la tribune d'en face

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Préambule

On a beau dire, on a beau faire, qu’on le veuille ou non, y a pas à tortiller, c’est comme ça, on n’y peut rien… mais avouez que le rugby, tout de même, c’est bien compliqué.

Oh, rassurez-vous, pas question ici d’en faire son procès, de chipoter sur les règles qui le régissent,  d’ergoter sur cette satanée mêlée qui se « splatche » à tout bout d’Auchan… et d’ailleurs, de Jean Bouin à Mathon en passant par Michelinou Ernest-Wallon, sans que personne n’y puisse mais. Pas question non plus de pérorer sur le plaquage toujours trop haut pour l’un, pas assez pour l’autre, de discourir sur la règle du plaqueur plaqué à côté de la plaque, de disserter sur l’arbitrage vidéo, cette caméra qu’au fond on aurait plus vite fait de placer dans le ballon, manière d’accélérer le visionnage sous les shorts et les mains baladeuses et précipiter illico la décision fatale ou gênée du 4è arbitre. Mais laissons cela aux commissions nombreuses et variées qui, après moult colloques, changeront quelques règles, de-ci de-là, cahin-caha, pour les remplacer par d’autres tout aussi tordues et incompréhensibles.

 

Non, parlons ici des mots du rugby qui auraient tendance à carrément devenir des maux.

A l’époque, on entendait  parler de mauls qui n’avaient d’ailleurs rien de mou mais plutôt quelque rugosité pour les échines adverses. On avait aussi l’up and under, sorte de coups de pieds hauts qui suivaient une courbe plus ou moins sinusoïdale selon le vent et le jarret du botteur, coup de pied donné dans une béchigue dont il valait mieux avoir la maladresse de manquer la réception sous peine de recevoir dans le buffet, en un effort commun et dévastateur, huit mastodontes pesant chacun un bon quintal. Et puis les dribblings qui étaient devenus, dans les années 70, la marque de fabrique de l’équipe d’Oloron au point que lorsque Milo Clémente et ses partenaires « enclenchaient » cette sorte de danse tribale collective autour du ballon en avançant en éructations effrayantes, mieux valait se sortir de leur route et de la trace que laissaient sur la pelouse des crampons  toujours trop acérés pour les dos adverses. Au point que la pelouse de la Croix du Prince mettait parfois plusieurs semaines à s’en remettre après leur passage.

 

Ces anglicismes qui n’avaient aucun sens pour les néophytes du rugby disparurent peu à peu des stratégies des équipes. Fallait bien innover ; et l’on s’inventa les rucks suivis de pick and go lancés par un impact-player rentré à la suite d’un turn-over.

Certains diront pour défendre leur sport : « Ouais, mais ce sont les Rosbeefs qui nous ont pondu leur vocabulaire à la « mords-moi le… ». Pas faux, mais les traductions basiques qui en furent faites génèrent longtemps le curieux lambda peu au fait des « finesses » de leur version française.

 

Qui n’a pas entendu parler de Piroulet  dans les années 70 ? Vous ? Dans un sketch  célèbre, ce brave Aveyronnais était descendu de Vezin de Levesoul, « là où le jambon et le saucisson, il est bon » pour aller voir un match de rugeby au stadium de Toulouse. Il avait eu lui aussi  toutes les peines du monde à assimiler la notion de mêlée et à comprendre pourquoi à Toulouse on payait un demi plusieurs centaines de milliers de francs ; il avait même pris une paire de « bouffes » en tentant une « touche » sur une belle blonde assise à côté de lui et qu’il croyait être « la poule de huit ».

 

Avouez ainsi qu’il peut y avoir aussi grande difficulté à nuancer les termes de « conservation », « valise »,  « passe » ou « groupé pénétrant », selon que le supporter est économe, voyageur, prostituée ou adepte du sexe à plusieurs.


18/08/2016
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La vidéo de l'émission

En 2011, Erick Mouget m'a fait l'honneur de me rencontrer avec micro et caméra pour son émission "Rencontres à XV". On y parla sculpture, peinture, livre et Croix du Prince.

Un beau souvenir.



10/04/2017
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QUESTION

Mais où va le rugby ?

 


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24/07/2017
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La Tribune, première.

« Le rugby, c'est l'histoire d'un ballon avec des copains autour et quand il n'y a plus de ballon, il reste les copains. C'est quand même l'essentiel. » (J-P. Rives)

 

 Il sait de quoi il parle, le Jean Pierre, quand il met l’essentiel dans son amitié, ses copains. Et quand le ballon est devenu comme les jambes, trop lourd des années qui ont trop vite passé, il reste encore, plus peut-être qu’avant, les copains, pour livrer quelques matchs autour du verre de l’amitié ou une bonne assiette; il reste des mots que l’on s’échange de souvenirs, de bravades et de forfanterie, de « faits d’arme » que personne ne viendra plus contredire, ni infirmer… Car on n’a pas le droit, non, on pas le droit, de détruire ce que chacun s’est construit, inventé d’un passé qu’il a plus souvent rêvé que réellement vécu. Le copain, c’est celui qui vous écoute en ayant la correction de boire vos paroles, d’adhérer à vos souvenirs sans à aucun moment montrer que l’on doute de leur véracité. Chambrer, oui, un peu, mais pas méchamment, juste pour aiguillonner son interlocuteur, manière qu’il en rajoute un peu plus dans la rubrique « improbable ».

Et Dieu sait qu’en matière de rugby, le copain doit savoir s’ébahir de l’autre, et sans sourciller, de ses placages homériques, ses essais dantesques, ses déboulés fantastiques, ses victoires héroïques, ses mandoles phénoménales,  comme chacun sait s’en inventer pour « améliorer l’ordinaire du passé ».


