opinion sur la « macronie ». Non, juste : « Est-ce que l’ours béarnais peut-il coloniser les Alpes » me propose-t-il avec un petit sourire en coin  empreint de malice… Est-ce le bruit autour de nous ? Ai-je compris « l’ours béarnais » ou « l’ours bernie » qu’il a prononcé ? Car la nuance est d’importance en ses temps pastoralement agités du côté des estives aspoises. Et M.le maire de continuer sa tournée diplomatique sur le stade me laissant là dubitatif, moi qui ai, comme vous tous, pu suivre tour à tour, cette semaine, la vilaine colère de bergers anti-ours du côté d’Etsaut et l’histoire d’amour, façon Closer, de nos deux mascottes peluchées, la paluche dans la paluche, sur le stade ensoleillé du Hameau. Preuve que les accouplements d’ours, ça ne laisse personne indifférent… aucun doute ! Avec, hélas, des réactions fort opposées. Quant à moi, fataliste et molasson, n’aurai-je pas un peu trop tendance à me laisser aller, face à ces émois ursins : en quelque sorte, un vieux Baloo au milieu de la jungle et qui, comme beaucoup, ne fait pas l’effort de sortir d’Hulot.

 

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* * *

 

« Ne me parlez pas de Grenoble » qu’il disait Fernand Raynaud, un humour que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.

Eh bien oui, parlons-en, de Grenoble !

Il a plu de grosses gouttes sur Gan ce dimanche. Juste assez pour laisser mon vélo au garage. Mêm’ pas fatigué pour m’avachir dans mon fauteuil, sur le coup de « midi et quelque », téloche grande allumée. « Midi et quelque », là aussi, il faut vraiment être mouton… ou brebis… pour se faire bouffer à accepter un tel horaire pour voir un match de rugby. L’heure où, à l’époque, on sortait à peine du bistrot du village après l’apéro dominical, son devoir de dévot accompli auprès de M. le curé.  Et oui, la messe, d’ecclésiastique est devenu médiatique, l’écran de télé a remplacé l’autel, la télécommande a terrassé le blanc limé, la quête du dimanche s’est transformée en abonnement au dieu CanalPlus. Isabelle a supplanté la Vierge Marie, Chabal s’est fait petit Jésus et Bayle remplace en chaire l’abbé de l’église St Jacques.

Venons-en au match.

Les Palois ont du mal à se lancer et Grenoble ouvre la marque grâce à un Pyrénéen Cap et tot : Pourteau, l’Arudyen, d’un beau coup de pied, dicte haut sa loi… (Celle-là, je la trouve pas mal…). Taylor se plante, Mogg itou… mais au fond, il fait bien puisque, s’il avait réussi, on n’aurait pas pu, aussitôt après, apprécier sa valise, passage en revue millimétré, olé, esquive, accélération, et tout le tintouin. Du grand art. Tout ce qu’il faut pour rassurer le staff sur l’opportunité de son recrutement, surtout si on y ajoute deux ou trois autres biscouettes de classe et un coup de pied « Top longueur et précision ».

Hélas, quelques imprécisions, des passes ratées, du soutien trop tardif, et nos Palois peinent à faire le trou ; comme l’idée qu’ils ne sont pas encore dans une configuration Top 6 comme Clermont ou le Racing. Cette petite précision que maîtrisent les « Gros » et que n’ont pas… encore… les Palois.

Jaloux, Blanc se fait une Mogg copiée-collée, peu après. La défense de Grenoble a ressorti une vieille passoire, les Palois en profitent. 

Début 2è mi temps, l’Isérois se rebiffe, brouillon et bourrin ; ça défend dur côté Verts et Blancs mais on se montre, malgré tout, incapable d’imposer son jeu. On gâche encore trop dans la construction, Grenoble se faisant un devoir de les y imiter.

Dans un style différent de son nouveau collègue, Daubagna vient mettre, indéniablement, de la vitesse dans les actions paloises ; ça donne, ça donne, vite et bien, ça enchaine, et chacun vient se proposer. Même Adriansse qui offre un petit matelas de points fort utile en plongeant en bonne place sous les poteaux.

Las, l’essai grenoblois à quelques encablures de la sirène, vient perturber ma quiétude de supporter rassuré. Le Grenoblois s’y colle alors qu’il reste cinq minutes.

Zozo, mon perroquet vient de tomber de son perchoir, le chevreuil, caché dans le bosquet proche, s’enfuit, terrorisé : à 15 secondes de la fin, alors que Pau tient le ballon, de façon quasi définitive, je viens de pousser un tel hurlement, proféré de tels jurons fleuris de quelques noms d’oiseaux que mes murs en tremblent encore… Non, M. Ruiz, je ne m’habituerai jamais à votre arbitrage… façon   de vous dire que j’ai eu le sentiment à ce moment-là, quand vous nous pénalisez, que vous vouliez nous faire perdre « Notre » match.

Qu’en des termes élégants ces choses-là sont dites… Ce ne sont pas pourtant ceux que ma femme a bien entendus.

Heureusement, une faute grenobloise concluait l’échange.

 

Et « L’ours Bernie avait colonisé les Alpes ».

 

Qu’est-ce qu’on fait contre Clermont ? On gagne ? « Les marchands de pneus », ils vont nous mettre la pression, sûr ! Va falloir jouer gonflés et on va finir sur les jantes. Mais, bon, pourquoi pas…

 

Quelques images prises sur l'écran

 

DSCN6684.JPGDSCN6696.JPGDSCN6695.JPGDSCN6690.JPGDSCN6692.JPGDSCN6699.JPG
 


 

 



09/09/2018
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