la tribune d'en face

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Castres 27 - Section Paloise 29

 

 Alors que la Section, après avoir battu l’ancestral record de non-victoires à Brive, qui datait de 35 ans, vient de faire tomber le record… encore plus préhistorique, des victoires paloises en terrain castrais… 44 ans, que les Bleus rigolaient quand ils voyaient les Verts fouler le stade Pierre Fabre ex-Pierre Antoine, je ne pouvais pas ne pas la sortir, avouez, ma petite vanne à deux balles. Celle-ci, c’est du cousu main, fabrication maison, passage obligé, même si elle est bien facile, c’est sûr. Mais, comme il y avait bien longtemps que, dans ma chroniquette, je ne vous avais pas servi un petit proverbe introductif ou une réflexion sortie de la bouche d’un grand Ancien de l’Ovalie, et que ça me démange bien de fanfaronner, je me lance : 

« Comme on dit à Castres, mieux vaut Tarn que jamais. ».

Voilà, c’est fait… Et comme ça me fait du bien sans faire de mal à personne, mon honneur est sauf.

Et si je me complais à rappeler ces deux chiffres historiques c’est que mon copain Jean Paul se fait une fierté légitime d’avoir été l’entraineur des Palois qui avaient terrassé Brive en 1982 sur le score de 17 à 7 ( la Section allant jusqu’aux quarts de finale perdus de peu contre Nice 19 à 15). Peut-être était-il à Castres en tant que joueur, il y a 44 ans, pour se souvenir du match joué, peut-être, aussi, avec les Patou, Chistole, Tonton et autres glorieux Anciens de l’époque.

 

* * *

Belle entame des Palois pour ce match d’hier soir entre un habitué des hauts de tableau depuis plusieurs années et celui qui a envie d’en faire autant depuis l’an dernier, saison où le soufflet était retombé au printemps, après avoir bien alléché et fait espérer les supporters palois au beau milieu de l’hiver. Il faut dire que cette baisse de régime et cette spirale de victoires avait été contrariée par des blessures importantes des « maîtres à jouer » qui avaient bien manqué au collectif par leur expérience.

Il leur avait manqué ces traits de génie qui font la différence et que leur apporte Colin Slade. Car, la Section aurait-elle gagné hier soir s’il n’y avait pas eu le Black de génie à l’ouverture ? Ce ne fut pas Colin, ni Coteau, mais c’est Ossau qu’on devrait le prénommer, tant il s’éleva au-dessus des autres. Et s’il ne nous avait pas gratifié de deux belles toiles, une passe sautée qui offrit un essai aux Castrais, et un « pétot » de misère mal venu en guise de coup de pied à suivre, ce n’est pas Ossau mais Everest qu’il aurait fallu l’appeler, tant il fut de tous les coups gagnants, tant il joua juste et varia le jeu pour lui et ses potes, se montra exceptionnel sur les balles hautes et les coups de pieds placés.

 

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Et si les grincheux de tous bords pestent contre la présence de joueurs étrangers dans le Top 14, j’ai envie de leur dire : « délectez-vous de voir chaque week-end de super joueurs qui embellissent notre championnat… ça ne durera pas. Et vous pourrez dire à vos enfants que vous, vous les avez vu jouer, que vous les avez cotoyés et défendre vos couleurs sans renâcler ».  Et si ces joueurs-là doivent donner envie à nos jeunes de les imiter, on peut se dire aussi que l’opération n’aura pas été si mauvaise que ça… Je repense ici à ces gamins de Castres qui, hier soir, entouraient Conrad Smith à la sirène, lui toujours souriant et patient avec chacun d’eux, pour faire un selfy et leur offrir un autographe alors que, pendant 80 mn, il avait pris, dans le buffet, des bus entiers…  Capo y compris,  et les charges pas si légères de Caballero et toute son armada.  

Question tension, je vous dis pas… Comment ne pas l’être, stressé, quand on voit les Palois contre-attaquer de leurs 22, s’offrant ainsi aux fautes de main et aux contres adverses. Rien ne les fait changer d’un style de jeu risqué qui contraste avec les charges méthodiques et destructrices des adversaires. On continue dans ce choix avec patience et obstination. Et ce zeste de vista et d’adresse manuelle qui pimentent le tout.

Et, dès lors, comment ne pas s’émerveiller quand ça marche, quand la relance de Malié, la passe à l’aile d’Armitage sur Pourailly, l’accélération de Votu nous font lever de notre fauteuil et les ramènent chez un adversaire qui en perd le souffle de leur courir après… comme c’est arrivé à Paris, comme c’est arrivé à Brive, comme c’est arrivé contre le Racing et comme ça finit par arriver à Castres… avec tout ce que cela comporte de sueurs froides, d’emportements chauvins et de joies immenses d’enfin voir le rugby qu’on aime.. et pratiqué par l’équipe qu’on aime, de surcroit. On a l’impression que les Palois jouent « trop », à tort et à travers, relances de folie… et à la fin, ça paye.

Certes, à ce petit jeu, le plus difficile est presque plus pour l’équipier au soutien que pour l’adversaire : le feu follet s’isole et se prête au contre du gratteur adverse ; les Palois laissèrent pas mal de plumes dans ce combat au ras des pâquerettes où excellent les Castrais. Mais pour le reste…

On retrouva une touche performante et on se montra parfois supérieurs en mêlée, domaine privilégié du huit tarnais… Au point que M. Raynal aurait pu à deux ou trois occasions   inviter les Bleus à aller voir à 10 m si l’herbe était plus verte (en particulier à la sirène de la mi-temps où le pack palois fit une « petite honte » à son adversaire du jour).

Alors, certes, le match fut décousu, brouillon parfois, mais on eut ce suspens qu’aucun autre sport ne sait me donner… Ah, si, le hand et le biathlon… Suspens d’un ballon qui change de camp sans cesse, d’un score qui ne sait pas choisir son camp… avec la délivrance favorable qu’on espère au bout.

 

Finalement, question victoire, pour Paris, je n’y croyais pas, pour Brive, j’y croyais encore moins, pour le Racing, je n’y croyais pas trop non plus, pour Castres, je n’y croyais pas du tout… Alors, je fais comme les Palois, je ne change pas ma façon de penser : pour La Rochelle, je n’y crois pas non plus. C’est dit. Puisque ça marche… après tout !! Chacun sa méthode pour influencer l’évènement.

* * *

 Juste un petit clin d’œil espiègle à mes amis, Jean Claude le pro Toulon et Jean Claude le pro Castres : regardez bien le classement du jour… va falloir vous y habituer !! Facile : comme  je ne les revois pas de quinze jours, ils auront eu le temps d’oublier mon chambrage…  Le classement, d’ici là, m’aura peut-être contredit… ou pas…

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 Et merci à vous tous, qui me suivez depuis tout ce temps. C’est la première fois que ma chronique dépasse les 400 lecteurs, suite à celle du match Section-Racing. Et ça, ça fait chaud au cœur et ça vous « booste sa race » ! Juste vous encourager à partager avec d’autres si le concept vous plait… Tous les records étant faits pour être battus.

 

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04/03/2018
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