Moi, je n’ai jamais été un grand joueur de rugby, un de ceux qui ait l’aura nécessaire pour qu’un auditoire reste bouche bée, la fourchette suspendue aux lèvres, les yeux brillants à mes exploits. J’en serais toujours à raconter ceux des autres !! Inutile. Ce sont les leurs. Alors, faute de ballon à sublimer, il m’a fallu faire de mes copains mon essentiel. Tâche fort agréable, émouvante même parfois, d’avoir pu garder si longtemps ceux qui avaient égayé mon adolescence, d’en retrouver que la vie avait éloignés, d’agrandir le cercle au travers d’activités nouvelles fort enrichissantes.

Non, je n’ai jamais été un grand joueur de rugby ; alors, comme il me fallait  quand même en remontrer à mes potes manière de ne pas être toujours « l’auditeur de service » je me suis vêtu d’un maillot de phrases, j’ai chaussé mes crampons de mots, me suis dopé aux calembours et aux expressions-maison et je suis entré sur le terrain du blog, manière de pouvoir m’y livrer chaque semaine à mon match de la chronique.

Et me voilà ainsi de retour, comme depuis plusieurs années maintenant, « victime » (faut le dire vite) de la pression amicale ; va falloir que je m’y colle encore un peu … puisque ce sont mes copains qui me l’ont demandé.  Il ne pouvait y avoir qu’eux pour me faire céder. Va falloir que je m’y colle un peu. Peut-être qu’ils finiront par se lasser, « gavés » de me lire racontant toujours les mêmes choses, faute d’en avoir suffisamment pour varier mon propos.

Va falloir que je m’y colle en espérant une saison riche en exploits de mes « chouchous » verts et blancs ; il n’y a rien de plus difficile que de s’inventer des mots quand le cœur n’y est pas ! Il parait que les grands écrivains, pour être prolifiques et imaginatifs, se saoulaient avant de prendre la plume. Et bien, non, c’est décidé, je ne serais jamais qu’un petit écrivaillon du dimanche, après matchs.  Sobriété avant tout… (à Ventoux, aussi d’ailleurs… c’est pour bientôt, à vélo). Faudra d’abord que je vibre, m’émerveille, me passionne, m’enflamme, m’en-colère, m’en-gueule, m’en-chante.

 

Que je m’en-chafouine aussi, déjà avant que tout commence. Robert, un de ceux qui m’ont foutu la pression, il dit que je suis toujours en train de râler. Ce à quoi je lui réponds que si je ne le faisais pas, il s’ennuierait en ma compagnie et m’enverrait pêter. Et par conséquent, je vais continuer à pester encore un peu… manière de garder ce copain précieux et en me disant que quelque part c’est « l’opium du chroniqueur » que de grognasser.

Et puis, franchement,  j’ai quelque raison de râler. Je passe sur des phases finales du Top 14 que j’ai trouvées trop violentes, je passe sur la tournée calamiteuse du XV de France en AfSud, je passe sur les chacailleries entre la Ligue et la Fédé, des gozeries de couloir derrière la porte (et vice versa)… en me disant que le titre de champions de France du Gan Olympique devrait suffire à mon bonheur chauvin.

Mais, Soyaux francs, cette Issoire de matchs amicaux déplacés à perpète, j’ai pas aimé. Venir voir ses « Petits », découvrir les nouveaux joueurs, juger de leur état de forme, manière de se rassurer avant la reprise du championnat, ça fait partie des fondamentaux que l’on doit aux supporters fidèles. C’est un rituel auquel il ne sait échapper. Auquel le club ne doit échapper. Et voilà qu’on nous colle  ces matchs si loin qu’on n’en a rien vu… du meilleur comme du pire. Que du « il parait », que du « qu’en dira-t-on ». Ce serait le coach, parait-il, qui n’y tient pas ; soit disant que les joueurs s’y livreraient trop, devant leur public, au risque de compromettre leur début de saison. Ouais, je veux bien !! Mais d’aller ferrailler loin de ses terres béarnaises ça n’a pas pour autant empêché la casse, que je sache. On a commencé à pointer aux Urgences médicales, on a déjà sorti les béquilles et les bandages des placards.  

Résultat, la Section se sera tapé 4 matchs à l’extérieur avant de livrer bataille devant les siens ; avouez qu’il y a de quoi frustrer pas mal de hohnadeurs au mieux de leur forme.

 

Alors, voilà, on patiente… Par force. On n’a pas le choix. Y a qu’une solution pour se faire pardonner : ramener une victoire « d’ailleurs », avant de revenir sur la pelouse du Hameau ; elle, au moins, elle aura bien profité, bien grasse d’orages diluviens, de soleil caniculaire, d’arrosages copieux et de tontes méthodiques!! La tribune « qu’on sait plus son nom », elle, aussi, elle a profité… Elle aura grandi, au point que l’on aura du mal à la reconnaitre. Mais, en bas, tout en bas, sous le grand toit suspendu « high architecture », au pied de la grande sœur qui fera la belle, il restera toujours, la « petite » celle qui m’a donné, à côté de mes copains, l’envie d’écrire « ma tribune d’en face ». Et de continuer un petit bout de plus… Si vous l’ voulez bien.

 


22/08/2017
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Toulon 41 - Section Paloise 14

 « Vous êtes venus pour brouter ou pour jouer au rugby ? »

 

Désolé, mais c’est encore mon côté « vieil instit’» qui ressurgit parfois. Nostalgique ? Non ! Radoteur, peut-être. Mais quelle idée avais-je eu, dans mes chroniques de la saison dernière, d’aller vous ressortir quelques morales de Jean de La Fontaine en guise d’illustration des matches (comme dit Imanole sur Canal) de la Section. Toujours cette difficulté à vous soumettre la maxime qui colle à la prestation verte et blanche. La galère à chercher sur la Toile, Wikipédia tous azimuths, pour un résultat tiré parfois par les cheveux, de surcroit.

