la tribune d'en face

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Brive 16 - Pau 21

John Jeffrey, surnommé le Grand Requin Blanc fut, à la fin des années 1980, l'un des plus grands joueurs de tous les temps à son poste de troisième ligne. "Il ne faut jamais donner l'impression à un Ecossais qu'il est inférieur."  disait-il.

Et bien pour cette fois, c’est raté ! Et même si on eut pendant quelques instants l’illusion que l’équipe de France allait vaincre ses vieux démons, elle retomba vite dans l’ordinaire, peut-être carrément, même, dans le banal du jeu de rugby, dans le manque de vitesse et d’inspiration saupoudré de cette indiscipline que provoque l’impuissance à s’imposer.

« Faut-il pleurer, faut-il en rire

Fait-elle envie ou bien pitié

Je n'ai pas le cœur à le dire

On ne voit pas le temps passer » chantait Jean Ferrat.

Pleurer, rire, c’est selon mais, désolé de te contredire Jeannot, on commence justement à trouver le temps long devant ce jeu de chaises musicales à la sauce « coups bas, magouilles et autres frasques nocturnes » qui viennent « égayer » ce tournoi 2018, laaaargement  soporifique pour le pauvre supporter, pris dans une somnolence chronique devant sa téloche.

 

Alors comment, pour se consoler, ne pas se réjouir et se nourrir d’espoirs avec son équipe préférée toute de Vert et Blanc vêtue, rehaussé d’un hâle léger directement importé des plages de la mer de Corail australienne… Tout ce qu’il faut pour faire pester le béarnais frigorifié et humide, inquiet aussi de voir revenir ses chouchous quelque peu alanguis par  la démarche et surtout fatigué par tournoi, chaleur, réceptions et voyage au long cours.

 

Divine surprise, on avait eu une belle occasion de se réjouir du côté de Jean Bouin où nos Palois avaient si bien récité leur rugby sans s’embourber dans la rizière parisienne. On leur promettait une même cure thermale dans le « champ de patates » de Brive qu’il avait même fallu ménager,  il y a peu, en privant les Corréziens d’un match des « moins de 20 ans » contre l’Irlande. Qu’allait-il advenir de leurs ambitions après avoir papillonné sur les synthétiques de Brisbane ? Finiraient-ils le nez dans un gazon importé à la hâte, écrasés par le rouleau compresseur des Blacks de la Gaillarde, le cœur, les mollets et les cuisses en charpie, victimes de cette transition hémisphérique? D’autant que personne, pas un seul « Gros », n’avait encore réussi, cette saison, à faire courber l’échine aux Brivistes sur leur stade Amédée Domenech… Comment, dès lors, espériez-vous, à l’heure du coup d’envoi, que les choses changeassent … hein… pourquoi ? (c’est joli « changeassent », non ?).

 

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On eut une grosse entame des locaux qui allèrent vite deux fois dans l’en-but, un Taylor et un Germain en délicatesse avec leur pied-buteur, pas mal d’occases manquées par les Palois en délicatesse avec leurs mains-preneuses, une belle trouille quand Fumat, juste avant  la sirène joue seul plein champ au lieu de donner à l’aile, garde le ballon au sol, pénalise son équipe et permet aux Brivistes de porter le danger dans le planchot de la mi-temps. Rien qui rende optimiste pour la suite.

 

Pourtant…

 

Heureusement, le Lembéjois sut aussi se montrer actif en 2è période et créer du mouvement, période qui vit les visiteurs prendre le match en mains, avec maîtrise, opportunisme, vitesse et inspiration. Et même si Taylor eut trop tendance à lâcher le ballon au pied quand ça ne s’imposait pas, il fut magistral sur la relance qui amena l’essai de Votu. En-avant ou pas sur la passe ? On eut en fond sonore du commentaire Canal des insultes indignes d’un supporter à l’égard de l’arbitre. On peut ne pas être d’accord, l’exprimer, mais pas avec ces mots-là, sortis des fosses à lisier du monde des paysans, ce qu’ils déversent, hélas, sur les routes quand ils sont en colère. Rien qui puisse honorer le rugby corrézien, le rugby en général. Toutes ces brebis galeuses des stades qui ne comprennent rien au jeu, vomissent les mots, et font du tort à leur club en croyant l’aimer. Et se ridiculisent.

Toujours est-il que ce furent ses chouchous, qu’il défend si mal, qui s’enlisèrent dans leur propre bourbier, pris de vitesse par les contre-pieds et les relances paloises. Votu se régala d’une chistéra (utile et risquée ?) de Tomas, Ramsay fit encore planer son bon quintal, Slade, impérial, vola au-dessus des balles hautes, Armitage becqueta au sol comme un moineau affamé, pour relancer le jeu inlassablement… quand ce n’était pas Mowen, que le retour dans son Australie natale avait régénéré.

Et le Briviste oublia tant de plaquer que les efforts de Marquès, la peste, pour impulser les siens, s’avérèrent vains.

 

Les Palois pouvaient savourer d’avoir réussi là où d’autres s’étaient cassé les dents. Et voir vers le haut du classement, chose assez mal envisagée il y a peu de temps. De quoi faire regretter de s’être macaloupé au Hameau contre le Stade Français, ainsi que face aux nadolades de Montpellier.

Et comme j’ai aussi encore en travers la défaite au Racing, je me dis que tout est possible au Hameau Samedi prochain contre la bande à Machenaud.

 

Et il fallait pour cela qu’à Brive, d’abord, ils l’emportassent (c’est joli « emportassent », non ?).

 

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18/02/2018
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