la tribune d'en face

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Castres 37-Section Paloise 10

 Qu’est-ce qu’on a dégusté !

 

Je voudrais vous y voir, vous, si vous deviez vous mettre à écrire une chronique alors que vous en avez envie comme d’aller vous faire pendre, motivation en berne, alors que vous êtes pris d’une envie incommensurable d’aller prendre l’air, alors que vos copains vous attendent pour faire votre sortie hebdomadaire « à bécane », surpris qu’ils sont par votre défaitisme inhabituel.

Mais, voilà, vous vous êtes fixé un contrat moral, entre votre personne et vous-même : pas question de déroger, même si, la veille au soir, vos chouchous-rugby vous ont fait subir une bien triste soirée, que vous vous passeriez bien de commenter, au risque de fâcher vos lecteurs fidèles. Vous demandant même si, au comble de leur déception, ils ne vont pas appuyer sur la touche «Suppr » dès sa réception, comme, en larmes, on déchire une lettre de rupture amoureuse.

Alors vous tournez, virez, devant votre ordi, faisant craquer vos doigts, phalange après phalange, vous grattez votre tête… scrountch, scrountch… balançant d’une fesse sur l’autre. L’impression de devoir vous lancer d’en haut du plongeoir du Stade Nautique ... et que la piscine est vide.

Vous aviez bien cogité deux jours avant le match pour trouver une « porte d’entrée » originale ; un entrefilet sur votre quotidien vous avait titillé les neurones : les food-trucks du Hameau avaient quelques soucis à trouver leur place dans l’enceinte du stade et le faisaient savoir. Food-truck, nom barbare, sorti du dictionnaire de Trump… comme si notre bonne langue française  n’avait pas les termes adéquats pour nommer « un camion mobile pour faire à manger les gens ». « Bahut-bouffe » serait un tantinet argotique, mais « Resto-mobile » plutôt chic. Food-truck… boof…Avec, en plus, le risque d’entendre « foot-truc », qui serait quelque chose comme un ballon de foot… ou, pire, une magouille du PSG de récente actualité.

Oubliant que ce n’étaient pas vos salades, vous vous apprêtiez à mettre votre grain de sel sur le sujet, vous inquiétant déjà  de l’avenir de vos pique-niques d’avant-match avec vos copains sur le parking du stade. Irait-on jusqu’à nous envoyer casser la graine sur ceux de Leroy-Merlin ou d’Auchan ?

 

Hélas, le match proprement dit se chargea bien de remplir votre assiette.. plutôt un plateau de cantine, d’ailleurs. On s’était mis à table sans se douter que déjà les hors-d’oeuvre seraient vite indigestes.

Le temps de consulter la carte, de se commander, en amuse-gueule, 3 points pour ouvrir le planchot, et le  soufflet  tomba vite : la Section n’était pas dans son assiette dans ce combat au couteau. On ne mettait pas les ingrédients et on sentit vite que la note serait salée.

Armand Baille… qui ne dormait pas, planta derrière la ligne des Palois déjà en hibernation. Aucun doute sur ce qu’Urios nous avait mijoté. Et ça sentit vite le pâté. Nos Verts et Blancs n’avaient vraiment pas la frite.

La Section nous servait une broye de rugby et leur jeu tournait en eau de boudin ; dans le cochon, rien n’était bon. En face, rien de bien léger qui régale, du truc qui vous tient à l’estomac. Pas de la grande cuisine, que du difficile à digérer. Une purée de  patates aux  coustous,  qui vous prend la tête façon Alka-Seltzer. Rien qui puisse vous donner quelques points au concours de Top14- Chef. Du brut dans la présentation, du brute dans la finition. Pas ma tasse de thé.

Hammadache et Moïse passaient à la casserole en deux coups de cuillères à pot. Ça entrait comme dans du beurre, il fallut déjà changer les assiettes.

Chaque ballon porté finissait dans les mains du Tarnais, on était à dix mètres de retard dans les rucks où l’on se faisait retourner comme des crêpes : on avait mis la tenue d’hiver, moufles et après-skis. Rien qui favorisa dextérité et vitesse.

Allait-on mettre de l’eau dans son vin en 2è période ? On fut là bien loin d’un St Emilion même s’il ne ressembla pas à la piquette du début. Seul bon moment, le retour d’Armitage qui se planta son essai d’accueil et se récupéra son ballon sur un contest manière de se prouver qu’il n’avait pas perdu la main dans ce domaine.

Même si l’on essayait de faire, enfin, prendre la sauce, le Castrais gérait au pied. « Vitesse folle » (en anglais Speed-dingue) balladait Votu et Malié dans tous les coins de Pierre Fabre, manière d’éviter que les Palois espèrent à aucun moment faire monter la mayonnaise. Les carottes étaient cuites, les Palois étaient dans les choux, ils restaient en carafe… rien à faire, sinon aller se faire cuire un œuf

 

 La leçon portera-t-elle ses fruits ?

Comme une litanie convenue, une mélopée sinistre, déjà répétée à chaque match, « On va se remettre en question » qu’il disait, au micro, le Thibault , la moustache en désordre, le rictus amer. Mais c’est se remettre en questionS, qu’il faut.

Celles que ne manquent pas de se poser les supporters désemparés, chacun ayant sa recette pour éviter que la sauce ne tourne à l’aigre.

Et déjà on commence à enlever des étoiles au chef-cuisinier, on fait un fromage de l’absence de réactions du président, chacun voulant, le réseau du plus fort étant toujours le meilleur, mettre les pieds dans le plat, se disant plus supporter que l’autre qui l’est moins, se vantant savoir mieux que l’autre quel est le meilleur assaisonnement pour porter son équipe, sauce piquante, salé-sucré, crème acide au citron vert ou biscuits doux au miel.

Avant que la salade ne brûle d’excès de vinaigre. Ou que ça sente un peu trop la violette… de Toulouse.

 

Heureusement qu’il y a les copains, ça discute, ça débat autour d’une bonne table, bien garnie… Putain, ça me tarde !

 

Et puis, ensuite, j’aurai le Salon du Livre, pendant la trêve des matchs internationaux. « Les idées mènent le monde »… tiens, là, aussi !!

J’y sera, manière de dédicacer un peu (une nouvelle de mon cru qui se passe dans la rue de mon enfance, la rue du XIV Juillet , entre place de la Monnaie et Croix du Prince), de discuter beaucoup, encore (et je sais de quoi !!) et peut-être rencontrer quelques lecteurs/trices sympas et fidèles de ma chronique, au stand La Biscouette-Noires de Pau.

 



04/11/2018
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