Non, je ne m’y recolle pas cette année : on fera moins dans le culturel, désolé. Quoique ! Méprisant que je suis ! En quoi, au fond, les quelques phrases d’après-match sorties de la bouche encore tuméfiée de quelques gloires du rugby ne mériteraient-elles pas une place de choix dans l’Encyclopédie de l’Académie du rugby, et conséquemment, dans mes chroniques.

En plus qu’aujourd’hui, j’en ai deux, servies sur un plateau, qui vont comme un gant à la prestation quelque peu calamiteuse de nos « chouchous », qui ne furent  guère chéris, d’ailleurs, pendant les 20 premières minutes du Mayol Show.

Une prestation qui aurait fait dire à Amédée Domenech : « Vous êtes venus pour brouter ou pour jouer au rugby ? »

La deuxième réflexion qui me revient à l’esprit, elle est bien plus fraîche, puisque je l’ai entendue ce Samedi sur Canale (comme dit Imanole sur Canal) à Oyonnaxe (comme dit Imanole sur Canal). J’ai entendu ces Mola de la bouche d’Hugo. (Avouez que quand on s’appelle Hugo, ces mots-là ont tout de même quelque valeur littéraire… indéniablement !).

« Plutôt que la passe de trop, il vaut mieux la passe de plus, ou la passe de moins » qu’il disait, le Hugo, du bord de sa touche. Sûrement que certains Palois ne l’avaient pas entendu, n’est-ce pas Slade, n’est-ce pas Nicot, ou d’autres, qui à tenter l’impossible, firent des cadeaux majestueux à la cavalerie toulonnaise qui n’en demandaient pas autant, laaargement confortables au score qu’ils étaient.

Oui, nos Palois passèrent bien 20 mn à brouter plutôt qu’à jouer au rugby. L’herbe de Mayol est-elle si tendre que ça, brassée qu’elle est en tous sens depuis des décennies… bien plantée de marrons,  de châtaignes et de patates, en plus.

Si le président Pontneau craignait l’excès de confiance pour la reprise, et bien c’est raté. Faudrait même s’en retrouver quelques doses avant d’aller en découdre à Ernest Wallon ... Sinon !

Retrouver de la confiance, mais de l’agressivité aussi… et bien s’allonger les bras pour choper les chevilles qui passent par là.

Alors, comme il faut bien ne pas se lamenter déjà, s’enfoncer dans la critique, en se disant que la saison sera longue, faite de revers identiques, d’autres prestations « border line », mais aussi d’enthousiasmes prometteurs, de victoires inattendues, pourquoi ne pas  se réjouir de la prestation de Quentin Lespiaucq déjà très en jambes et explosif, celle aussi de Thibault Daubagna, pour son rush éclair certes mais, aussi, pour l’allant qu’il donna au jeu dès qu’il entra.

Car, à bien y regarder, oubliant la première mi-temps, je dirai , chauvin que je suis, peut-être, que la seconde fut d’un bon niveau : on posa des problèmes aux Varois, on retrouva de la cohésion avec, aussi, la rentrée des « 2 gros » ( Tiens, tiens, ça recommence les histoires de pilards !). J’ai même été surpris de voir Hammadache cavaler ainsi malgré la chaleur.

Et puis, pourquoi ne pas parler de Nicot : le gaillard, certes, s’offrit une belle « cagade » d’entrée, mais il se montra fort opportuniste pour aller pointer son essai. De belles promesses pour ce « petit » nouveau.

 

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De quoi faire plaisir aux « anti-importés » : on ne peut pas dire que ce sont nos Blacks qui éclaboussèrent le match de leur talent… Mais je ne suis pas inquiet, ils sauront, très vite, remettre les pendules à l’heure.

Non, pas question de jeter le bebé avec l’eau du « water break ». Ce n’est pas aujourd’hui que l’on va céder à la déprime, bigre, fichtre, foutre ! On en a vu d’autres. 41 points, c’est de la rigolade. Vous voulez que je ressorte les statistiques ?... Et on n’en est pas mort !

Alors, quid du prochain match ; verra-t-on les Palois réagir ; ils avaient si bien réussi l’an dernier à Toulouse qu’on peut se reprendre à espérer. Gagner ? Je n’en demande pas tant ; juste montrer une belle image et nous rassurer avant la reprise au Hameau.

Oh, et puis , gagner aussi, après tout !!

Oui, j’en suis persuadé, on aura encore de belles occasions de se régaler. Quand les Metz, Tutaïa, Stanley et Votu entre autres, auront remis le couvert, vous ne croyez pas que ça va le faire, hein ?

    


28/08/2017
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Stade Toulousain 23 - Section Paloise 19

 « Personne ne vous oblige à jouer. Mais, si vous le faites, ce ne doit pas être à moitié. » (A. Boniface)

 

Quand on arrive à la fin d’un match de rugby parfois poussif, spectateur, 80 mn durant, bien vautré dans son canapé, les pantoufles en éventail et la chips collée au coin d’une lèvre… et pour peu que l’heure tardive d’une fin de semaine chargée vous emporte en des bâillements langoureux et bruyants, il y a de fortes chances que votre capacité de jugement soit bien largement entamée. Rien de plus normal que de naviguer à ce moment-là entre tolérance, colère, pessimoptimisme, espoir et tutti quanti. L’endormissement n’en est ensuite que plus difficile, les synapses encore toutes excitées, les neurones encore agités de toutes ces images qui se mélangent, de ces impressions chauvines qui vous font revoir en boucle ce p… de ballon tombé devant la ligne, ce placage raté, cette touche terminée en eau de boudin. Cette action qui aurait pu…, cette mêlée qui n’a pas…, cette décision qui devait…

Mais quand on vient juste de s’installer dans ce même canapé, l’esprit clair, le mental plein d’espoir, prêt comme jamais à assister à un match que l’on espère enlevé (et bien sûr victorieux pour ses couleurs), il n’y a rien de plus déplaisant qu’un petit détail désagréable vienne vous titiller subrepticement le bulbe… Comme le sentiment qu’il va vous pourrir obsédammant la soirée.

