la tribune d'en face

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Préambule


Préambule

On a beau dire, on a beau faire, qu’on le veuille ou non, y a pas à tortiller, c’est comme ça, on n’y peut rien… mais avouez que le rugby, tout de même, c’est bien compliqué.

Oh, rassurez-vous, pas question ici d’en faire son procès, de chipoter sur les règles qui le régissent,  d’ergoter sur cette satanée mêlée qui se « splatche » à tout bout d’Auchan… et d’ailleurs, de Jean Bouin à Mathon en passant par Michelinou Ernest-Wallon, sans que personne n’y puisse mais. Pas question non plus de pérorer sur le plaquage toujours trop haut pour l’un, pas assez pour l’autre, de discourir sur la règle du plaqueur plaqué à côté de la plaque, de disserter sur l’arbitrage vidéo, cette caméra qu’au fond on aurait plus vite fait de placer dans le ballon, manière d’accélérer le visionnage sous les shorts et les mains baladeuses et précipiter illico la décision fatale ou gênée du 4è arbitre. Mais laissons cela aux commissions nombreuses et variées qui, après moult colloques, changeront quelques règles, de-ci de-là, cahin-caha, pour les remplacer par d’autres tout aussi tordues et incompréhensibles.

 

Non, parlons ici des mots du rugby qui auraient tendance à carrément devenir des maux.

A l’époque, on entendait  parler de mauls qui n’avaient d’ailleurs rien de mou mais plutôt quelque rugosité pour les échines adverses. On avait aussi l’up and under, sorte de coups de pieds hauts qui suivaient une courbe plus ou moins sinusoïdale selon le vent et le jarret du botteur, coup de pied donné dans une béchigue dont il valait mieux avoir la maladresse de manquer la réception sous peine de recevoir dans le buffet, en un effort commun et dévastateur, huit mastodontes pesant chacun un bon quintal. Et puis les dribblings qui étaient devenus, dans les années 70, la marque de fabrique de l’équipe d’Oloron au point que lorsque Milo Clémente et ses partenaires « enclenchaient » cette sorte de danse tribale collective autour du ballon en avançant en éructations effrayantes, mieux valait se sortir de leur route et de la trace que laissaient sur la pelouse des crampons  toujours trop acérés pour les dos adverses. Au point que la pelouse de la Croix du Prince mettait parfois plusieurs semaines à s’en remettre après leur passage.

 

Ces anglicismes qui n’avaient aucun sens pour les néophytes du rugby disparurent peu à peu des stratégies des équipes. Fallait bien innover ; et l’on s’inventa les rucks suivis de pick and go lancés par un impact-player rentré à la suite d’un turn-over.

Certains diront pour défendre leur sport : « Ouais, mais ce sont les Rosbeefs qui nous ont pondu leur vocabulaire à la « mords-moi le… ». Pas faux, mais les traductions basiques qui en furent faites génèrent longtemps le curieux lambda peu au fait des « finesses » de leur version française.

 

Qui n’a pas entendu parler de Piroulet  dans les années 70 ? Vous ? Dans un sketch  célèbre, ce brave Aveyronnais était descendu de Vezin de Levesoul, « là où le jambon et le saucisson, il est bon » pour aller voir un match de rugeby au stadium de Toulouse. Il avait eu lui aussi  toutes les peines du monde à assimiler la notion de mêlée et à comprendre pourquoi à Toulouse on payait un demi plusieurs centaines de milliers de francs ; il avait même pris une paire de « bouffes » en tentant une « touche » sur une belle blonde assise à côté de lui et qu’il croyait être « la poule de huit ».

 

Avouez ainsi qu’il peut y avoir aussi grande difficulté à nuancer les termes de « conservation », « valise »,  « passe » ou « groupé pénétrant », selon que le supporter est économe, voyageur, prostituée ou adepte du sexe à plusieurs.


18/08/2016
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