C’est hélas ce qu’il m’est arrivé ce Samedi soir, alors que je m’étais installé confortablement, les pantoufles en éventail et la chips collée au coin d’une lèvre, le téléphone portable à portée de la main manière d’échanger mes impressions avec Robert, envoyé spécial de « La Tribune d’en face » au Stade Ernest Wallon… Au pied levé, les pieds relevés et en direct-live.

« Mais de quel sentiment diffus, veux-tu parler » me demandez-vous, forts de votre amicale compassion. Que je vous dise…

Il m’est venu instantanément quand j’ai vu que c’était Imanole qui allait commenter le match. Mais quelle idée avait donc eu Canal de choisir ainsi, pour commenter, un ancien joueur qui avait opéré dans les 2 clubs en présence ? Un joueur qui était parti de l’un plutôt chafouin, et plutôt reconnaissant envers l’autre de l’avoir accueilli après sa triste fin à Biarritz.

Etait-ce idée préconçue de ma part ou réalité. Oui, je n’eus de cesse de l’instant du coup d’envoi  et  jusqu’à la fin, que d’attendre de sa part quelques commentaires favorables envers son premier club formateur. Mais le Basque, tout du moins celui-là, est têtu ; le casque coincé sur la tête comme s’il ne voulait entendre que son opinion, le rictus pincé au bout de sa lippe bien fière, il ne daigna à aucun moment montrer quelque tendresse envers le club vert et blanc qui lui avait pourtant tant appris  et apporté pour la brillante carrière qui fut la sienne. Et on eut droit à des « un match à sens unique des Toulousains », à des « Malheureusement, Toulouse… » quand les Rouges et Noirs n’arrivaient pas à leurs fins (corrigé d’ailleurs aussitôt par « Heureusement pour les Palois » de son collègue-commentateur). Jamais même un seul mot un tant soit peu élogieux ou admiratif au plus fort de la domination paloise en 2è mi-temps. Sûrement plus que la défaite paloise, ce fut pour moi un sujet de déception.

* * *

Venons-en au match maintenant, celui que chaque équipe attendait pour se rassurer. L’une suite à la saison précédente calamiteuse qu’elle avait produite, l’autre pour le match précédent dans le Var qui l’avait été aussi… calamiteux.

Alors, au vu de l’entame des Palois à Mayol et à Ernest Wallon, je leur conseillerais de commencer le match 20 mn avant son adversaire, manière d’arriver sur le pré dans un état d’agressivité qui éviterait de trop égayer le planchot en faveur des « autres ». Mannix s’amène les remplaçants, on s’en fout une bonne branlée sur un stade annexe, et comme ça tout le monde joue ! Simple, non ? Car les Palois ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes s’il n’y a pas le compte espéré : « Manquait pas grand-chose. Dommage » qu’il me essemmesse Robert depuis les gradins toulousains qui se vident peu à peu. Entièrement d’accord… Pas grand-chose mais il y eut surtout trop de… trop de… et trop de…Trop de ballons lâchés encore, trop de perdus par imprécision ou précipitation, trop de cartons jaunes handicapants.

Alors que « Tèque au riz » téquait au ras, Pierre ne sut pas rester de marbre (c’est vrai que rester de marbre dans une carrière, c’est pas facile, fut-elle de rugbyman !). Quant à Ramsay, il avait suivi mon conseil de la semaine dernière de s’allonger les bras, mais il ne sut pas les placer à la bonne hauteur, pour s’éviter une biscotte.

Pour le reste, j’avoue que le match de Slade me laisse encore sur ma faim ; il n’a pas pesé sur la partie, évitant de s’engager… Quelques souvenirs trop lourds pour lui, dans le coin de sa tête, d’une saison passée où il fut trop visé, avec les conséquences graves que ça eut sur son intégrité physique ? Qui pourrait le lui reprocher ? Il fit aussi quelques mauvais choix à l’approche de la ligne adverse, avec des « rasants » mal aboutis.

J’ai bien aimé la prestation des avants en seconde mi-temps. Demandez aux Toulousains ce qu’ils en pensent… Pas à Imanole, non, pas à lui !

Hélas, on avait amené le cahier de brouillon plutôt que des copies propres. Beaucoup d’esquisses et peu d’œuvres d’art. On perdit des ballons en touche alors que la pression était chez l’adversaire… J’ai, hélas, souvent vu au Hameau ces situations de pénal-touches à 5 m perdues sur des lancers vaseux. Ce sentiment que c’est plutôt un handicap qu’un avantage… Le syndrôme de « la cagade inévitable ».

Et puis  il y eut ce jaillissement plein champ de Kunatani alors que la Section commençait à prendre le dessus. Course, passe, passe en avant , essai, les carottes commencent à être cuites. Mais c’est à tous les matchs, alors, les essais sur des passes en avant ? Et la vidéo alors ? Ne serait-elle pas aussi utile que pour « des relevages de moustaches » parfois anodins ? C’est le sort d’un match qui se joue ici, tout de même !! A moins que M. Laffon n’ait pas « voulu » voir… Qui sait…

Alors, pour terminer, comme j’aime finir, sur une note optimiste, je voudrais tresser une couronne de louanges à Bastien Pourailly qui creva « mon » écran. J’y ai vu du Rochelais Lacroix par sa présence tous azimuths, j’y ai vu du Dupichot par ses contre-pieds déroutants. J’ai dans l’idée qu’il n’a pas fini de nous étonner.

Allez, on se la fait, cette ouverture au Hameau. Et on espère qu’on va voir le capital-points prendre une meilleure tournure.

Faudrait, sûr !


03/09/2017
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Section Paloise 30 - Lyon 14

« Que le meilleur  gagne, mais c'est mieux quand c'est nous » Pierre Albaladejo

 

Il est plutôt inquiet, le gars Michel. Rien qui me surprenne vraiment, on ne se refait pas, mais là, il l’est plutôt pour moi, inquiet : « Qu’est-ce que tu vas bien pouvoir écrire dans ta chronique… Pour ce qu’on a vu ! » Pas tendre non plus, lui qui avait plutôt envie de zapper cette ouverture au Hameau pour aller se taper l’Aubisque « à la pédale », ce matin. Le vélo chevillé au corps ! Hélas pour lui, la montagne ossaloise avait décidé de se faire peu accueillante. Carrément aglagla, même. Il avait dû renoncer, pas maso non plus.

« Qu’est-ce que je vais bien pouvoir écrire dans ma chronique… ? Heu… heu… Ben, j’aurai toujours les photos… Pour le texte, je verrai bien… A l’impro ! » Ouais, pas simple après un match qui nous laissait sur notre faim, deuxième mi-temps fade et bien peu aboutie après une entame prometteuse. Le sentiment qu’il y avait beaucoup de pain sur la planche, beaucoup de grain à moudre.

 

« Ils avaient la pression » qu’on racontait partout. Qu’il ne fallait pas se rater après deux prestations, l’une vaseuse d’abord, l’autre plus prometteuse ensuite. Qu’il ne fallait pas décevoir dans une nouvelle enceinte luxueuse et promise à du beau spectacle. Qu’il ne fallait pas se planter d’entrée après une saison précédente porteuse de promesses.

Ce qui est certain, c’est qu’en matière de pression, ce serait d’abord les supporters qui auraient à se dépêtrer avec la leur, leur bibine confraternelle des retrouvailles, celle qu’on se dépêche d’aller écluser, comme un  rite initiatique, manière de s’imprégner de l’ambiance du comptoir, serrer des mains et se souhaiter bon match. Las ! Déjà que, par le passé, elle avait un goût amer… au sens propre! Maintenant, (était-ce l’effet Macron ?) on  avait augmenté son prix de 20%... Carrément ! Bonjour l’inflation ! Une bière au goût amer… au sens figuré, pour le Coup. Pour le prix d’un demi d’une bière de marque en terrasse dans un bar chic de Pau, on vous proposait un godet de mousse quelconque, mal brassée.  Rien à voir avec une Spaten, une 1664 ou une Goudale. Mêm pas la blancheur onctueuse de la mousse au-dessus. Que du raplapla liquide et peu goûteux. Alors, on l’avala, press’ toi presto, manière d’honorer le copain qui t’avait offert sa tournée après avoir méticuleusement cherché son porteuf’ caché au fin fond de son blouson. Celui-là même qui tiqua, surpris, quand on lui annonça le prix de sa générosité. On choqua nos godets plastoc, geste d’amitié naturel, et on but. Rien qui flattât le palais, juste quelque vertu diurétique, perturbatrice de prostate vieillissante. Même pas envie de « remettre ça ». Vite délaisser le zinc… en bois, fuir ce tarif dissuasif, pour chercher sa place en « Tribune Ossau provisoire ». Avec dans l’idée que cette « poussée inflationniste » n’était pas forcément un concept génial pour garder plus longtemps dans la place les bavards d’après-match.

 

On rejoignit donc nos baquets en plastique, après les avoir quelque peu époussetés des poussières et fiantes estivales, inquiets de découvrir ce que nous embrasserions du regard depuis notre perchoir. Curieux. Perdus entre « la tribune Ossau provisoire », en face la « tribune Nord »  dénommée du « Bon sens près de chez vous » et à gauche, celle désertique qui devrait faire notre bonheur futur de supporter chantant, celle que je ne reconnaissais déjà plus comme ma « tribune d’en face ». Méconnaissable. Comme disait ma grand-mère avec admiration : « qu’est-ce que tu as grandi, cette année » !

 

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Allais-je devoir changer l’intitulé de ma chronique ?  L’appeler « la tribune d’en bas de la tribune d’en face » ou bien « la petite tribune d’en face qui est en-dessous de la nouvelle où on voit mieux » ou bien, plus pompeusement « la Nouvelle Tribune d’en face », comme pour un journal à grand tirage ?

Toujours est-il que, dans la configuration actuelle provisoire, j’eus vite l’impression, à l’heure de la Honhada,  que le cœur et le chœur n’y étaient pas encore. Comme si l’effet acoustique n’avait pas encore trouvé sa place dans le site… Mais perché là où j’étais, dans mon coin de tribune qui n’était plus en face, rien ne me faisait penser à une place de choix au Théâtre Saint Louis ou au Zénith.

 

Trop loin aussi du terrain quand nos Palois eurent la belle idée de prendre le match en main et de se planter 3 essais rapido. Juste deviner, à l’oreille et aux bravos, que nos deux Fidjiens, là-bas dans le lointain, avaient montré de quel talent ils se chauffaient, en plongeant derrière la ligne. Frustrant et déroutant loin des repères habituels. L’impression que le stade avait perdu en longueur ce qu’il aurait pris en largeur. Même le zoom de mon appareil-photos avait du mal à régler son focus, comme un Renaud Lavillenie qui cherche ses repères sur un stade inconnu.

Alors, il y eut cette première mi-temps qui nous fit fantasmer des points-bonus à gogo. De l’allant, de l’opportunisme et un score qui enfla comme la grenouille verte et blanche qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf clermontois ou le taureau rochelais. Qui enfla derrière les initiatives spectaculaires d’un Votu de feu, des essais en votu en voilà.

Mais, l’affaire tourna court quand la pluie se mit à tomber à seau à l’assaut d’Ossau. La deuxième période se fourvoya dans l’ennui. Juste une belle démonstration en défense pour que le loup ne revienne pas dans le bois. Rien qui vaille mieux en touche avec un ballon-savonnette. Des lanceurs et des sauteurs empruntés et maladroits.

On eut juste le loisir de vérifier les suppositions et supputations quant à la trajectoire que suivraient les averses sous le nouveau toit ultra moderne suspendu au-dessus du vide. Les premiers rangs se mouilleraient… comme avant.

Et pendant que l’arbitre de touche, heureux comme un poisson dans l’eau, galopait devant la tribune vide et silencieuse, à l’abri des quolibets, lazzis et autres railleries habituels, le match s’enfonçait dans l’à-peu-près des deux côtés, festival de ballons tombés, de rucks avortés et tenus au sol sanctionnés, faute de soutien rapide et efficace.

Et le bonus rêvé s’envola sous les poutres du nouvel édifice. On se contenterait d’avoir juste pu apaiser nos craintes initiales.

En se disant que les Castrais pourraient bien venir nous remettre encore les nerfs en pelote dès Samedi prochain, si la prestation paloise n’est pas un peu plus aboutie…

 



11/09/2017
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Section Paloise 28 - Castres Olympique 13

« C'est pas le zéphyr,

N'aurait pu suffir',

C'est pas lui non plus,

L'aquilon joufflu,

C'est pas pour autant

L'autan » aurait pu chanter le regretté Georges Brassens. Pourtant, un vent glacé désagréable soufflait sur les hauts de « l’Ossau » et vous pénétrait dans les manches et le cou. Ce vent, les Palois l’avaient -ils choisi pour jouer leur première mi-temps ou se l’étaient-ils vu imposer par la pièce qui retombe au pied des capitaines, dans le secret des vestiaires ? Toujours est-il qu’il fallut faire avec, lui qui n’avait pas, nouvelle tribune Nord oblige, les directions habituelles, celles qu’on lui connaissait avant la construction du bel édifice. Il contournait sournoisement par derrière la tribune d’honneur pour venir, par la bodéga, balayer le terrain latéralement. Que même les drapeaux de touche y perdaient leur latin, flottements désordonnés et imprévisibles, et que Conrad, malheureux stratège improvisé de la chandelle haute, montra qu’il avait le pied carré en livrant plein champ au CastrOssalois Julien Dumora un ballon qu’il destinait plutôt  au bord de touche délaissé. On ne peut pas non plus tout savoir faire !! « Dévissage de crampon, comme un message ironique à François Bayrou : « Monsieur le Maire, si vous voulez qu’on réussisse notre jeu au pied, va falloir nous fermer complètement l’enceinte au Sud, manière de nous protéger des vents tourbillonnants ». Et éviter que le supporter ne s’enrhume au point de ne plus pouvoir entonner la Honhada aux moments forts du match. Faute de devoir servir sirops et grogs à la buvette à la place de la bibine insipide et glacée.

Car, est-ce ma position excentrée qui me donne cette impression, l’hymne vert en blanc, a bien du mal, me semble-t-il, à trouver ses échos dans la place. Comme si la tribune Ossau est trop éloignée quand celle du Nord essaie de « mettre en route » ; non,  elle ne reprend pas en chœur. Y a pas à dire, mon bon monsieur : « Vivement que la compétition puisse reprendre entre Honneur et Auchan ; là, oui, y avait du répondant »… Combat de supporters fidèles aguerris aux joutes festives.

Alors, il fallut se rendre à l’évidence : le jeu palois avait grand mal à se mettre en route. Le score, comme le vent, tourna mal… Au point d’inquiéter le supporter qui, à l’approche de la 40è minute, se mit à faire grise mine devant l’impuissance des siens à prendre le score. Le Tarnais était puissant et occupait fort bien le terrain… et le tableau d’affichage. On sentait même que le vent risquait de tourner à la tempête dans les vestiaires palois, à l’heure des citrons. On n’avançait pas sur les ballons, on se heurtait au mur défensif castrais, et ce n’étaient pas les chandelles trop nombreuses, comme un aveu d’impuissance, qui arrivaient à éclairer le jeu. On rendait les balles qui revenaient inexorablement dans notre camp où, là, l’adversaire donnait les « chocottes » au public transi.

Alors, quand la sirène sonna, il ne restait qu’à attendre et espérer, toutes convictions en stand by.

«Attendre l’éclaircie et que tourne le vent,

S’accrocher à la vie pour revoir un levant.

Apprendre à étaler, exercice éprouvant,

Et bien se recaler pour aller de l’avant ».

Surtout n’allez pas croire que c’est Simon Mannix qui récita ce poème à ses joueurs à la pause. Je le soupçonne de s’exprimer dans un registre nettement moins fleuri… et nettement plus persuasif. Et finalement plus efficace aussi, c’est certain. Car il ne fallut pas bien longtemps, à la reprise, pour que nos Palois reprennent le score, Votu devenant l’indispensable finisseur inarrêtable.

On vit alors Daubagna se faire sa valise dominicale…  hélas, bien mal récompensée, la défense livrer un combat intense sans fautes avec un récital de placages labélisés « Conrad Smith » qui nous fit un festival dans ce registre où il excelle. Comme moi, l’année où j’avais pris ma retraite : j’avais gratifié mes élèves d’un festival de punitions, de zéros en dictée et de mises au piquet comme jamais auparavant… Du grand art, quoi ! Et ainsi l’attaque verte et blanche orchestrée par un Colin Slade revenant à son meilleur, put jouer à merveille le contre pour se détacher au score : les chevaux légers palois avaient mis sur les genoux un pack adverse devenu trop lourd, englué dans une pelouse en souffrance. 

Le supporter avait retrouvé sa gouaille, son enthousiasme, le vent avait emporté sa désespérance et son défaitisme passager. Souriant, on reparlait de bonus ceci et de Top cela… à grandes tapes dans le dos.

Et comme, pour le prochain match, on revient « à la maison », là où on a grandi depuis les « Années Pro D2 », comme on va retrouver les copains éparpillés et perdus aux quatre coins du stade, s’installer à nouveau dans « Notre Tribune d’en face », je sens monter un enthousiasme nouveau, porteur de honhades mémorables, de commentaires interminables et d’applaudissements généreux. Et comme, bien vite, au-dessus, viendra se joindre à nous, la troupe des « nouveaux installés »,  la Tribune d’en face, ça risque d’être chaud ! Que quand elle va crier à l’unisson, les mecs d’en face risquent d’en perdre chapeaux, casquettes, écharpes et moumouttes, sous le souffle collectif  décoiffant !

Quant à vous, messieurs du Stade Français, choisissez bien la couleur de votre maillot quand vous viendrez, le 30 Septembre, car votre vie au Hameau risque de ne pas être toute rose.

D’ici là, avec quelques copains du club de vélo, supporters nombreux aussi de la Section Paloise, on va aller se lancer un défi du côté du mont Ventoux. Au braquet et aux pignons ! Là aussi,  je sens que ça va être chaud dans « La montagne d’en face ».

 

 


17/09/2017
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Agen 14 – Section Paloise 20

« Dans une équipe de rugby, il n'y a pas de passagers, il n'y a qu'un équipage. » (P. Villepreux)

 

C’est vrai qu’il y a des jours, comme ça, qui vous émeuvent plus que d’autres… Alors quand une journée est à marquer d’une pierre blanche dans les registres de l’effort, du courage, de la solidarité et de l’amitié, comment ne pas avoir envie de se la caler longtemps dans un coin du cerveau, certes, mais aussi de la raconter encore et encore, et en souhaiter de mêmes à nos amis.

Celle que j’ai vécue ce Samedi 23 Septembre avec mes 8 copains et copines cyclos de l’ASC Jurançon est de celles-là. Trois faits marquants vécus dans le Vaucluse au pied et sur le Mont Ventoux, symbole mythique de l’effort sportif.

La matinée commença par cette ascension par le côté le plus difficile, défi réussi pour chacun d’entre-nous. Le « Coup » avait été préparé discrètement, j’avais amené dans ma poche un drapeau de la Section Paloise qui fut déployé au sommet, à 1912 m ( ou 1911, ou 1909, il y a débat là-bas) par les 5 fidèles supporters, tous abonnés  et réunis par le hasard dans le même escalier, dans la tribune d’en face! Et comme il nous restait encore un peu de souffle, nous avons profité pour entonner une Honhada qui surprit et enchanta les centaines de cyclos de tous pays arrivés là.

 

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Rentrés à notre gîte, l'accueillant « Bed and bike » à Vénasque (merci Olivier, le gérant), nous avons fait la connaissance d’un sportif exceptionnel : Christian, polyhandicapé d’un bras et d’une jambe depuis l’âge de 17 ans, fauché par une voiture alors qu’il faisait du vélo. Il se lance d’impressionnants défis qui forcent l’admiration. L’un de ses derniers en date fut ainsi l’exploit incroyable de monter 5 fois le Ventoux par ses 3 routes, sans s’arrêter… Il était là, avec nous, parlant avec simplicité de son handicap et nous confiant ses projets tous aussi impressionnants. Son seul défaut… qu’on lui pardonne, allez : le rugby le laisse froid !

 

https://www.youtube.com/watch?v=y3-bj0gvDpw

 

https://www.youtube.com/watch?v=fkSt18fmDlE

 

Et puis, il y eut le match. Pas question pour nous de le manquer… Nous avions oublié notre fatigue pour assister ensemble à sa retransmission, confortablement installés. La cuisse et le mollet tout en relâchement, guettant la crampe sournoise qui aurait pu nous surprendre sur le tard.

Pression extrême, cris de déception face aux nombreux loupés palois, on ne vit pas un grand match. Trop tendu.

Et  il y eut Hammadache et Tutaïa qui crevèrent l’écran pour nous libérer....

Belles satisfactions alors d’avoir empoché cette victoire avec ce qu’on appelle, avec parfois quelque mépris, « le banc ». Simon Mannix avait-il pris un risque ? Les joueurs couchés sur la feuille de match pour remplacer quelques « grosses pointures » mises au repos ont superbement « tenu la baraque ». Preuve qu’on peut gagner à l‘extérieur avec n’importe quels joueurs… De quoi contrecarrer ceux qui minimisaient les victoires sur Lyon et Castres, « soi-disant » venus sans leurs meilleurs joueurs : à la Section, on gagne même avec les « Mauvais » !

Rassurés aussi après la prestation défensive de fin de match. Et si on avait envie de mettre Conrad Smith au placard prématurément, faudra attendre. Même Midi Olympique lui trouve encore quelque vertu exemplaire en le mettant dans l’équipe de la semaine avec un Pierrick Gunther meilleur qu’à Toulon.

Les 5 compères qui avaient déployé le drapeau vert et blanc au sommet du Ventoux auraient-ils assez d’ongles à se ronger pour finir le match ? Y avait de la crispation ! Mais le bateau ne coula point. Et on leva les bras bien haut dans le ciel provençal, à grandes tapes dans le dos et applaudissements. Comme au Hameau

Et moi, je me demandais si, finalement, nous n’avions pas chanté tellement bien, là-haut, au-dessus de la caillasse ventée, que les joueurs n’avaient pas fini par nous entendre dans le bus.

Oui, une bien belle journée à la gloire de l’effort physique !

 

PS : Si vous entendez chanter la Honhada du côté de Bédoin, ne soyez pas surpris : tout le Vaucluse la sait !

PS 2 :On a aussi retrouvé le vélo de Bernard Pontneau au pied du Ventoux

 

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26/09/2017
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Section Paloise 23 - Stade Français 25

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 « It is not necessary to beat of the bush », pas la peine de battre la broussaille, qu’ils diraient à London,  d’enrouler du coton à Varsovie, d’étourdir la perdrix à Madrid. Plus proche de notre expression française, à Stockholm, on dirait : pas la peine de tourner comme le chat autour de la bouillie brûlante. Non pas la peine. Pas la peine de tourner autour du pot…de confiture, de graisseron ou de Nutella, pas la peine de barguigner, de tergiverser, d’atermoyer,  de finasser, de ratiociner. Je le dis tout net, sans crainte de me tromper sur les sentiments de chacun : on est vaaaachement déçus !!

Pourtant, on était arrivé là, pleins d’enthousiasme prometteur : on allait se retrouver dans Notre Tribune à nous d’en face, qu’on avait toute refaite rien que pour nous, et tout, et tout. On allait se retrouver nos copains qu’on nous avait éparpillé partout dans le stade pour les besoins de la cause : « tiens, tu es là, toi aussi ! », « on n’est pas mal placés, je trouve », « tu crois qu’on risque de se mouiller s’il pleut ? ». Tout ce qui fait le quotidien du supporter douillet et exigeant. On avait retrouvé quelques anciens joueurs de la Section Paloise, ceusses qu’on consulte toujours un peu, en recherche de propos avisés, avant de ramener sa fraise, manière de pas dire de c... On avait retrouvé le Jurançonnais, le Morlanais, le Burossien, celui qui a une belle barbe grise, l’autre qui a un grand béret plat, le râleur ( ouppss, ça, c’est moi), le volailler des Halles, le garagiste en retraite, le conseiller d’Education de Saint Cricq. On avait même réuni à nouveau, inséparables,  les 5 compères qui avaient fait pêter la Honhada en haut du Ventoux une semaine auparavant. Tout pour être heureux quoi !

Restait plus qu’à se jouer  la Honhada, manière d’ouïr l’effet qu’elle donnerait sous la nouvelle coupole, qui avait un grand besoin d’être décalaminée en matière de trémolos, vibratos et autres effets vocaux, du plus aigu au plus grave. Faut dire que ça « pêta » bien sous la voûte qui ne demandait qu’à devenir céleste. Juste un petit décalage d’avec la Tribune Nord qui aura tôt fait de se mettre au diapason. L’intensité nécessaire pour gonfler à bloc le Palois vert et blanc au moment d’entrer sur le pré, juste de quoi faire flageoler les guiboles du Stadiste parisien habillé de rose.

Hélas, trois fois hélas, le Parisien ne fut pas impressionné. On se regarda beaucoup, de coups de pieds rasants en balles hautes, trop vite rendues. Malgré un Fumat de feu qui eut vite fait de trouver une faille que l’arbitre lui refusa, ballon non relâché… Parfois, la sempiternellement indiscutable règle est dure, incompréhensible, injustifiable même, face au beau geste de rugby qui consiste à percer et marquer un bel essai.

Et ce furent les visiteurs qui ouvrirent le planchot avant que nos Palois ne se réveillent pour pointer devant aux citrons.

Hélas, on était bien loin des pronostics claironnés : beaucoup se voyaient avec le bonus offensif face à des adversaires annoncés moribonds, classés dans les bas-fonds du Top 14 avec une maigrichôte victoire en cinq matchs. Faut dire honnêtement qu’avec l’effectif adverse présenté, on ne risquait pas d’assister à une victoire béarnaise éclatante : il y avait de sacrés clients ! D’accord, on ne vit pas du grand Plisson, mais le blondinet a du métier et sut gérer l’entame. Et puis, il y eut Macalou. Ah !!! Macalou !

 Je ne peux résister au plaisir de vous livrer, texto, la définition que fait Wikipédia de la montagne nommée Makalu, située en Chine : « Le nom de la montagne pourrait venir du sanskrit, qui signifie « grand noir », une déité du bouddhisme. Ce dernier peut s'avérer à la fois destructeur et préservateur ». Une définition sur-mesure pour le 3è ligne parisien, qui nous priva de ballons en touches, destructeur efficace du jeu palois, au four et au moulin, qui se paya le luxe de piquer le ballon aux Palois dans ses 22, et d’être présent 80 m plus loin pour les crucifier après une course exemplaire le long de la touche. Du grand art ! Il détruisit aussi à lui seul tout le travail effectué pour rendre efficace l’alignement palois.

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De quoi donner des idées à Guy Novès à qui il ne sera pas difficile de trouver le grand flanker d’avenir dont l’Equipe de France a besoin.

Alors, qu’en fut-il du jeu palois. On vit une belle mêlée, puissante et efficace, qui commence à bien utiliser ses ballons portés, mais ne parlons pas de la touche. L’alignement parisien lui fit trop de misères, à des moments clés. Derrière, on peut se demander si tous ces turn-overs ne sont pas néfastes au rendement de l’équipe. On ne vit pas Votu de la soirée, dans son rôle de puncheur. Ou j’ai mal vu ?

Et puis il y a les questions des choix : pourquoi ne tente-on pas la pénalité quand on a 8 points d’avance, manière de se donner de l’air et une avance plus rassurante ? Avec Taylor, ça ne mange pas de pain d’essayer… Il enquille ce qu’il veut !! Finalement, le ballon est expédié en touche pour une  épreuve de force qui finit en eau de boudin. Pourquoi, aussi, étant mené sur la fin, ne pas tenter le drop alors que les Parisiens résistent efficacement et que la pendule pousse au cul inexorablement ? Demandez au Toulonnais Belleau ce qu’il en pensa lors de la demi-finale de l’an dernier contre La Rochelle…

Voilà… Une belle occasion de nous rassurer qui s’envole. De quoi douter, question Top 6… De quoi douter aussi quand Julien Pierre déclare qu’il ne faudra plus perdre cette saison au Hameau. C’est, je crois, mal barré… Y a des « gros » qui sont vraiment « très gros » pour nous.

Et le « ventre mou » qui nous guette…

 

  


01/10/2017
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